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PIPARV-B : Un appui aux ménages vulnérables du plateau central

Le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de la Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B) s’est engagé dans l’éradication de l’extrême pauvreté et de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux dans le plateau central Burundais. Depuis 2019, son impact sur l’économie des ménages bénéficiaires est net.

David Nzisabira, coordonnateur du PIPARV-B dans les provinces de Ngozi, Kayanza et Muyinga : « Nous travaillons avec les ménages vulnérables pour les faire sortir de leur vulnérabilité en se basant sur l’agriculture et l’élevage ».

Le Projet d’intensification de la Production Agricole et de la Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B) est un projet du gouvernement du Burundi financé par le Fonds International de Développement (FIDA). Depuis décembre 2019, ce projet contribue à l’éradication de l’extrême pauvreté et de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux dans le plateau central Burundais. A cet effet, le PIPARV-B contribue spécifiquement à l’augmentation durable des revenus et à l’amélioration des conditions de vie des ménages ruraux bénéficiaires, notamment des femmes et des jeunes à travers le développement des systèmes de production diversifiés, adaptés à une pression démographique croissante et résilients au changement climatique.

« Nous travaillons avec les ménages vulnérables pour les faire sortir de leur vulnérabilité en se basant sur l’agriculture et l’élevage. Nous avons distribué des semences maraîchères et le petit bétail, entre autres les porcs et les chèvres », a fait savoir David Nzisabira, coordonnateur des activités du PIPARV-B dans les provinces de Ngozi, Kayanza et Muyinga.

L’agri-élevage, une priorité du PIPARV-B

Dans le domaine agricole, 2.944 ménages bénéficiaires du projet PIPARV-B ont bénéficié de semences maraichères comme les choux, les carottes, les oignons et les amarantes.  Des arrosoirs leur avaient été octroyés et chaque ménage en bénéficiait un. Comme l’a signalé M. Nzisabira et l’ont confirmé les bénéficiaires de ce projet, dans chacune des 128 collines d’intervention du projet PIPARV-B, il a été distribué 32 porcs et 64 chèvres.

Vénantie Nyandwi, 33 ans, est une bénéficiaire du PIPARV-B résident sur la colline Bugumbasha, commune Makebuko de la province de Gitega. « Je ne peux pas avoir des mots suffisants pour vous décrire l’impact de ce projet sur ma famille. Aujourd’hui nous consommons des légumes en quantité suffisante. Cela est important pour notre santé », se réjouit-elle. « Auparavant, pour cultiver les légumes, je devais acheter des semences maraichères auprès de ceux qui ont fait des germoirs avec l’inconvénient que j’achetais une petite quantité à un prix exorbitant. Ce qui explique de petites quantités à la récolte de plus, j’ignorais les bonnes techniques culturales susceptibles d’augmenter la production », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, cette bénéficiaire témoigne être satisfaite du rendement des amarantes qu’elle a déjà récoltées et espère bien en disposer autant pour les choux. « Sûrement que j’aurais beaucoup de choux à consommer et à vendre aussi », se rassure-t-elle.

 Dans le domaine agricole, 2.944 ménages bénéficiaires du PIPARV-B ont bénéficié de semences maraichères comme les choux, les carottes, les oignons et les amarantes.

Dans la vallée de Gasongati de la commune Bukirasazi, province de Gitega, nous avons rencontré M. Pascal Ntunzwenimana. Au milieu de son champ verdoyant de choux, il nous a expliqué la chance qu’il a eu de bénéficier de l’appui du PIPARV-B. Selon lui, avant l’arrivée du PIPARV-B, lui et sa famille vivaient dans des conditions précaires. Lorsqu’il a reçu des semences maraichères de la part du PIPARV-B, il a vite compris que cela peut être un capital à rentabiliser. Malgré les conditions climatiques défavorables, il a arrosé ses choux grâce à un puit qu’il a creusé à cette fin et un arrosoir qui lui a été octroyé par le PIPARV-B. « Je ne doute pas que la récolte sera bonne et que j’aurais facilement de quoi nourrir ma famille et de quoi vendre pour satisfaire d’autres besoins », fait-il savoir.

Un travail pénible, mais qui vaut la peine

Comme l’a confirmé M. Nzisabira, ces semences leur ont été octroyées pendant la saison sèche. Malgré cette incommodité, certains bénéficiaires se sont donné la peine de les arroser et ont réussi à avoir une récolte satisfaisante. Sur la colline Nzove, commune Mwumba de la province de Ngozi, nous avons rencontré M. Libère Nyandwi. Contrairement à la plupart de ses amis qui ont aménagé des champs de légumes dans les marais, lui, il possède un périmètre maraîcher de choux et d’oignons qu’il a aménagé près de son habitation. Comme il l’a fait savoir, pour arroser son jardin potager, il devait faire un trajet d’un kilomètre et demi pour puiser de l’eau. Et il lui fallait quotidiennement 40 bidons de 20 litres chacun pour des besoins d’arrosage. Un travail pénible, mais qui vaut la peine, selon lui.

