Lors de la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant qui a eu lieu à Muramvya le 29 novembre 2021, les invités de marque ont témoigné à propos de leur enfance qui n’était pas heureuse. Ce qui est important, c’est qu’ils ont affronté les épreuves de la vie et qu’ils sont parvenus à garder la tête haute. Cela peut servir d’exemple pour les autres enfants.
Les autorités qui ont été invitées dans la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant ont en commun une enfance malheureuse. Mais le plus important c’est qu’elles n’ont pas baissé les bras et n’ont pas abandonné leurs études car, l’école est la clé de toutes les opportunités.
« Nous encourageons les jeunes ou les enfants à oser entreprendre parce qu’eux aussi ils sont capables de faire beaucoup de choses. Ils peuvent contribuer à la préservation de leurs droits. C’est pour cette raison qu’ils sont appelés à donner leur avis dans le but de maintenir leur bien-être et d’intéresser les décideurs », fait savoir Imelde Sabushimike, ministre de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre. Elle affirme que certains enfants pensent que les hautes autorités du pays n’ont pas connu une enfance malheureuse. « A notre époque, la pauvreté était au top et le bafouement des droits de l’enfant ainsi que d’autres problèmes divers ne datent pas d’aujourd’hui. Tout cela ne nous décourageait pas. Nous avons gardé la tête au-dessus de l’eau malgré les épreuves de la vie », renchérit Mme Sabushimike.
Denise Ndadaye, 1ère vice-présidente du Sénat, conseille les enfants de ne pas abandonner l’école afin de maximiser les chances de la vie dans l’avenir.
Une enfance pas du tout facile
Cette autorité originaire de la province Mwaro est née dans une famille pauvre et la vie n’était pas du tout facile par rapport à celle de ses voisins. Encore plus, elle a subi des stigmatisations de la part de son entourage comme s’ils ne se ressemblaient pas les uns des autres. Sa famille vivait de la poterie. Pour avoir de quoi manger, elle et ses frères sillonnaient les collines pour troquer les marmites contre les vivres. Ils habitaient une petite hutte couverte de paille. Pis encore, sa mère était veuve et s’occupait seule des enfants.
Heureusement, Mme Sabushimike a eu de la chance. Sa mère a pu s’épanouir et briser les barrières pour s’enquérir de la manière dont les autres vivent. Elle a commencé par intégrer l’église Pentecôte. Ainsi, elle a pris connaissance avec les autres femmes et s’est rendue compte qu’il est possible de voler de ses propres ailes. Elle a commencé à élever les porcs. Ensuite elle a pratiqué le petit commerce et cela a marché miette à miette. Enfin, elle a réussi à construire une maison en briques adobes couverte de tuiles. C’était un exploit pour une veuve, car même certains hommes étaient incapables de le faire.
En 1993, le président de l’époque, feu Melchior Ndadaye, a autorisé les enfants de la communauté des Batwa à fréquenter gratuitement l’école. « Ainsi, j’ai commencé l’école primaire même si les conditions d’apprentissage n’étaient pas faciles. Ma mère a fait de son mieux pour assurer le bien-être à sa progéniture », précise Mme Sabushimike. Malheureusement, arrivée en 6ème année primaire, sa mère s’est éteinte. Malgré tout, elle n’a pas baissé les bras. Elle a continué les études jusqu’au bout. Tout cela grâce à pas mal de personnes qui l’ont soutenue tant moralement que matériellement. Pour maximiser les chances dans la vie, martèle-t-elle, on doit continuer les études. Sinon tout est gâché.
Mme Ndadaye n’a pas aussi été épargnée
Après les évènements tragiques de 1972, les enfants de l’époque avaient peur de fréquenter l’école. Mais, Denise Ndadaye, 1ère vice-présidente du Sénat (petite sœur du feu président Melchior Ndadaye), a pu affronter ces contraintes grâce au soutien de son père. Après la mort du président Ndadaye en 1993, elle a eu du mal à décrocher un emploi du fait qu’elle portait le même nom que le président assassiné. Mais elle a continué à se battre et, petit à petit, ça a marché.
Après tout, elle conseille les enfants : « Chers enfants, l’époque actuelle est meilleure que celle d’hier. Tout est possible. Il ne faut pas se décourager. Vous avez de la chance, car il y a des organismes internationaux ou différents ministères qui ont pris en main vos problèmes. Ils priorisent le bien-être de l’enfant ». Elle leur recommande également d’intérioriser aux conseils que les supérieurs leur prodiguent. En plus de cela, ils doivent aimer le travail et surtout ne pas abandonner l’école.