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Passage sur la passerelle : obligation ou option ?

L’administration communale de Mukaza impose aux usagers d’emprunter la passerelle située à la jonction du boulevard de l’UPRONA et de l’avenue de la Mission, afin de réduire les accidents. Les contrevenants risquent une amende de 10 000 FBu. Certains usagers estiment toutefois que les priorités devraient être la réhabilitation des feux de signalisation, l’amélioration des marquages routiers et le renforcement du contrôle technique des véhicules.

Certaines personnes ne comprennent pas encore l’importance de la passerelle. Ce qui pousse parfois l’administration à recourir aux sanctions.

 

A notre passage, mercredi le 12 août 2026 vers 17 heures, des agents de la commune Mukaza interpellaient par des sifflements les piétons qui traversaient le boulevard de l’UPRONA sous la passerelle.

Ces agents ne portaient ni uniforme ni badge. Parmi eux, un jeune homme tenait un carnet de quittances et un stylo en main. Il sommait les piétons n’ayant pas emprunté la passerelle de payer une amende de 10 000 FBu.

Une dizaine de piétons d’âges différents ont ainsi été interpellés. Lorsqu’un piéton refusait d’obtempérer, le jeune homme faisait appel à un policier ou à une policière présents sur les lieux. Il menaçait également de faire appel à son supérieur pour engager d’autres procédures.

Certains piétons demandaient pardon, expliquant ne pas avoir d’argent sur eux. Finalement, des arrangements étaient trouvés. Chacun remettait au jeune homme entre 1 000 FBu et 2 000 FBu.

« Voilà, ils viennent de partager l’amende », a-t-il déclaré à haute voix, sans toutefois délivrer de preuve de paiement aux piétons concernés.

Une préoccupation qui ne devrait pas être prioritaire

« Personne ne va s’exposer volontairement au risque d’être écrasé par un véhicule. Nous faisons attention avant de traverser le boulevard », explique une femme âgée présente parmi les piétons interpellés. Elle a payé 1 000 FBu.

Selon elle, lors de la construction de la passerelle, il aurait fallu prévoir un accès adapté aux personnes à mobilité réduite, aux femmes enceintes et à celles qui éprouvent des difficultés à monter les escaliers.

Un autre piéton interpellé affirme, quant à lui, ne pas avoir vu le panneau invitant les usagers à emprunter la passerelle. Il explique également qu’il ne sait ni lire ni écrire et qu’il était pressé de rejoindre la file d’attente des bus afin de rentrer tôt chez lui et d’apporter à temps la ration familiale.

Pour lui, l’utilisation de la passerelle n’est pas une mauvaise chose, mais elle devrait rester un choix, tandis que les autorités devraient également se concentrer sur d’autres mesures pour prévenir les accidents. Il cite notamment la réhabilitation des feux de signalisation, l’amélioration des marquages au sol et le contrôle de l’état des véhicules en circulation.

Il s’interroge notamment sur les conditions dans lesquelles certains véhicules obtiennent leur contrôle technique. Il plaide également pour la réhabilitation des routes.

L’administration appelle au respect des initiatives publiques

Contactée par téléphone ce jeudi matin, le 13 août 2026, Aline Bigirimana, administratrice de la commune de Mukaza dans la province de Bujumbura rappelle que la passerelle a été construite pour contribuer à la réduction des accidents.

Elle déplore toutefois que certaines personnes ne comprennent pas encore l’importance de cet ouvrage. Ce qui pousse parfois l’administration à recourir aux sanctions.

Sans dévoiler le montant des recettes versées dans les caisses de la commune depuis le début de l’application des amendes, Mme Bigirimana précise que les sanctions ne constituent pas une priorité pour l’administration.

Elle indique que la commune a d’abord privilégié la sensibilisation des usagers à l’utilisation de la passerelle. Cette sensibilisation va se poursuivre et, en cas de nécessité, l’administration pourra rappeler aux usagers l’obligation de respecter la mesure, notamment à travers l’application des amendes.

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