Le processus de numérisation de la télévision entre dans une nouvelle phase. Des équipements permettant la réception du signal numérique ont été installés à travers tout le pays. En somme, on relève 6900 bénéficiaires de décodeurs et de téléviseurs numériques en milieu rural. Les téléspectateurs ont la possibilité de suivre l’actualité et les programmes de divertissement
M. Frédéric Nahimana, ministre de la Communication et des Médias : « Le projet d’accès à la télévision satellitaire coïncide avec l’étape de finalisation et de fonctionnement effectif du projet de la télévision numérique »
Les cérémonies de mise en service du projet d’accès à la télévision satellitaire pour 10 000 villages africains ont eu lieu en zone Gatumba de la province Bujumbura. C’était mardi le 23 octobre en présence du président-directeur général du groupe StarTimes et M. Liu Qibao, vice-président du comité de la conférence consultative politique du peuple chinois qui étaient en visite au Burundi.
La mise en œuvre du projet d’accès à la télévision satellitaire pour 10 000 ménages africains dont 300 au Burundi coïncide avec l’étape de finalisation et de fonctionnement effectif du projet de télévision numérique, a déclaré M. Frédéric Nahimana, ministre de la Communication et des Médias. Parallèlement, le ministre Nahimana invite toutes les parties prenantes à s’impliquer pour que la mise en œuvre de la Société Télévisuelle Numérique du Burundi (STNB) soit effective. « Cela permettra à toute la population burundaise de jouir des bienfaits de la télévision numérique », a-t-il confié.
Le projet touche 6 900 bénéficiaires
Le projet d’accès à la télévision satellitaire est un engagement du président chinois Xi Jinping vis-à-vis du continent africain. Il a pour vocation de renforcer l’amitié sino-africaine. Le Burundi est le pays où StarTimes a réalisé ce projet dans les plus brefs délais, se réjouit M. Pang Xinxing, Président-Directeur Général du Groupe StarTimes. Le projet cible 25 pays africains pour un montant global de 215,87 millions USD.
Au niveau national, 6000 décodeurs ont été distribués dans les ménages à travers tout le pays. Les personnes qui possédaient des postes téléviseurs ont pu bénéficier d’un décodeur et d’une antenne parabolique à raison de 20 ménages par village. Les salles publiques ont été équipées d’un téléviseur à écran plat (32 pouces) ou un rétroprojecteur ainsi que d’un système d’alimentation solaire. Le nombre de bénéficiaires s’élève à 6900 si on comptabilise les équipements installés dans les ménages et dans les endroits publics.
Les bénéficiaires disposent d’une période d’essai de 3 mois. Après cette période, ils peuvent souscrire soit au bouquet nova (30 chaînes), smart (78 chaînes) ou encore au bouquet super (158 chaînes). Les frais de souscription varient entre 6000 Fbu et 32000 Fbu par mois selon le bouquet. Il est à noter que l’accès à la télévision satellitaire pour les lieux publics restera gratuit.
M. Pang Xinxing, Président-Directeur Général du Groupe StarTimes : « Le projet permettra aux villageois de mieux connaître le monde extérieur et de maîtriser davantage les connaissances culturelles et scientifiques »
« L’offre reste inférieure à la demande »
Dans le cadre du projet d’accès à la télévision satellitaire, chaque village a reçu le matériel (décodeurs, antennes paraboliques, téléviseurs à écrans plats, rétroprojecteurs et panneaux solaires) permettant d’accéder à la télévision numérique.
Les équipements installés sont fonctionnels. La population bénéficiaire en profite pleinement pour suivre l’actualité internationale en général et plus particulièrement les programmes de la Radio Télévision Nationale du Burundi (RTNB). Les images diffusées sont nettes et claires, surtout celles de la chaine de la télévision nationale, précise Mme Nadine Gacuti, gouverneur de la province Bujumbura. Elle témoigne que les jeunes affluent vers les lieux publics pour suivre en direct les matchs de football ou les documentaires ou encore le journal télévisé en langue nationale.
Toutefois, le bouquet de Startimes offre peu de chaînes de divertissement, notamment le sport. Par ailleurs, la population et surtout les jeunes s’intéressent au football. De plus, la demande reste supérieure à l’offre, déplore Mme Gacuti. Pour elle, les 20 bénéficiaires sélectionnés par village sont peu nombreux par rapport aux personnes détentrices des postes téléviseurs non connectés au satellite. La société StarTimes ambitionne explorer en profondeur le marché burundais et poursuivre la conquête d’autres opportunités sur le continent. Dans cette perspective, Startimes prévoit lancer un nouveau projet dénommé « 10 000 villages plus » qui proposera plus de programmes au peuple africain, révèle le PDG de StarTimes.
L’impact du projet est perceptible
Le programme permettra aux enfants de regarder des dessins animés, aux fans de football de suivre leurs matchs préférés et aux villageois de mieux connaître le monde extérieur et de maîtriser davantage les connaissances culturelles et scientifiques, souligne M. Pang. Pour Li Changlin, ambassadeur de la Chine au Burundi, le projet ouvre de nouveaux horizons aux familles rurales. Il apporte des nouveautés dans la vie quotidienne de la population bénéficiaire des résultats concrets de la coopération sino-africaine. En ce sens, le ministre en charge des médias invite la population à consommer l’information pour son épanouissement et son développement.
Le projet offre une plateforme aux africains pour connaître le monde extérieur, améliorer leur niveau éducatif et promouvoir le développement socio-économique.
Des liens d’amitié renforcés
En Chine, « on dit souvent que les relations entre les Etats reposent sur l’amitié entre les peuples. Or, l’amitié entre les peuples passent nécessairement par la compréhension mutuelle », indique M. Li Changlin. A ce titre, l’approfondissement de la connaissance mutuelle entre la Chine et le Burundi est une condition indispensable à la mise à niveau de notre coopération, constate l’ambassadeur Changlin.
Des équipements permettant la réception du signal numérique ont été installés dans 300 villages burundais
Le ministre Nahimana a remercié le gouvernement de la République Populaire de Chine pour ses appuis multiformes qu’il ne cesse d’apporter au Burundi. C’est un signe éloquent de la franche collaboration qui existe entre la Chine et le Burundi, conclut-il.
Toujours dans le cadre de renforcement des liens d’amitié entre le Burundi et la Chine, l’université des langues étrangères de Beijing a le projet d’enseigner le Kirundi dans un proche avenir. De même, l’Institut Confucius logé à l’Université du Burundi enseigne le Chinois aux Burundais depuis 2012.
Vers une gestion durable du projet
La population-premier bénéficiaire du projet-est appelée à prendre soin des équipements en les protégeant et en les gardant en bon état. En même temps, le ministre Nahimana appelle les administratifs et les techniciens à fournir à la population toute assistance nécessaire pour la pérennité dudit projet. Dans le cadre de la bonne gestion du projet, des réunions ont été organisées, à raison de deux personnes par province pour le suivi administratif. La maintenance et la réparation du matériel seront assurées par 660 techniciens à travers tout le pays, qui ont été formés à cette fin.
Le projet d’accès à la télévision par satellite pour 10 000 villages africains a été annoncé par le président chinois Xi Jinping en décembre 2015 lors du forum sur la coopération Sino-africaine tenu à Johannesburg en Afrique du Sud.