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Pandémie de Covid-19 : La population baisse la garde malgré la persistance du danger

Le monde fait face à la pandémie de covid-19 depuis environ deux années consécutives et le Burundi n’a pas été épargné. Ce tsunami qui a fortement secoué le secteur de la santé et bousculé l’économie planétaire semble se  pérenniser. Les cas de contaminations explosent et les pouvoirs publics appellent au respect des mesures barrières   

La fièvre est repartie en hausse ces derniers temps. Comme c’est le cas dans le monde entier, le Burundi connait actuellement une augmentation spectaculaire de nouveaux cas positifs au Covid-19. Dans la municipalité de Bujumbura, les centres de dépistage disponibles sont parfois débordés. Encouragées par les autorités administratives, les gens se sont habitués au dépistage. Cependant, la population semble ne pas être trop inquiétée par la situation.  La fièvre monte encore. La recrudescence des cas positifs au Burundi témoigne d’une situation toujours préoccupante. Le risque de contamination se fait sentir de plus en plus dans les milieux publics. Le nombre de personnes testées positives a augmenté considérablement.

La population a baissé la garde.

Dans les milieux publics où se rencontrent beaucoup de monde, on remarque un certain changement. Cependant, la majorité de la population semble ne pas prendre au sérieux les injonctions. Ce mardi 21 décembre 2021, l’ambiance dans le centre-ville à la  fin de la journée permet de faire un constat.

En effet, les commerçants essaient visiblement de respecter les recommandations des autorités sanitaires. Devant chaque stand ou magasin, les propriétaires ont pris soin d’installer un petit seau d’eau propre pour le lavage des mains. Mais, beaucoup de clients n’ont plus cette volonté de prendre le temps pour se laver les mains. A la galerie appelée communément « Bata », les gens qui se bousculent continuellement semblent ne pas s’inquiéter. Rares sont  les gens qui portent le masque dans les étroits couloirs de l’intérieur de la galerie. Apparemment, ces femmes et hommes qui se déplacent coude à coude ne se soucient que des services qu’ils viennent chercher dans ce carrefour qui attire des milliers de personnes en provenance de tous les coins de la capitale économique.

Le ministère ayant la santé publique dans ses attributions rappelé à la population la nécessité de prendre au sérieux la pandémie en respectant des mesures barrières.

Le cache-cache dans le port du masque

Au niveau des parkings, quelques seaux sont installés entre les rangés. Malheureusement, les gens pressés de trouver une place dans un bus pour regagner leurs ménages ne semblent pas inquiétés par l’ampleur de la pandémie. Plus de cinq minutes peuvent s’écouler sans que personne ne vienne s’y laver les mains. Dans les bus, on n’aperçoit que peu de passagers qui portent des masques. Souvent, on aperçoit des garçons qui s’approchent des bus pour proposer des masques à quelques personnes imprudentes qui auraient oublié  de les amener. Curiosité oblige, nous nous sommes adressé à un des chauffeurs des bus desservant   les quartiers du Sud de la capitale pour lui demander si le port de masque n’est plus de rigueur dans les transports en commun. « Le fait de ne pas les mettre ne signifie pas qu’ils n’en ont pas », lance-t-il avant d’expliquer que certains préfèrent le mettre quand ils s’approchent des services de contrôle. Le chauffeur lui-même n’en porte pas.

Les autorités appellent au respect des mesures barrières

Au haut niveau, les autorités publiques continuent à encourager le respect des mesures barrières pour diminuer la propagation de ce fléau sanitaire.  Après avoir constaté de la montée en flèche de la contamination au Covid-19 dans ces derniers  jours, Dr Sylvie Nzeyimana, ministre ayant la santé publique dans ses attributions est descendue sur le terrain pour se rendre compte de la situation. Après cette descente dans différents endroits du centre de Bujumbura, Dr Nzeyimana a constaté que la population avait plutôt baissé la garde. « Le gens ne respectent plus les mesures barrières », a-t-elle constaté. Ainsi, le ministère de la Santé Publique a dû rappeler la nécessité de prendre au sérieux la pandémie en se gardant de toute négligence dans le respect des mesures barrières.  Les espaces où se rencontrent beaucoup de personnes comme les marchés et les galeries ont été pointés du doigt.

