Chaque année, de nombreux forums économiques sont organisés pour réfléchir à l’avenir du pays. Parmi eux, le Birashoboka Business Forum, tenu à la mi-septembre sous l’égide du CDE Great Lakes. Ceux-ci offrent une plateforme d’échanges sur les voies vers l’émergence du pays. Ces rencontres mettent en lumière une diversité d’opportunités d’investissement et encouragent les acteurs nationaux et internationaux à s’engager pour une croissance inclusive et durable.
Mélance Maniragaba, rédacteur en chef.
Les discussions portent notamment sur la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf), un vaste marché de plus d’un milliard de consommateurs. Cet espace économique représente une opportunité incontournable pour le pays à condition qu’il s’y prépare stratégiquement et avec lucidité.
Le pays, bien que riche en ressources naturelles et culturelles, fait face à de nombreux défis, entre autres la pauvreté persistante, le chômage élevé, l’isolement économique, un faible niveau d’investissement… Dans ce contexte, une question se pose. Comment participer pleinement à ce grand marché continental ?
Il devient indispensable pour le pays de s’ouvrir à l’international, non pas comme un renoncement à ses priorités internes, mais comme une stratégie d’intégration et de développement. Cette ouverture permettra d’accéder à des opportunités économiques, diplomatiques, éducatives et technologiques cruciales pour l’avenir.
En attirant des investissements étrangers directs, le pays pourrait créer des emplois, moderniser ses infrastructures et valoriser des secteurs clés encore sous-exploités tels que l’agriculture, l’énergie ou les mines. De plus, dans un monde en mutation rapide grâce aux progrès technologiques, il est urgent de nouer des partenariats stratégiques avec des pays plus avancés pour renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de production locale.
La politique d’ouverture présente également l’avantage d’améliorer l’image du pays à l’échelle internationale, de tisser des relations bilatérales solides et de participer activement aux grandes décisions mondiales.
Cependant, pour que cette stratégie soit efficace, elle doit s’accompagner de conditions favorables, notamment la stabilité politique, la transparence, la bonne gouvernance et surtout la protection des investissements. Cela implique également la mise en œuvre des réformes juridiques et fiscales, souvent évoquées dans les grands forums économiques.
En outre, il est impératif de renforcer la diplomatie économique, soit en ouvrant ou en réactivant des ambassades dans des pays stratégiques, en participant à des forums internationaux et en promouvant les atouts nationaux auprès des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.
Il faut souligner que s’ouvrir au monde n’est plus un choix, mais une nécessité. Il ne s’agit nullement d’un abandon de souveraineté, ni d’une imitation aveugle des autres. Il s’agit d’un apprentissage mutuel, d’un partage d’expériences et d’un engagement commun vers le progrès tout en gardant l’intérêt national au centre de chaque partenariat.
Gare aux dérapages ! L’autosuffisance ne doit pas être confondue avec l’isolement. Au contraire, l’ouverture maîtrisée est un levier pour accélérer le développement, renforcer la souveraineté et garantir un avenir meilleur à la population.