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Quand les gens se sacrifient pour acquérir un logement

La construction est l’un des secteurs où sont placées de grosses fortunes. Bien des gens s’endettent pour s’offrir un logement si modeste soit-il. Ce qui les condamne à vivre dans la pauvreté pendant plusieurs années. Et si ces fonds étaient affectés dans d’autres formes d’entrepreneuriat ? 

Le problème lié au logement est une réalité au Burundi. Les habitants des villes sont les plus touchés. De nombreux locataires sont obligés de changer de résidence très souvent. Les loyers ne cessent  d’augmenter et la population craint un lendemain plus sombre. Les gens s’endettent pour se procurer leur premier logement même quand leurs revenus sont insignifiants. Très souvent, le remboursement de la dette constitue le chemin de la croix pour les familles qui sont obligées d’endurer une vie très dure pendant de longues années.    

Les gens s’endettent pour se procurer leur premier logement même quand leurs revenus sont insignifiants.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène

Dans différents milieux urbains du pays, les gens se battent pour s’offrir un logement si petit soit-il. Selon le sociologue Lambert Hakuziyaremye, les raisons qui poussent les gens à se précipiter dans la construction de leur premier logement sont diversifiées. Pour Hakuziyaremye, la culture burundaise qui considère le fait d’avoir un « chez soi » comme un signe de grandeur pour l’homme est l’une des grandes raisons qui poussent les gens à se trouver à tout prix un logement qui leur est propre. «Il se remarque que bien  des personnes se précipitent à contracter des dettes pour construire une maison afin d’avoir un chez soi. Cela trouve la signification dans la culture burundaise qui valorise quelqu’un selon qu’il rentre dans sa propre maison », explique Hakuziyaremye.

Pour ce sociologue, il est évident que la cherté des logements dans les  villes est aussi une autre véritable raison qui les y pousse. Il rappelle que si la politique de logement prévoyant la location-vente n’a pas pu se perpétuer, les familles veulent éviter d’être confrontées à des difficultés  liées au logement tout au long de leur vie. Il rappelle que la politique de logement permettait aux personnes  d’acquérir des logements sans se ruiner.   Cependant, Hakuziyaremye pense que construire une maison nécessite une certaine préparation pour certaines personnes. « Il est bon de s’offrir son propre logement, mais il faut d’abord voir si on en est réellement capable », conseille-t-il. Pour lui, il est inutile de contracter des dettes pour au finish tomber dans une misère sans nom. «Ça serait bon de contracter une dette pour finaliser un projet de construction qu’on a lancé sur ses propres fonds», indique-t-il.

Quid des investissements dans le secteur de la construction ?

La spéculation sur les loyers constitue une autre raison qui pousse les gens à se construire leur propre maison. En effet, les plus nantis ne se limitent pas à une seule maison d’habitation. Certains fonctionnaires ou businessmen investissent dans la construction. Cependant, les maisons construites pour être louées restent inoccupées pendant longtemps, car les demandeurs ont un niveau de revenus moins élevé. Selon une certaine opinion, il s’agit d’une partie de leur richesse engloutie chaque année. Cela au moment où l’entrepreneuriat reste moins développé au Burundi.

Pour le sociologue Lambert Hakuziyaremye, cela relève de la culture burundaise qui accorde moins d’espace à l’entrepreneuriat. « C’est que les gens n’étudient pas le marché avant d’investir », indique-t-il tout en ajoutant que ceux qui investissent dans la construction devraient considérer avant tout  le niveau de revenus des de la population cible. Il va plus loin pour montrer que dans cette course à la construction, les gens devraient prendre en compte tous les risques. Il donne notamment l’exemple des personnes qui dépensent leur argent pour construire dans des zones inondables au lieu d’investir dans d’autres secteurs.

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