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PNSADR-IM, un bilan largement positif dans la région de l’Imbo

Les réalisations du Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural des régions de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) sont estimées à 90% dans la plaine de l’Imbo. Cela 10 mois avant la clôture des activités. Ce programme du Gouvernement du Burundi est financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le GAFSP et les bénéficiaires.Il intervient depuis 2015 dans le renforcement de la sécurité alimentaire des populations des 9 communes de la région de l’Imbo et du Moso 

Dans la région de l’Imbo, dans toutes les trois provinces d’intervention qui sont : Bubanza, Bujumbura et Cibitoke, des adultes et des jeunes agri-éleveurs applaudissent les interventions du PNSADR-IM. Il en est de même de l’entourage qui en profite par ricochet.

« PNSADR-IM urakaramba, waje hageze urakaramba » traduit en français par « PNSADR-M soit pérenne, tu es venu au moment opportun », scande en langue nationale Sara Uwimana, une quinquagénaire de la commune Rugombo, province Cibitoke et bénéficiaire du programme.

Sara Uwimana, une veuve quinquagénaire et mère de 6 enfants habitant la colline Mparambo II de la commune Rugombo, province Cibitoke gagne 11.200 francs burundais par jour grâce à la vente du lait. Elle trait 18 litres de lait par jour dont 16 litres de lait vendus par jour à raison de 700 FBu par litre.

Une avancée record

Selon Fidès Nduwayo, experte en Organisation des Producteurs et Coopératives dans l’Unité de Facilitation et de Coordination Régionale de la Région de l’Imbo dans le cadre du PNSADR-IM, les réalisations du programme dans la région de l’Imbo sont estimées à 90%.

« C’est un bilan positif des réalisations, surtout dans les grandes filières d’intervention, à savoir : la filière lait et la filière riz ainsi que dans la filière maïs», explique Mme Nduwayo.

Dans la filière riz, le programme a encadré les riziculteurs en 14 coopératives, soit en moyenne trois coopératives par commune.

« Il a construit 11 hangars de stockage de riz dans le cadre de la valorisation de la production. 11 décortiqueuses améliorées ont été installées dont seulement quatre sont fonctionnelles faute de courant électrique. La production du riz a augmenté, passant de 3,5 à 4 tonnes par hectare à 7 à 8 tonnes par hectare », informe l’experte.

Dans la filière lait, le programme a encadré les éleveurs en 4 coopératives de production de lait, soit une coopérative de production de lait par commune. Cependant, dans la commune de Gihanga, les éleveurs ont été structurés en une coopérative et une société pour gérer une mini-laiterie.

Pour Mme Nduwayo, il ne suffit pas seulement d’appuyer les agriculteurs à intensifier la production et à trouver des débouchés. Il faut également les aider à bien consommer leur production quitte à améliorer leur situation nutritionnelle.

« Par ailleurs, nous avons constaté beaucoup de cas de malnutrition chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. C’est pourquoi, nous avons organisé des Foyers d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN). 12 enfants sont mis ensemble pendant 12 jours pour les restaurer en repas équilibré et apprendre à leurs mamans comment préparer un repas équilibré », précise-t-elle.

Un kit d’accompagnement composé de semences des légumes, de petits bétails, leur est octroyé par après pour ne pas essuyer une rechute.

Mme Nduwayo signale que le programme appuie les exploitants modèles, qui sont au départ des bénéficiaires de bovins, en leur donnant des rejets de bananiers, de plants fruitiers et un encadrement spécifique. Cela pour transformer l’agriculture de subsistance en agriculture de marché.

Fidès Nduwayo, experte en Organisation des Producteurs et Coopératives dans l’Unité de Facilitation et de Coordination Régionale de la Région de l’Imbo dans le cadre du PNSADR-IM : « Les réalisations du PNSADR-IM dans la région de l’Imbo sont estimées à 90% ».

Le bétail, un appui de taille pour les familles

« Y’a-t-il réellement quelqu’un qui peut donner gratuitement une vache sans demander une contrepartie ici au Burundi ? Normalement, le bétail a été considéré depuis longtemps comme quelque chose de précieux », murmure les bénéficiaires du bétail de la région de l’Imbo.

