Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) fait savoir que le Burundi a enregistré plus de 5,7 millions de cas de paludisme depuis le mois de janvier jusqu’au mois de juillet 2019. Le gouvernement dément ces informations et précise que seulement 4 394 616 cas de paludisme et que 1400 décès ont été recensés pendant cette même période
Selon les statistiques sur les cas de paludisme publiées par OCHA ces derniers jours, le Burundi fait face à une augmentation criante des cas de paludisme. Plus de 5,7 millions de cas, dont 1 801 décès ont été recensés depuis le début de l’année jusqu’au 21 juillet 2019. Depuis le mois de mai, le nombre de cas de paludisme au Burundi est passé de 3 millions à plus de 5,7 millions à la mi-juillet. Toujours selon OCHA, sur les 46 districts sanitaires que compte le Burundi, 33 ont dépassé le seuil de l’épidémie. 9 autres ont dépassé le seuil d’alerte à la même date.
Les centres de santé qui accueillent les malades sont débordés. Les auteurs de ce rapport évoquent « des proportions épidémiques » de la maladie depuis début mai. Un faible recours aux mesures préventives comme l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides ou « le manque de ressources humaines, de ressources logistiques et financières pour une réponse efficace » sont les principaux facteurs expliquant cette flambée de cas de paludisme.
Pourquoi cette augmentation des cas de paludisme ?
D’abord, il y a les facteurs environnementaux. Selon un récent rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé, le réchauffement climatique est en partie responsable de cette recrudescence du paludisme. Plus de 80% du territoire du Burundi est montagneux. Jusque-là, les moustiques ne s’aventuraient pas en hauteur mais le réchauffement de la planète et leur évolution leur permet aujourd’hui de survivre à une certaine altitude.
Puis il y a les facteurs économiques. L’OMS évoque le manque de ressources humaines, logistiques et financières du Burundi pour faire face à l’épidémie. Il faudrait distribuer des moustiquaires, lancer des campagnes de pulvérisation pour tuer les insectes ou encore offrir gratuitement les médicaments nécessaires.
« La malaria, c’est la maladie du pauvre, explique Albert Mbonerane, président de l’Action de Lutte contre la Malaria au Burundi. Si on se fait soigner comme il faut, elle guérit rapidement, mais elle tue aussi vite si on ne se fait pas soigner si vite » conclut-il. 50% de la population infectée est un taux très rare. Le Burundi est vraiment un cas particulier. Cela s’explique par les fortes pluies qu’a connues le pays à la fin de l’année dernière et début de cette année. Cela a multiplié le nombre de moustiques femelles qui propagent la malaria. Il y a aussi d’autres facteurs comme la migration des populations des zones rurales vers les zones urbaines qui a entrainé une surpopulation des villes. Le manque de sanitaires et d’hygiène est idéal pour la prolifération des moustiques. De plus, les pratiques agricoles ont beaucoup changé au Burundi récemment avec plus de terres irriguées.
Le gouvernement dément les informations d’OCHA
Le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida a démenti mercredi le 7 août 2019 les informations diffusées par la radio RFI selon lesquelles il y a une épidémie de malaria au Burundi.
Le ministre Thaddée Ndikumana a indiqué que le ministère de la Santé en collaboration avec l’OMS est le seul habilité à déclarer une épidémie. Seulement, il affirme qu’il y a eu une recrudescence du paludisme depuis le mois de janvier. Ce ministère a déclaré l’épidémie de paludisme en 2017.
Selon Ndikumana, les chiffres sur les cas de cette maladie étaient supérieurs à ceux d’aujourd’hui. Depuis janvier 2017, Ndikumana indique qu’on a enregistré 4 913 150 cas de paludisme et 4500 décès dus à cette maladie. Par contre, depuis janvier 2019, on enregistre 4 394 616 cas du paludisme et 1400 décès en sont issus. Selon toujours lui, le ministère est à l’œuvre pour inverser la tendance depuis qu’on a constaté qu’il y a la recrudescence de la malaria surtout dans les districts du Nord, du Centre et de l’Est du pays. Le gouvernement a déjà débloqué un montant de plus d’un milliard de FBu destiné à la maîtrise de cette maladie. Avec ce budget, on a pu engager 360 prestataires de soins pour pouvoir appuyer les centres de santé. De plus, ils ont la mission d’aller dans les ménages pour dépister et traiter gratuitement la maladie. Et d’ajouter que les activités liées à la pulvérisation intradomiciliaire sont en cours dans les districts les plus touchés.
A l’occasion de la célébration de la 12ème journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée le 25 avril de chaque année, Jean Baptiste Nzorironkankuze, Secrétaire Permanent au ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida indique que le paludisme est la première cause de mortalité au Burundi.