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PNSADR-IM : Un véritable succès

Avec un taux de réalisations physiques de 97% contre les réalisations financières de 96%, le Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural des régions de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) constitue un exemple des programmes qui ont réussi. Après 8 ans d’exécution et surtout dans un contexte difficile, ce programme laisse un riche héritage à la population burundaise en général et aux ménages bénéficiaires de ce programme en particulier.

Damase Ntiranyibagira, coordonnateur national du PNSADR-IM : « Confronté à pas mal de défis, le PNSADR-IM a pu enregistrer des résultats très satisfaisants ».

 

« Comme la plupart des projets financés par le FIDA, le PNSADR-IM a enregistré de bons résultats visibles et palpables », se réjouit Prosper Dodiko, secrétaire permanent au Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage (MINEAGRIE).  C’était lors d’un atelier national d’achèvement du PNSADR-IM, tenu à l’hôtel source du Nil de Bujumbura, vendredi le 17 février 2023. Cet atelier visait entre autres l’évaluation de la performance d’exécution globale du programme et des résultats atteints par rapport aux objectifs initiaux.

Comme l’ont témoignée les différentes parties prenantes, ce programme laisse un riche héritage. D’abord à la population burundaise en général et aux 65.868 ménages bénéficiaires de ce projet en particulier. Selon Damase Ntiranyibagira, coordonnateur national du PNSADR-IM, les résultats de ce programme sont très satisfaisants. « Confronté à pas mal de défis, le PNSADR-IM a pu enregistrer des résultats très satisfaisants. Au niveau des réalisations physiques, au cours de ces 8 dernières années, 97% des objectifs du PNSADR-IM ont été atteints. Au niveau de l’exécution financière, le projet a été exécuté à 96% », rapporte-t-il.

Une réussite dans un contexte difficile

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », a dit un sage. Si ce projet a été un véritable succès, ce n’est pas parce que tout a été rose. D’ailleurs, il a été guetté par beaucoup de défis. Comme l’a expliqué M. Ntiranyibagira, dès le début du projet, ils ont fait appel à des bureaux étrangers pour faire les études des marais. Ces dernières ont duré autour de 2 ans et demi. « Quand les études des marais prennent un bon bout de temps, cela grignote sur la durée d’exécution du projet », regrette-t-il. La crise socio-politique qu’a traversée le pays au courant de l’année 2015 n’a pas été sans impact néfaste sur le PNSADR-IM.

Il s’ensuivit la pandémie de la COVID-19. Cette dernière n’a pas facilité l’acquisition et l’importation des équipements qui devraient être achetés à l’étranger. « Ce sont notamment 4 décortiqueuses de riz qui ne sont jamais arrivées parce qu’elles devraient nous parvenir de Chine, mais ce pays avait fermé ses frontières », fait savoir M. Ntiranyibagira. Il y a eu pendant cette période le renchérissement des coûts des transports internationaux, la pénurie du carburant, parfois aussi le manque de devises, les problèmes liés aux changements climatiques, la guerre entre la Russie et l’Ukraine, pour ne citer que ceux-là. Tous ces facteurs exogènes ont fait qu’il y ait 3% des activités physiques qui n’ont pas été réalisées.

 

Damien Mama, coordonnateur résident des Nations Unies au Burundi : «La pérennisation des acquis et le renforcement de tout ce qu’on a eu comme progrès dans sa mise en œuvre du PNSADR-IM est indispensable».

 

Un projet bourré d’innovations

Le projet PNSADR-IM a apporté pas mal d’innovations dans ses différents secteurs d’activités. Nous pouvons citer entre autres, l’innovation au niveau de la production des semences bovines utilisées dans l’insémination artificielle. Comme l’explique M. Ntiranyibagira, auparavant le Burundi importait les semences bovines à partir de l’Europe. Mais, actuellement, grâce à l’appui de ce projet, les semences bovines sont produites par le Centre National d’Insémination Artificielle (CNIA) au Burundi. Cela réduit l’importation des semences bovines et permet ainsi l’économie des devises. Cela contribue également à l’accompagnement de la politique de la stabulation permanente des animaux. Au niveau de la conservation du lait, il y a eu pour la première fois au Burundi l’utilisation de l’énergie photovoltaïque dans les différents centres de collecte de lait installés dans les communes de la région du Moso où il n’y a pas de l’électricité courante.