Pourtant, fait remarquer Exaverine Nitunga, le PNSADR-IM m’a offert une vache laitière. Veuve et habitant la colline Nyeshanga du village III de la commune Gihanga, la trentenaire, témoigne qu’elle parvient à subvenir aux besoins de 15 enfants, six étant les siens et neufs étant adoptifs.

La vache leur donne 10 litres de lait par jour. « 7 litres sont vendus à raison de 800 FBu le litre. Ce qui fait entrer directement dans la caisse de la famille 5.600 FBu par jour. 3 litres sont consommés au niveau du ménage », indique-t-elle, avec un visage souriant. De plus, continue-t-elle, la production agricole a augmenté grâce au fumier de ferme produit par la vache et ses veaux pour fertiliser les champs.

Déo Muntunutwiwe de la même colline fait savoir le degré de socialisation apporté par la diffusion des vaches : « Celui à qui j’ai donné le veau est devenu un grand ami. » Ce quadragénaire et père de 5 enfants indique que la vache laitière obtenu du PNSADR-IM a mis bas 4 veaux dont un veau remis dans le cadre de la chaîne de solidarité communautaire. Déo a aussi bénéficié du PNSADR-IM des plants fruitiers, des rejets de bananes et tank de collecte des eaux de pluie.

De plus, martèle M. Muntunutwiwe, la vache laitière acquise du PNSADR-IM donne 10 litres de lait par jour dont 4 litres sont consommés sur place et 6 vendus, à raison de 800 FBu par litre.

Sara Uwimana, une veuve quinquagénaire et mère de 6 enfants habite la colline Mparambo II de la commune Rugombo, province Cibitoke. Elle enregistre 11.200 francs burundais par jour grâce à la vente du lait.  Sara trait 18 litres de lait par jour dont 16 litres de lait vendus par jour à raison de 700 FBu par litre.

La coopérative laitière « Vumerinka » est au service des éleveurs en collectant 750 litres à 800 litres de lait par jour. « Le litre de lait est acheté à 700 FBu ».

La transformation, une des solutions pour la valorisation du lait

Jean Paul Irankunda, président de la coopérative « Vumerinka », une coopérative laitière apprécie l’intervention du programme.

Il certifie que la coopérative est au service des éleveurs en collectant chaque jour 750 litres à 800 litres par jour. « Le litre de lait est acheté à 700 FBu. »

Emmanuel Mvuyekure, agri-éleveur qui y vend du lait salue l’initiative du PNSADR-IM : « Avec la coopérative, le marché est garanti. L’argent est payé chaque quinzaine du mois. De plus, nous pouvons demander une avance sur notre dû », se réjouit-il.

La coopérative est aussi au service des plus vulnérables, 4 litres de lait par jour sont destinés aux enfants orphelins du village.

 

Lancé en 2015, le PNSADR-IM fait la fierté des agri-éleveurs. Il renforce la sécurité alimentaire des populations de 9 communes, à savoir Mpanda, Gihanga, Mutimbuzi, Rugombo, Buganda, Gitanga, Giharo, Kinyinya et Gisuru dans 5 provinces de la région de l’Imbo et du Moso. Celles-ci sont Bujumbura, Bubanza, Cibitoke, Rutana et Ruyigi.

Il contribue également à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2, ODD 8, ODD 10) et au renforcement de la résilience des bénéficiaires dans différents domaines, entre autres : la nutrition, l’augmentation de la production laitière et vivrière, la réduction des inégalités basées sur le genre, la pisciculture intégrée, l’adaptation aux changements climatiques, …

Parmi les réalisations, au niveau de la filière laitière par exemple, 3.180 bovins (y compris les taureaux géniteurs et les taurillons) ont été distribués aux bénéficiaires sur 2.825 projetés.

Au niveau des marais, sur une superficie de 2.470 hectares de marais à aménager et à réhabiliter, 1.245 hectares l’ont été. 10.848 hectares de bassins versants ont été protégés sur les 12.000 hectares prévus.

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