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Plan de réponse humanitaire : Près de 15% de la population en situation d’insécurité alimentaire aiguë

Les différents chocs de 2020 ont poussé 2,3 millions de personnes dans le besoin d’assistance humanitaire en 2021, stipule le plan de réponse humanitaire publié par OCHA au mois de mars 2021. Parmi elles, 700 000 personnes auront des besoins humanitaires aigus. Les changements climatiques, les catastrophes naturelles et les maladies à potentiel épidémique constituent les principaux risques susceptibles d’engendrer des conséquences sévères

Selon ce plan de réponse humanitaire, en 2020, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a augmenté de près de 25% comparativement à l’an 2019. Celui-ci était estimé à 131 mille en août 2020. Les plus vulnérables parmi ces personnes se situent à l’Est dans les provinces de Cankuzo et Ruyigi et à l’Ouest dans les provinces de Bujumbura et Bujumbura Mairie.

« Ces personnes ont vu leurs conditions nutritionnelles, sanitaires et de sécurité alimentaire se détériorer », annonce le plan de réponse humanitaire.

En 2020 même, informe le plan de réponse humanitaire, 41 mille personnes ont été rapatriées. « De janvier à juin 2020, 40% des rapatriés n’ont pas été retrouvés dans leurs localités de retour. Ce nombre était de 9% en 2019 », regrette le plan.

Il indique que ces défis pourraient être dus à de seconds déplacements liés aux difficultés d’accès aux opportunités économiques, aux moyens de subsistance, aux abris et à la terre. De plus, signale le plan, certains rapatriés n’ont pas de documentation civile comme les extraits d’acte de naissance. Ce qui bloque leur accès aux services, dont les services scolaires et de santé.

Le plan de réponse humanitaire signale que le pays pourrait voir ses perspectives de croissance se détériorer. « La Banque Mondiale (BM) prévoit une augmentation de la pauvreté, dont le taux pourrait passer de 83,4% en 2019 à près de 85,9% en 2022 », lit-on dans le plan de réponse humanitaire.

Le taux de 527% de malnutrition chronique enregistré en 2020 reste supérieur au seuil critique de 40% fixé par l’OMS.

Un taux de malnutrition chronique toujours supérieur au seuil critique

Le taux de malnutrition chronique a continué à diminuer au cours de ces quatre dernières années. Toutefois, souligne le plan de réponse humanitaire, le taux de 527% enregistré en 2020 reste supérieur au seuil critique de 40% fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

« Par ailleurs, les résultats de la dernière analyse du Cadre Intégré de Classification de la Sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classification-IPC) d’octobre à décembre 2020, indiquent que 1,3 millions de personnes, soit 11% de la population burundaise sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Cette situation devrait s’empirer au début de l’année 2021 pour toucher près de 2 millions de personnes, soit près de 15% de la population du pays », s’inquiète le plan de réponse humanitaire avant de notifier que quelque 2,3 millions de personnes seront dans le besoin d’une assistance humanitaire dont 700 000 qui présenteront des besoins aigus en 2021. Cela constitue une augmentation respective de 35 et 17% comparativement à 2020.

Les principales causes sont les catastrophes naturelles et les mouvements de population. Ceux-ci ont renforcé les difficultés d’accès aux infrastructures, notamment aux infrastructures sanitaires et d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Ils ont également renforcé les risques de transmission des maladies hydriques.

Vulnérabilité des femmes et des enfants aux risques

Le plan de réponse humanitaire certifie que les problèmes de protection restent importants, avec 450 000 personnes dans le besoin d’assistance.

Il déplore le défi d’accès au logement, à la terre et aux biens. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables aux risques, notamment aux violences basées sur le genre (VBG) et à la traite des personnes. La santé reproductive des femmes et des filles, leur autonomisation et leur participation au marché du travail reste problématique sur l’ensemble du pays.

Les femmes restent confrontées à un accès inéquitable aux facteurs de production, dont l’accès à la propriété foncière. Cela est renforcé dans les situations de déplacement, notamment du fait de la diminution des moyens de subsistance et de l’accès aux services de base. Ce qui peut entrainer des stratégies risquées de survie et augmenter le risque de VBG et de traite des personnes.

La sous-alimentation, une réalité mondiale

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), depuis 2014, le nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde est en lente augmentation.

« La nouvelle estimation pour 2019 a révélé que 60 millions de personnes supplémentaires ont été touchées par la faim depuis 2014. Si cette tendance se poursuit, le nombre de personnes sous-alimentées dépassera les 840 millions d’ici à 2030. Par conséquent, le monde n’est pas en voie d’atteindre l’objectif «Faim Zéro», se désole l’organisation.

Pour atténuer la situation, l’OMS propose d’agir en urgence et de prendre des mesures sans précédent.

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