Lorsque nous nous l’avons rencontré, il avait déjà consommé une bonne partie des oignons et attendait de récolter son champ de choux. « Je ne regrette rien. Cela valait la peine même si ce n’était pas facile. J’ai beaucoup gagné de ce jardin potager », témoigne-t-il.

Pour booster l’économie des ménages,

En plus de la production agricole qui aidera énormément dans l’amélioration des conditions de vie des ménages, le PIPARV-B a créé différents emplois. On citera entre autres le cas des Agents Communautaires de Santé Animale (ACSA). Au total, ils sont au nombre de 128 hommes et femmes, repartis sur toutes les collines d’intervention de PIPARV-B. Leur rôle consiste à suivre quotidiennement la santé du bétail octroyé par le PIPARV-B et lui garantir les soins nécessaires grâce aux formations qu’ils ont bénéficiées de la part de ce projet. Ces ACSA ont bénéficié de ce projet, un vélo chacun pour leur faciliter la tâche en ce qui est du déplacement. Un smartphone a été également donné à chacun des ACSA pour faciliter la communication et l’échange des informations sur la santé du bétail entre les différentes structures en charge de la santé animale. En plus de ce kit, chacun de ces agents perçoit mensuellement un salaire de 80 mille FBu.

Alodie Ndayisaba est un ACSA sur la colline Kavumu dans la province de Kayanza. Selon elle, sa grande gratitude est que, grâce au PIPARV-B, elle a pu apprendre et exercer un métier qui peut lui générer des revenus à n’importe quel moment. « Parfois, je suis sollicitée par des éleveurs, autres que ceux encadrés par le projet. Dans ce cas, je peux gagner beaucoup d’argent grâce à ce métier », fait-elle savoir. Elle témoigne que la situation financière de sa famille s’est améliorée depuis lors. D’ailleurs, de l’argent qu’elle gagne de ce projet, elle a déjà acheté un porc, un champ dans lequel il planté des arbres ainsi que deux chèvres.

Alodie Ndayisaba, ACSA sur la colline Kavumu : « Grâce au PIPARV-B, la situation financière de ma famille s’est beaucoup améliorée ».

C’est le même cas pour Dismas Ntahomvukiye. Il témoigne avoir acheté trois lopins de terre grâce à l’argent issu de ce métier. Il regrette cependant que, parfois, certains éleveurs défaillants, n’entretiennent pas ce bétail comme il faut.

Quid de la pérennisation des acquis du projet ?

La pérennisation est le plus grand pari à gagner pour chaque projet. Au niveau du PIPARV-B, M. Nzisabira rassure. « Nous avons opté pour l’implication de nos bénéficiaires à chaque étape de la vie du projet. Que ce soit dans la planification ou dans la mise en œuvre du projet. Cela permet à ceux-ci de s’approprier les acquis du projet », fait-il savoir.

En plus des bénéficiaires, le PIPARV-B inclut également à chaque étape du projet les services publics des provinces et des communes dans son champ d’intervention. « Au niveau des ménages, nous sensibilisons les bénéficiaires pour qu’à la clôture du projet, ils puissent eux-mêmes continuer à exercer les activités initiées par le projet », ajoute-t-il.

Le message de ceux qui éxecutent le projet a été bien compris par les bénéficiaires.  M. Ntunzwenimana dispose déjà d’un plan de pérennisation des acquis. « L’argent que je vais tirer du commerce des choux, je vais m’en servir pour acheter les semences de légumes. J’ai beaucoup gagné de la culture des légumes. Je ne pourrai plus m’en passer », témoigne-t-il. Quant à Mme Nyandwi, pour pérenniser les acquis de ce projet, elle a déjà commencé à partager avec ses voisins les techniques modernes de culture lui inculquées par le PIPARV-B.

Pour le compte du PIPARV-B, M. Nzisabira nous a fait savoir que vers la fin du projet, ils comptent organiser des séances avec les bénéficiaires pour évaluer le niveau d’appropriation des acquis de ce projet par les bénéficiaires. Parmi les grands défis signalés, M. Nzisabira a évoqué la réticence de certains bénéficiaires qui trainent à assimiler les connaissances sur les bonnes pratiques agricoles.

Le PIPARV-B a été lancé en décembre 2019 pour une durée de 6 ans. Il intervient dans cinq provinces du plateau central, à savoir : Karuzi, Kayanza, Ngozi, Gitega et Muyinga. Il est articulé autour de 2 composantes techniques : Aménagement intégré des terroirs et structuration communautaire inclusive, amélioration de la productivité, valorisation et diversification par le développement des coopératives. Actuellement, dans le cadre du PIPARV-B, des champs de maïs sont en cours d’installation. Le projet travaille également sur la culture du haricot et l’installation des champs écoles pour que la population agricole puisse connaître les méthodes qu’on utilise pour améliorer la production agricole.

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