La pluralité des produits agricoles dans la province de Makamba est le fruit d’une combinaison de climats, mais aussi d’une diversité de reliefs. Parmi les cultures qui se développent mieux dans cette province, le manioc est le porte-flambeau et reste caractéristique de la partie sud du pays. Après une période de rechute de la production suite à la mosaïque du manioc, les agriculteurs retrouvent peu à peu le goût du labour
La nouvelle variété de manioc dit « Inabusegenya » resiste mieux aux insectes ravageurs et est très productif
Située entre cinq régions naturelles, la province Makamba s’étend entre la région naturelle de Buragane qui comprend les communes de Makamba, Mabanda, une partie de la commune Kibago et une autre partie de la commune Kayogoro. Les cultures qui prospèrent dans cette région sont le maïs, le manioc, le haricot, la patate douce, la banane, et dans les marais, on peut cultiver le riz et les céréales. La région naturelle de l’Imbo qui comprend la commune Nyanza-Lac connait les cultures de manioc et de haricot, la banane, le palmier à huile et une petite partie où on cultive le maïs. La région naturelle Moso s’étend sur une partie de la commune Kibago et une partie de la commune Kayogoro. Les zones périphériques de la rivière Malagarazi connaissent la culture de la banane, du manioc, du haricot, de l’arachide et du riz, car l’irrigation y est facile, mais aussi du palmier à huile. La région naturelle de Bututsi s’étend sur une partie de la commune Vugizo. Les cultures qui s’adaptent mieux à cette localité sont celles des régions de haute altitude dont le petit pois, le haricot, le maïs mais, si on pouvait faire des recherches approfondies, on pourrait même y cultiver le thé. La partie sud de la commune Vugizo comprend une partie de la région naturelle de Mumirwa et les cultures sont les mêmes que celles de la région de l’Imbo. Au total, la province Makamba comprend six communes qui sont Nyanza-Lac, Makamba, Mabanda, Kibago, Kayogoro et Vugizo.
La production agricole est relativement bonne malgré les aléas climatiques
« Pour estimer la récolte, nous prenons en compte les saisons culturales en se basant sur les résultats de l’année précédente. Les facteurs qui interviennent dans la réalisation d’une bonne récolte sont entre autres la disponibilité des fertilisants, des semences sélectionnées, mais aussi la lutte contre un autre facteur peu maitrisable à savoir le changement climatique », fait savoir Charles Hajayandi, chef des productions végétales à la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage (DPAE) de Makamba. Dans cette province, il y a des agriculteurs qui se sont donnés comme tâche la multiplication des semences sélectionnées. Ce qui permet aux autres cultivateurs de s’en procurer facilement.
Pour ce qui est de la pluviométrie, c’est difficile de prédire les saisons culturales contrairement aux années antérieures. Par exemple ça fait quelques semaines que la pluie n’est pas abondante alors qu’on est censé être en pleine saison pluvieuse. Par exemple, la culture du maïs en souffre, car les agriculteurs qui se sont précipités à semer dès les premières pluies n’auront pas une bonne récolte.
Le manioc, culture emblématique de la région de Buragane
Après le passage de la Cassava Mosaic Disease (CMD) ou « mosaïque du manioc », une maladie virale qui a fortement attaqué les feuilles et les bourgeons du manioc en perturbant le processus de la photosynthèse, les chercheurs à l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) ont introduit une nouvelle variété de manioc appelé « Inabusegenya » qui résiste aux insectes ravageurs et est très productive. Il y a trois ans, la production avait lamentablement chuté. La commune Kayogoro qui était jusque-là le grenier du pays en manioc a aussi subi les attaques de ces insectes ravageurs. Selon Hajayandi, les habitants ont été sensibilisés sur la manière de prévenir leurs champs de la mosaïque et de la souillure brune (une maladie qui attaque les racines des plants de manioc en les faisant pourrir). Selon Pascal Ndabashinze, un agriculteur rencontré dans son champ en commune Kayogoro, la nouvelle variété de manioc lui a permis de retrouver sa production après plus de deux ans de galère. « La mosaïque avait brisé l’espoir des agriculteurs de notre localité. On parvenait à peine à récolter le manioc pour la survie. Maintenant, même sur le marché, le manioc est abondant », raconte-t-il. Le chef des productions végétales à la DPAE de Makamba affirme que les boutures de la nouvelle variété de manioc se développent vite par rapport à celles de l’ancienne variété. Ce qui permet aux agriculteurs de retrouver un niveau satisfaisant de production.
La prochaine saison culturale s’annonce bonne selon les prévisions des agronomes de la province Makamba. Une production qui a été majorée grâce à la participation de la population à l’amélioration des méthodes culturales et à la maîtrise de la succession des cultures.