Site icon Burundi Eco

Participation du Président Burundais à la 76ème AG de l’ONU : Une aspiration au financement ?

Après 10 ans de silence, le président burundais a participé à la 76ème assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies au mois de septembre dernier. Cela a été une occasion pour lui de rencontrer différentes personnalités d’origines différentes. Ce qui constitue une lueur d’espoir pour un politologue. Des investissements peuvent être à la longue réalisés dans notre pays où la pauvreté est estimée comme une menace contre les citoyens.   

Les personnalités rencontrées par le Président de la République du Burundi sont notamment António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, Abdulla Shahid, président de la 76ème assemblée générale des Nations Unies, Antoine Felix Tshisekedi, président de la RDC,  João Lourenço, président de l’Angola, Muhammadu Buhari, président du Nigeria, Alexandre De Croo, premier Ministre Belge et Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie.

Selon le bulletin des informations des institutions « Pas à pas » n°36, les contacts  faits par le Président de la République du Burundi ont abouti par exemple au renforcement des relations existantes dans les domaines agricoles, miniers, santé et éducation entre lui et le président du Nigéria, un des premiers producteurs du pétrole et du gaz en Afrique.

La rencontre avec le président de la RDC n’est pas une première avec l’arrivée de l’actuel président au pouvoir. Au mois de juillet dernier, les deux présidents ont signé un mémorandum d’entente pour la construction d’un chemin de fer à écartement standard. Ce qui va booster les échanges commerciaux et faciliter la mobilité des personnes entre le Burundi et ce pays francophile dont le marché est riche de plus de 100 millions de personnes. Par ailleurs, la RDC, surtout le côté Est est pourvoyeuse  des devises pour notre pays. Les Congolais s’approvisionnent au Burundi.

Les sorties du Président de la République du Burundi peuvent occasionner des financements par les bailleurs de fonds.

« L’analyse des données sur les exportations montre que la RDC occupe la première place avec 21,5% du total des exportations du Burundi au premier trimestre de 2021. Durant la période correspondante de 2020, la première place revenait toujours à la RDC avec 25,0 % du total des exportations », lit-on dans le bulletin du commerce extérieur des marchandises du premier trimestre 2021 de l’Institut des Statistiques et Etudes Economiques du Burundi (ISTEEBU). La rencontre avec le premier ministre Belge est un bon signe pour les citoyens Burundais. La Belgique, dernier pays colonisateur du Burundi a marqué l’histoire de celui-ci. Elle reste un grand partenaire dans les pourparlers avec l’Union Européenne. Celle-ci a suspendu depuis 2016 les appuis budgétaires à notre pays alors qu’elle contribuait à hauteur de 20% au budget de l’Etat.

10 ans d’instabilité des prix sur le marché

Sur une période de 10 ans, le pays n’a atteint qu’une seule fois en 2014 un des critères de convergence de la Communauté Est Africaine (CEA) pour la création d’une monnaie unique, soit 4, 41% du taux annuel d’inflation (cfr la maîtrise de l’inflation).

Depuis 2011 jusqu’en 2020, la moyenne annuelle de l’inflation  selon les statistiques de la Banque centrale est successivement de: 9, 59%, 18, 16%, 7, 94%, 4,41%, 5,54%, 5, 56%, 15, 97%, -2,74 %, -0,7% et 7, 5%. L’inflation étant une variation de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC), si elle positive, elle traduit l’augmentation de la valeur des biens et des services. Si elle négative, elle traduit la déflation ou l’augmentation du pouvoir d’achat.

Un geste diplomatique avantageux

« La participation du Président de la République du Burundi  à la 76ème  session de l’AG des Nations Unies est un geste diplomatique », explique Pr.Pascal Niyonizigiye, politologue à l’Université du Burundi (UB). Pour lui, c’est important parce que le niveau de représentation est le plus élevé. Cela dans une situation où le pays est en train de renouveler les relations avec les partenaires sur la scène internationale.

« Les rencontres entre le Président de la République du Burundi et les différents représentants des pays à New-York pourront avoir des conséquences importantes sur la reprise de la coopération dans plusieurs domaines, notamment la reprise des financements de la part des bailleurs classiques. Cela même si ces derniers peuvent prendre du temps étant donné que les négociations sont en cours entre l’UE et le Burundi sans oublier les effets de la crise sanitaire qui peuvent retarder le déblocage de la situation », explique Pr. Niyonizigiye.

Bien que la Turquie n’ait pas pu être acceptée au sein de l’UE, il rassure que les négociations entre l’UE et le Burundi ne peuvent pas empêcher la coopération entre la Turquie et le Burundi.

« La Turquie n’est pas sous sanctions de l’Europe. Même si cela serait le cas, cela ne pourrait pas être une raison de ne pas coopérer avec elle. L’Iran a continué à entretenir des relations avec le Burundi pendant qu’il était sous sanctions des pays occidentaux. Ce qui n’a pas mis fin à la coopération entre le Burundi et les puissances occidentales », martèle-t-il avant de rappeler que le Burundi est engagé dans la Coopération Sud-Sud.

Et de renchérir : « La priorité en matière de coopération internationale est orientée vers les pays voisins et les organisations sous régionales et régionales. Actuellement, par exemple, la Zone de Libre-Echange Continentale est une nécessité en Afrique afin que le Commerce intracontinental puisse être renforcé ».

Pr. Niyonizigiye indique que les sorties du ministre des Affaires Etrangères sont utiles. Toutefois, elles doivent être renforcées par les visites présidentielles. Selon lui,  le Chef de l’Etat rassure davantage par ses déplacements à l’extérieur du pays en matière de diplomatie. Cependant, comme un Président de la République a un agenda très chargé, il se fait des fois représenter par le chef de la diplomatie.

Quitter la version mobile