Confronté à pas mal de défis, le PNSADR-IM a pu enregistrer des résultats très satisfaisants.

 

Le PNSADR-IM a développé dans sa zone d’intervention la culture du riz. Le rendement du riz dans la région de l’Imbo est passé de 4 tonnes à 4.2 tonnes/ha contre 6.5 tonnes/ha prévues par le projet, soit un taux d’augmentation de 5%, celui relevé dans la région du Moso est passé de 2.5 tonnes à 3.2 tonnes/ha contre 4.5tonnes /ha espérées, soit un taux d’augmentation de 28%. Il y a eu également l’introduction des décortiqueuses de riz performantes. 15 sur 19 décortiqueuses prévues, soit 79% ont été installées et mises à la disposition des coopératives. Ces décortiqueuses ont la capacité de produire du riz blanc de plusieurs grades sans impuretés.

Au niveau du suivi-évaluation, le PNSADR-IM a mis au point un système de suivi-évaluation automatisé et décentralisé (SEAD). Avec ce système, les statistiques sont produites à la base et sont consolidées au niveau national. Ce système s’est révélé être une innovation et a été transposé aux autres projets financés par le FIDA. Le système participatif mis en place a permis au programme de transférer la responsabilité de la collecte des données primaires aux différents partenaires de mise en œuvre (BPEAE, ACORD, OPP-VA, CAPAD, ISABU, CNIAAG). La saisie et la transmission des données ont été faites trimestriellement selon un calendrier préalablement établi et les données sont généralement ventilées par sexe.

On doit à ce programme beaucoup d’autres grandes réalisations comme, les marais aménagés, les pistes réalisées et réhabilitées, les infrastructures de stockage et de transformations rendus disponibles, les petits producteurs formés sur les techniques modernes de cultures, la structuration d’une coopérative, pour ne citer que celles-là.

La pérennisation du projet avant tout

Selon Damien Mama, Coordonnateur résident des Nations Unies au Burundi, la pérennisation des acquis et le renforcement de tout ce qu’on a eu comme progrès dans sa mise en œuvre du PNSADR-IM est indispensable. Pour permettre la pérennisation et le renforcement des acquis du PNSADR-IM, il a été recommandé au gouvernement du Burundi entre autres de poursuivre et de renforcer la stratégie de désengagement (gestion des marais, aménagement des bassins versants, collecte et gestion des redevances, etc.). Selon M. Ntiranyibagira, il faut également que le gouvernement privilégie l’électrification des communes abritant des mini-laiteries performantes mises en place par le PNSADR-IM.

Au FIDA, il a été recommandé entre autres de prévoir les ressources nécessaires en vue de consolider les ouvrages et les mesures d’accompagnement des bénéficiaires pour une meilleure appropriation. Il lui a également été recommandé de réaliser des études pour identifier et valider les modèles économiques de gestion et d’exploitation des unités de transformation mises en place par ce programme. Cela dans le cadre de la relation entre les coopératives et le secteur privé.

Le Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural des régions de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) est un programme du Gouvernement du Burundi financé par un don du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et du GAFSP et un prêt de l’OFID. Le financement global s’élevait à 58,4 millions USD. Ce programme a été exécuté dans les plaines des provinces de Bubanza, Bujumbura et Cibitoke pour la région de l’Imbo et dans les dépressions des provinces de Rutana et Ruyigi dans la région du Moso.

Ce projet visait le renforcement des infrastructures hydroagricoles au niveau des marais et des plaines et le désenclavement des zones de production. Il visait également le développement et la structuration des filières riz et lait, mais aussi à appuyer la diversification de la production et à améliorer la situation nutritionnelle de la population. Il visait enfin le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs du développement agricole en relation avec les filières ciblées.

 

 

 

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