Site icon Burundi Eco

Pourquoi tant de spéculation ?

Depuis près de six mois, une pénurie de sucre se fait remarquer dans la capitale économique. Les consommateurs tirent la sonnette d’alarme. Ils assimilent le commerce du sucre à celui des stupéfiants. Le marché impose ses propres règles compte tenu de la loi de l’offre et de la demande. Les commerçants qui éprouvent d’énormes difficultés à s’approvisionner en ce produit maîtrisent les règles du jeu. Ils fixent les prix à tort et à travers. D’où la volatilité des prix du sucre sur le marché. Le prix d’un kilo de sucre oscille entre 2500 FBu et 4000 FBu alors que le tarif officiel fixe le prix du kilo du sucre à 2 340 FBu.

Directeur de publication

Les grossistes, les demi-grossistes et les détaillants sont unanimes. La Société Sucrière du Moso (Sosumo) livre des quantités insuffisantes. La Sosumo se dédouane en disant que la production du sucre est amplement suffisante pour répondre aux besoins des consommateurs. Des propos qui sont loin de rassurer ces derniers d’autant plus que le pays importe le sucre pour combler le fossé qui existe entre l’offre et la demande.

A titre illustratif, la Brarudi à elle seule aurait consommé autour de 4 tonnes en 2017 alors que la production stagnait à à peu près 22 000 tonnes. Ce qui laisse penser si les besoins en sucre des autres secteurs, y compris les consommateurs isolés ont été assurés. D’ailleurs, à la même période, le pays a fait face à une pénurie de sucre qui ne dit pas son nom. D’où la levée de la mesure d’interdire l’importation du sucre.

Les autorités tentent de freiner le mouvement de spéculation, mais en vain. Les mesures prises jusque-là ne semblent pas arrêter la spéculation qui persiste envers et contre tout. Le sucre se commercialise en clandestinité comme si c’était un produit prohibé. D’une part, le gouvernement encourage les opérateurs économiques à investir davantage dans les secteurs porteurs de croissance économique, en l’occurrence l’agroalimentaire. D’autre part, si ce ne sont pas les consommateurs qui crient à la spéculation, ce sont les producteurs qui se plaignent de la sous consommation. Ainsi des efforts supplémentaires doivent être déployés pour asseoir un bon climat des affaires. Les droits des consommateurs sont à prioriser. Ces derniers étant parmi les principaux agents économiques.

Par définition, la spéculation est une opération financière ou commerciale qui a pour objectif de réaliser un gain d’argent en pariant sur la fluctuation des prix sur le marché.

Ainsi, il se crée une pénurie artificielle alors que la demande ne s’estompe pas. Cette définition se rapproche de la réalité sur terrain avec la pénurie actuelle du sucre à la différence que cette pénurie tire origine dans la chute de la production sucrière. Cette dernière est passée de 25 000 tonnes à 18 000 tonnes entre 1998 et 2019.

Le sucre est une denrée très prisée. Elle participe à la fabrication d’autres produits dont les jus, la bière, les limonades, les produits pâtissiers, etc. Ce qui justifie en partie l’envie des consommateurs. Cependant, la consommation excessive du sucre est nuisible à la santé. Les nutritionnistes comparent le sucre au poison. Certes le sucre est indispensable à l’organisme mais le glucose est à l’origine de graves maladies (diabète, obésité, cancer, etc.) quand il est consommé excessivement. Pire, la multiplication des « sucres cachés » dans les aliments transformés accentue son pouvoir addictif. Certains chercheurs le comparent même à une drogue.

Quitter la version mobile