A la fin du mois d’août 2021, une commission interministérielle s’est rendue en Tanzanie pour visiter un terrain de 10 hectares octroyé par ledit pays. Cela afin d’y construire un port sec. Ce qui sera un atout pour les burundais usagers du port de Dar-es-Salaam où passent plus de 90% des importations et exportations du pays. Les autorités habilitées disent attendre les documents relatifs à cette promesse au plus tard le 30 octobre prochain pour de probables approbations
« La Tanzanie nous a promis un terrain de 10 hectares pour construire un port sec dans la localité de Kwala à environ 2 heures du port de Dar-es-Salaam », déclare Jeanne Mukenguruka, porte-parole du ministère des Infrastructures, de l’Equipement et des Logements Sociaux.
Selon elle, suite aux problèmes d’embouteillage et d’espaces insuffisant au port de Dar es Salaam, la Tanzanie a créé une zone où sera construit un port sec à Kwala. Il a été réservé au Burundi une étendue de 10 ha pour y construire son port sec. Une équipe interministérielle vient d’y effectuer une visite au mois d’août 2021. Le gouvernement de la République Unie de Tanzanie est entrain de préparer un projet d’Accord bilatéral qui sera analysé par les autorités habiletés de la partie burundaise avant sa signature.
Une équipe tanzanienne est attendue à Bujumbura au mois de novembre pour finaliser ce projet d’accord bilatéral concernant cette promesse.
« Pour le moment, la Tanzanie est en train de préparer les documents relatifs à l’octroi de ce terrain. Nous les attendons au plus tard le 30 octobre prochain. Ils seront analysés par les autorités habilitées afin de voir si les exigences permettront d’acquérir le terrain sans contraintes », fait remarquer Mme Mukenguruka.
La Tanzanie disponibilise 10 hectares de terrain pour que le Burundi y construise un port sec.
Un pays désenclavé, en besoin de facilités
Le Burundi n’ayant pas de nez sur la mer, les produits d’importation et d’exportation du pays transitent par les corridors Central, Sud et Nord. Une grande partie, soit 90% des importations et des exportations passe par le Corridor central qui part du port de Dar-es-Salaam au port de Bujumbura.
Celui-ci a une capacité de 500 000 tonnes par an. Il ne l’a jamais atteint. Ce qui n’empêche pas que des tracasseries arrivent pour les transporteurs qui dépassent le délai de grâce au port de Dar-es-Salaam. Celui-ci est fixé à 14 jours pour les containers de ligne maritime (shipping-line) n’appartenant pas aux transporteurs. Après le déchargement, on doit les renvoyer dans les pays d’origine. Cela endéans 30 jours.
Les containers de ligne maritime qui dépassent les 14 jours au port de Dar-es-Salaam en Tanzanie tombent directement dans le « storage ». Celui-ci occasionne à son tour le «demurrage». Le transporteur est directement soumis aux amendes. Bénéficier d’un port sec serait une occasion de faciliter l’entreposage des marchandises et, partant, la réduction des prix.
Par ailleurs, vers les années 1900, une partie du Burundi (Bugufi) et une autre du Rwanda (Gisaka) ont été données à la Tanzanie par la convention Orts-Milner. En contrepartie, la Belgique (pays mandataire) a bénéficié des concessions (Belbases) dans le port de Dar-es-Salam, la direction du port de Kigoma et le contrôle du chemin de fer Kigoma-Dar-es-Salam. Cela pour faciliter les importations et les exportations.
« A partir de 1963, les Belges ont quitté le port de Kigoma, les belbases et le contrôle du chemin de fer Dar-es-Salam-Kigoma. «N’étant pas au courant de cette convention, les nouvelles autorités burundaises n’ont rien suivi. La Tanzanie a profité de cette situation pour les exploiter», signale Aloys Batungwanayo, chercheur intéressé par l’histoire socio-politique des pays des Grands Lacs et du monde entier, dans une interview accordée à Burundi Eco l’an dernier.
Et de rappeler : « On ne peut pas revendiquer le territoire de Bugufi pour deux raisons. La première est que les frontières ont été tracées formellement. La deuxième est qu’il existe une résolution des Nations Unies de 1959 qui évoque l’intangibilité des frontières ».