Les ambassadeurs de l’Union Européenne (UE) et des Etats membres présents au Burundi ont visité du 22 au 23 mars 2018 certains sites des provinces de Gitega, Ruyigi et Karusi pour s’assurer de l’état d’exécution des projets soutenus. L’Ambassadeur Wolfram VETTER, Chef de Délégation de l’UE au Burundi, a indiqué que les activités ont été réalisées de façon très satisfaisante. Les bénéficiaires saluent la valeur ajoutée de ces projets dans l’amélioration de leur condition de vie nutritionnelle, financière et agricole
Dominique Sinzinkayo, multiplicateur de bananiers dans sa bananeraie
La coordination entre différents intervenants de l’UE s’est révélée fondamentale pour garantir la cohérence et l’impact des actions en matière de développement au Burundi. A ce sujet, le Projet Pour Accélérer l’atteinte de l’OMD1c au Burundi (PROPA-O) a réalisé les travaux de réhabilitation des marais de Nyamutetema situés à cheval entre les communes de Gisuru et Kinyinya dans la province de Ruyigi. Une piste d’accès de plus de 11 km reliant les deux communes a été également aménagée. Et, pour améliorer la situation nutritionnelle des populations et particulièrement des groupes vulnérables, des foyers d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN) ont été mis en place. Ainsi, 324 porcins et 136 bovins ont été diffusés.
La vie retrouvée
Médiatrice Niyonzima habite la colline Muvumu en commune Gisuru. Elle a bénéficié d’un porc. Selon elle, si le porc met bas, elle vend les petits pour louer une terre à cultiver. Elle fertilise les champs avec du fumier provenant de la décomposition de litière de ce porc. Elle a cultivé des aubergines, des amarantes et gagne de l’argent. Mme Niyonzima fait partie d’un groupe de caution solidaire regroupant 12 femmes. Elles cultivent des semences maraîchères (oignons, tomates, etc.), partagent la récolte et vendent les excédents. L’argent est mis dans la caisse. Chaque membre contribue à raison de 1000 FBu par mois pendant une période d’une année. Celle qui se trouve dans le besoin demande un crédit de 10000 FBu remboursable avec un intérêt de 1.000 FBu. Elle salue le projet PROPA-O pour avoir relevé des conditions de vie des familles vulnérables et demande qu’une machine d’extraction de l’huile de palme soit implantée dans sa localité.
Un progrès agro-pastoral impressionnant
Le Projet d’Amélioration Durable de l’Accès aux Semences, aux Intrants et Outillages agricoles (PADASIO) fait partie du programme multi-acteurs d’amélioration de la sécurité alimentaire « Fonds Belge pour la Sécurité Alimentaire (FBSA) » dans la commune Kinyinya et Gisuru de la région naturelle du Moso à l’est du Burundi. Philippe Nkunzimana travaille chez Louvain Coopération et Développement-LC à Kinyinya. Il a informé que les semences de cinq cultures qui résistent à la sécheresse ont fait objet de multiplication. Il s’agit de l’igname, du poids cajan, du niébé, des colocases et du sorgho. Il travaille avec l’Office National de Certification des Semences et l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU). La mise en place de ces champs a été possible grâce à l’appui de Wallonie-Bruxelles Internationale.
Wolfram Vetter, ambassadeur de l’UE au Burundi: « Nous avons un portefeuille de projets en cours d’un montant de 260 millions d’euros».
Dominique Sinzinkayo, un multiplicateur de bananiers a bénéficié des rejets de bananier etde bovins et a été appuyé pour l’aménagementde ses champs. Son champ de bananes s’étend sur un demi-hectare. Après un soutien de 4 ans par le projet, il s’est acheté deux autres vaches grâce à la vente d’une partie de ses récoltes. Sa bananeraie lui procure 180.000 FBu par mois et sa vache lui donne quatre litres de lait par jour.
L’autre projet financé par l’UE concerne l’appui à l’amélioration des capacités de résilience des populations affectées par la crise multifactorielle de 2015 (PROACT1) visité dans la commune Buhiga en province Karusi, la formation en technique de « champs écoles paysans » et système de crédit-épargne communautaire. Suzanne Ntakirutimana fait partie d’un groupe de 30 femmes effectuant des activités agricoles, la myciculture et pratiquant le système d’épargne et crédit mutuel. Une année passée dans le projet, elle a acheté deux chèvres d’une valeur de 130.000 FBu. Elle ne doute pas qu’à la fin de cette année, elle va s’acheter une moto.
Un réseau électrique renforcé
La microcentraleélectrique de Nyabikere en province Karusi a fait objet de la visite de la délégation. L’activité financée concerne l’électrification des zones rurales au Burundi à travers la mise en service de deux micros et deux mini centrales hydrauliques (Butezi, Nyabikere, Kigwena et Ryarusera), le renforcement photovoltaïque, l’extension du réseau électrique rural, la connexion au réseau électrique national et le renforcement des capacités locales. Construit en 1988, les turbines et équipements connexes de cettemicrocentrale étaient usées raison pour laquelle ils ont été remplacés pour maintenir sa puissance de 140KW. Des panneaux solaires d’une puissance de 40 KW et une petite turbine d’une puissance de 15 KW ont été installés via ce financement de l’UE. Les infrastructures raccordées à ce réseau sont les écoles, les maisons commerciales, les unités sanitaires, 302 ménages y sont raccordés et la demande est supérieure à l’offre.
Wolfram Vetter, ambassadeur de l’UE au Burundi qualifie le bilan des activités de très positif, mais précise que des études d’évaluation seront faites.Il a rassuré que l’UE va rester aux côtés des populations vulnérables. Il a ajouté que prochainement un autre programme de développement rural et nutritionnel sera lancé en faveur des personnes vulnérables ciblées dans 13 provinces et cela avec un budget de 3,8 millions d’euros. «Nous avons un portefeuille de projets en cours d’un montant de 260 millions d’euros. Cette année on va lancer d’autres programmes pour 25 millions d’euros et signer des contrats à hauteur de 80 millions d’euros », a-t-il conclu.