En France, environ 30-45% de la population souffre au moins une fois par mois de pyrosis, et 5-10% quotidiennement. Un bref aperçu sur cette sensation de brûlure dans l’œsophage accompagnée de remontées acides laissant un goût amer dans la bouche et la gorge irritée
Le pyrosis est une sensation de brûlure derrière le sternum, partant du creux de l’estomac et remontant vers la bouche, via l’œsophage. Avec les remontées acides, il est l’un des principaux symptômes du reflux gastro-œsophagien (RGO). La RGO est une dysfonction du sphincter oesophagogastrique entrainant un reflux du contenu gastrique et duodénal dans le bas de l’œsophage dont la muqueuse peut subir des lésions inflammatoires.
Cette sensation de brûlure survient volontiers après le repas ou dans certaines positions, penché en avant ou encore lors de la position allongée, notamment la nuit. Elle peut s’accompagner ou non de remontées acides, parfois jusque dans la bouche.
La sensation de brûlure peut s’accompagner ou non de remontées d’acides.
Selon le Dr Edra Muterateka, médecin au centre médical « Hope Clinic », tout individu normal peut présenter de brèves périodes de RGO. Un reflux fréquent et prolongé, compliqué d’œsophagite, se produit lorsque le sphincter inférieur de l’œsophage se relâche de manière inappropriée, sans rapport avec la déglutition, sous l’influence de certains facteurs comme le contenu gastroduodénal très acide, riche en pepsine et parfois en acides biliaires et l’augmentation de la pression intragastrique et intra abdominale : grossesse, obésité, vêtements serrés, repas très abondant.
Le pire survient pendant la grossesse
Dr Muterateka précise que pour les femmes enceintes, ces troubles digestifs sont fréquents au troisième trimestre de la grossesse mais ils peuvent apparaître plus tôt au cours de la grossesse. Avec l’utérus qui comprime de plus en plus l’estomac, les symptômes ont tendance à s’aggraver au fil des mois pour atteindre leur paroxysme pendant les dernières semaines de la grossesse. Ils cessent généralement spontanément après l’accouchement. Le facteur hormonal est également parmi les principales causes du pyrosis chez la femme enceinte.
Plus précisément, le reflux gastro-œsophagien se produit lorsque la valve qui se trouve entre l’estomac et l’œsophage est incapable d’empêcher l’acide gastrique de repasser dans l’œsophage. Pendant la grossesse, la progestérone (hormone progestative produite par le corps jaune de l’ovaire pendant la deuxième partie du cycle menstruel et pendant la grossesse) provoque le relâchement de la valve. Ce qui peut augmenter la fréquence des brûlures d’estomac. Cela permet à l’acide gastrique de passer dans l’œsophage et d’irriter la muqueuse.
La pression du bébé peut aussi engendrer ce trouble, surtout pendant le dernier trimestre de la grossesse, car la croissance de l’utérus exerce une pression sur les intestins et l’estomac. La position allongée encourage également le reflux gastro-œsophagien. Cependant, chaque femme est différente. Être enceinte ne signifie pas nécessairement que vous aurez le pyrosis. Cela dépend de nombreux facteurs, notamment de votre physiologie, de votre régime alimentaire, de vos habitudes quotidiennes et de l’état de votre grossesse.
Plusieurs facteurs favorisent ce mal être
Différents facteurs sont reconnus pour favoriser le RGO et son principal symptôme, le pyrosis; notamment certains aliments qui peuvent favoriser le pyrosis comme ceux riches en graisses, les plats épicés ou gras, le café, le thé, les sodas et les boissons gazeuses, les sucreries, , le chocolat, l’alcool, etc.
Ce médecin généraliste affirme que pour le traitement du pyrosis, il faut commencer par les mesures hygiéno-diététiques comme l’arrêt du tabac, de l’alcool et du café, éviter la position allongée après le repas, surélever la tête de son lit de quelques dizaines de centimètres ou dormir avec quelques coussins derrière le dos. Il faut également porter des vêtements amples et confortables pour éviter de comprimer l’estomac, pratiquer une activité physique régulière comme la marche pour stimuler la digestion. Les épices, les mets trop chauds ou trop froids, les repas gras surtout le soir sont à éviter.
Il faut également éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Si les mesures ci-hautes citées sont inefficaces, on recourt aux médicaments. Les antisécrétoires gastriques : les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole 40mg/j) sont plus efficaces que les antihistaminique h2. Ils atténuent les symptômes, mais la récidive à l’arrêt du traitement est habituelle. En cas de complication d’œsophagites, le traitement s’applique selon les stades. S’il n’y a pas de complications, généralement il n’existe pas de conséquence néfaste ni pour la mère, ni pour le fœtus.