Dans le communiqué sorti mardi le 21 décembre, le ministère de l’Intérieur resserre les vis et affirme que la fulgurante montée des cas positifs nécessite une rigueur particulière. La suspension des karaokés, l’interdiction des événements rassemblant plusieurs personnes ou la distanciation sociale sont reprises dans le communiqué. Le ministère a  proposé de nouvelles mesures barrières et invité les administratifs locaux à la vigilance.  En effet, ces derniers doivent vérifier si les personnes présentant des signes de la Covid-19 portent des masques et se font dépister. Tout de même, le ministère  promet des sanctions sévères à toute personne ayant été testé positive qui continue de circuler en violation flagrante des recommandations de confinement.

Un pas dans le programme de vaccination contre la Covid-19

D’abord compté parmi  les pays du continent africain très réticents en rapport avec l’adoption du vaccin contre la Covid-19, le Burundi a fini par accepter de le rendre disponible pour la population. C’est dans cette optique que le gouvernement bénéficiera, mi-octobre 2021, de 500 000 premières doses de vaccin des mains de l’Ambassadrice de la République Populaire de Chine au Burundi. Le 6 décembre 2021, le Burundi bénéficiera de 151 000  doses de vaccin type Johnson & Johnson de la part de la Banque Mondiale.

Timidement, les Burundais commencent à se faire vacciner. Les rumeurs et le flou autour des vaccins semblent ne pas encourager la population à se faire vacciner. Selon les statistiques officielles de l’OMS, 5474 burundais étaient vaccinés jusqu’au 17 décembre 2021.   Si le rapport ne le précise pas, il est essentiel de noter  l’existence de deux groupes parmi les personnes  qui se font vacciner : Ceux qui sont obligés de le faire pour des raisons de voyage à l’extérieur du pays d’une part, et des volontaires ayant confiance dans le vaccin. En effet, une partie de la population reste réticente vis-à-vis de ces vaccins de différents types et doutent de leur efficacité.

La population burundaise commence timidement à se faire vacciner.

Quid de la place du Burundi dans la course au vaccin?

Le site Our World in Data (OWID) permet de classer le Burundi dans la course au vaccin dans l’EAC. Dans ce pays, le taux des personnes vaccinées est encore en dessous de 0,01% de la population. Une situation qui diffère de celle qui prévaut chez ses voisins. Dans les pays voisins, les gouvernements s’activent de plus en plus à vacciner leurs populations. Jusqu’au 8 décembre 2021, les autorités du Rwanda affirmaient avoir déjà vacciné plus de 30% de l’ensemble de sa population à raison de deux doses par personne avec un objectif d’atteindre 70% de la population  fin  2022. Pour le Kenya et l’Ouganda, les taux de vaccination sont respectivement de plus de 6,7% et 3,1% tandis que la Tanzanie a déjà administré les doses de vaccin à 1,5% de sa population.

Distribution très inégalitaire du vaccin

L’accès au vaccin contre le coronavirus est un des thèmes au centre de grands débats dans le monde. Certaines organisations comme l’Unicef se sont jointes à l’OMS pour plaider en faveur des pays en développement. «  Les pays du G20 ont reçu 15 fois plus de doses de vaccin anticovid par habitant que les pays d’Afrique subsaharienne », indique cette organisation humanitaire qui se réfère aux statistiques d’Airfinity, une société spécialisée dans l’analyse de la situation sanitaire et du marché.

En effet, les études mettent en lumière la gravité de l’inégalité vaccinale entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible, notamment les pays d’Afrique. Pour comprendre la profondeur du fossé qui s’est creusé en termes d’accès au vaccin, le nombre de doses par habitant livrées aux pays membres du G20 est 15 fois plus élevé que le nombre de doses par habitant livrées aux pays d’Afrique subsaharienne. Si les observateurs indiquent que les pays à revenu faible peinent à être servis, la question en rapport avec l’efficacité des différents vaccins inquiète l’opinion internationale. Selon les publications du journal USA TODAY, les experts consultatifs du Centers for Disease Control and Prevention (CDC), agence de la santé publique des Etats-Unis d’Amérique, affirment que le vaccin J&J serait moins favorable. Ce qui aurait inquiété les responsables de la santé notamment dans les pays africains selon la radio VOICE OF AMERICA, qui s’abstient de citer la source.

A l’heure de l’internet où l’information circule à la vitesse de l’éclair, ces malentendus finissent par peser sur la lutte contre la pandémie par la vaccination.  Comme c’est le cas dans le monde entier, certains Burundais n’entendent pas prendre au sérieux la menace. Ce qui rend difficile la lutte contre cette maladie qui est vite devenue un phénomène dans le monde entier.

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