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Prière nationale d’action de grâce : Emmanuel Sinzohagera dresse le portrait d’un mauvais dirigeant

A l’occasion de la prière nationale d’action de grâce organisée du 18 au 20 juin à Muyinga, dans la province de Buhumuza, pour marquer les six années du président Evariste Ndayishimiye à la tête du Burundi, l’ancien président du Sénat, Emmanuel Sinzohagera, a livré un enseignement sur les caractéristiques d’un mauvais dirigeant. Il a appelé les responsables à placer l’intérêt de la population au-dessus de leurs ambitions personnelles.

Selon Emmanuel Sinzohagera, ancien président du Sénat, un dirigeant qui ne se soucie pas des préoccupations de la population ne saurait apporter des réponses efficaces à ses difficultés (Photo : RTNB).

 

Devant les personnes réunies à Muyinga, Emmanuel Sinzohagera a expliqué qu’un mauvais dirigeant est avant tout celui qui recherche sa propre gloire, sa richesse et le maintien de son pouvoir. Selon lui, un tel responsable ne fait pas du bien-être des citoyens ou des personnes qu’il dirige sa priorité. « Le mauvais dirigeant recherche son honneur, sa richesse et son pouvoir. Il ne met pas en avant le bien-être de ceux qu’il est appelé à servir », a-t-il déclaré, soulignant que la mission d’un responsable consiste avant tout à servir les autres.

Il a également insisté sur l’importance de l’humilité. D’après lui, un mauvais dirigeant refuse les conseils, estime tout savoir et ne souhaite ni être formé ni corrigé. Cette attitude le conduit, selon lui, à commettre de nombreuses erreurs qui auraient pu être évitées.

Refus de déléguer et gouvernance par la peur

L’ex-président du Sénat a également mis en garde contre les responsables qui veulent tout contrôler. Il a expliqué qu’un mauvais dirigeant ne délègue pas les responsabilités et ne fait pas confiance à ses collaborateurs. « Il nomme des personnes à des postes de responsabilité, mais ne leur laisse aucune marge de décision. Tout doit passer par lui », a-t-il affirmé. Selon M. Sinzohagera, cette manière de gérer ralentit les activités, démotive les collaborateurs et finit par épuiser le dirigeant lui-même, incapable d’assumer seul toutes les tâches.

Il a ajouté qu’un mauvais leader considère les personnes comme de simples instruments destinés à satisfaire ses propres intérêts alors qu’un bon dirigeant les accompagne pour leur permettre d’atteindre les objectifs qui leur sont fixés. L’ancien président du Sénat a aussi dénoncé le recours à la peur comme méthode de gouvernance. « Au lieu de gouverner par l’amour et la confiance, il utilise les menaces, les sanctions et parfois même la violence. Pourtant, c’est l’amour qui construit un leadership durable », a-t-il indiqué.

Redevabilité, proximité avec la population et humilité

Sinzohagera a également insisté sur la redevabilité qu’il considère comme une qualité essentielle d’un bon dirigeant. Selon lui, un mauvais responsable refuse de rendre les comptes, refuse d’expliquer ses décisions, n’accepte pas d’être contrôlé sur la manière dont il exerce son pouvoir ou il gère les ressources mises à sa disposition. Il a poursuivi en affirmant qu’un responsable qui reste éloigné de la population ne peut pas résoudre ses difficultés. « S’il ignore les problèmes, les souffrances et les attentes des citoyens, il lui sera impossible d’apporter des solutions adaptées », a-t-il souligné.

Enfin, il a mis en garde contre l’arrogance qu’il considère comme l’un des principaux ennemis du leadership. A ses yeux, un dirigeant orgueilleux rejette les conseils, refuse les critiques et pense qu’il ne se trompe jamais. Ce qui conduit inévitablement à l’échec.

Ces enseignements ont été partagés lors de la prière nationale d’action de grâce organisée par la famille du président Evariste Ndayishimiye pour célébrer les six années passées à la tête du Burundi. L’événement a rassemblé de nombreuses autorités, responsables religieux et la population venus de différentes provinces du pays.

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