L’éducation dans la province de Kayanza est confrontée à de nombreux défis. Les abandons scolaires, l’insuffisance des bancs pupitres et des livres sont quelques-uns des défis majeurs auxquels fait face l’éducation dans cette province du Nord du Burundi. Cependant, les efforts des responsables de l’éducation couplés à ceux des administratifs locaux ont permis à ce secteur de garder la tête hors de l’eau
Comme c’est le cas dans d’autres provinces du pays, la Direction Provinciale de l’Education de Kayanza fait face à d’innombrables défis. A part que les responsables de l’éducation dans cette contrée doivent lutter pour maintenir les élèves à l’école, ils sont obligés de maintenir les écoles dans la logique de compétitivité et de garder le cap. Alors que Kayanza est l’une des provinces qui comptent le plus d’enfants qui abandonnent l’école, les statistiques dévoilent qu’un nombre important d’élèves ont déserté l’école au cours de l’année scolaire 2020-2021. En effet, sur un effectif total de 191 701 élèves inscrits, on aura enregistré 17 320 élèves qui ont quitté le banc de l’école, soit plus de 9 % d’abandons scolaires dans 340 écoles. L’école fondamentale sera la plus concernée avec 16 245 abandons. Au post-fondamental, 1 075 élèves plieront bagage et retourneront à la campagne.
Augustin Nzoramba : « Il y a des parents qui retirent leurs enfants de l’école pour les employer dans les travaux de ménage où les envoyer chercher les opportunités d’emploi ailleurs ».
Une éducation qui nage à contre-courant
Si l’éducation dans cette province reste compétitive au national, les responsables de l’éducation doivent affronter de nombreux obstacles. Selon Augustin Nzoramba, chef du Bureau provincial d’inspection de l’éducation dans cette province, il y a encore du pain sur la planche. Pour illustrer la situation, ce responsable chargé de l’éducation fait noter un manque de 1041 enseignants à la clôture de l’année scolaire 2020-2021. Tout de même, il fait noter que l’insuffisance des salles de classe, des bancs pupitres et des outils didactiques entrave également l’éducation dans cette province.
En effet, à part ce vide constaté au niveau du personnel enseignant, le rapport sur l’état des lieux de l’éducation révèle que cette province a du mal à faire asseoir tous les élèves. Ainsi, la direction provinciale notera dans son rapport de la fin de l’année scolaire 2020-2021 un manque de 21 477 bancs pupitres doublé d’une insuffisance de salles de classe. D’après Nzoramba, les livres et autres matériels nécessaires à l’apprentissage, notamment les outils informatiques font aussi défaut dans cette province. Cet homme expérimenté de plus de dix ans dans l’inspection de l’éducation dans cette province a également mentionné un autre problème qui reste sans solution. Pour lui, le domaine de la culture devrait aussi être renforcé. « Nous souhaitons que la bonne place que nous avons dans les examens nationaux soit accompagnée de bonnes performances dans le domaine de la culture », a indiqué Nzoramba.
Des progrès malgré les défis
Les innombrables défis auxquels fait face l’éducation n’ont pas découragé les autorités éducatives de la province de Kayanza. Les efforts fournis ont été récompensés. Ainsi, cette province a été classée 5èmeau niveau national avec un taux de réussite de 95,4 % au Concours national. Ce qui constitue une jauge palpable des efforts déployés par tous les participants et les partenaires de l’éducation dans cette province. Nzoramba espère également un meilleur classement à l’examen d’Etat où sa DPE s’est bien sortie avec un taux de réussite de 64,54 %. Cette autorité affirme que la province de Kayanza n’avait jamais enregistré un tel taux de réussite sur une période de dix ans.
Pour augmenter la résilience face à une situation difficile, les autorités, les enseignants et les administratifs ont conjugué les efforts pour réussir le pari. Pour notre interlocuteur, la réussite est née de l’initiative personnelle du directeur provincial de l’éducation qui a pu mobiliser tout le personnel enseignant autour d’un seul objectif. « Le directeur provincial de l’éducation a pris le devant et nous a montré qu’il est possible de réussir un bon rendement. Nous avons alors constitué un front commun pour avancer ensemble », a-t-il expliqué. Dans cette démarche, la DPE s’est alliée à l’administration locale pour atteindre l’objectif qu’elle s’était fixée. Pour Nzoramba, la planification a été le fer de lance d’un enseignement solide.
Les tests d’entraînement aux évaluations nationales ont aussi joué un grand rôle. Pour cela, la DPE a travaillé en synergie avec les DCE et les directeurs d’écoles pour éviter qu’il y ait des lamentations et pour se rendre compte qu’on avance sur un même rythme. L’inspecteur principal reconnait la contribution des collaborateurs. « Même si nous faisons la programmation au niveau de la direction provinciale de l’éducation, cela ne servirait à rien si les écoles ne le mettent pas en application », reconnait-il.
Pour trouver la réponse au problème lié à l’insuffisance des matériels didactiques, des bancs pupitres ou alors des outils informatiques, la DPE doit s’entretenir avec les ONG locales, les églises, les natifs… Nzoramba appelle tous les partenaires de l’éducation à contribuer pour une éducation de qualité et le maintien des élèves à l’école.