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Quand la question des loyers se complique davantage

La question des loyers devient de plus en plus compliquée pour le locataire lambda. Les bailleurs commencent à fixer des conditions à ceux qui cherchent des maisons à louer pour que le paiement soit facile. Ils se rassurent que tu as du boulot rémunérateur. Sinon, les plus préférés sont les congolais. 

La question des loyers devient de plus en plus compliquée pour le locataire lambda.

Trouver une maison à louer dans la ville de Bujumbura devient de plus en difficile. Cela ressort des entretiens que Burundi eco a eus avec les habitants de certains quartiers.

Dans un entretien avec Déo Tuyisenge rencontré à la zone Cibitoke de la commune Ntahangwa dans la province Bujumbura, il est ressorti que la situation devient de plus en plus intenable. Les bailleurs fixent actuellement des conditions permettant à ceux qui cherchent des maisons de les louer.  « Le propriétaire de la maison que je cherchais à louer m’a posé la question de savoir ce que je fais dans vie.  Il a également voulu savoir si mon épouse exerce une activité génératrice de revenus », explique-t-il.

Tuyisenge fait savoir que toutes ces questions lui ont été posées pour se rassurer que le paiement du loyer sera facile. Il voulait un montant de 500 000 FBu par mois, car c’est une maison de deux chambres et un salon avec une douche et une toilette à l’intérieur.

C’est de même pour John Ndiho, rencontré dans la même zone. Il a fait remarquer qu’il cherchait une maison à louer pour son petit frère qui voulait fonder son foyer. « Le propriétaire de la maison m’a dit que seuls les congolais ont le droit de louer ses maisons, car ce sont eux qui ne lui posent pas de problème quant au paiement du loyer. Aucun Burundais n’est à mesure de me payer entre 800 000 FBu et un million de FBu pour une maison de trois chambres dotée d’un salon et d’une douche toilette à l’intérieur.  Pourtant, les congolais paient facilement », déplore Ndiho.

Que le gouvernement s’implique

Les habitants de la zone Cibitoke demandent au gouvernement du Burundi de penser à s’impliquer avec énergie dans la gestion des loyers, car la situation est devenue intenable compte tenu des revenus des ménages qui restent statiques.

Ils s’inquiètent du fait que l’initiative prise par l’Etat ces derniers jours de promouvoir les logements sociaux n’a pas été concrétisée.

L’ex ministre en charge des logements sociaux Dieudonné Dukundane avait annoncé que chaque année, on devrait construire 33 000 maisons. Ce qui ferait passer le taux d’urbanisation du pays de 14 % à 40 % d’ici 2040.

A peu près 50 000 personnes se sont inscrites pour demander des logements sociaux, surtout dans la municipalité de Bujumbura.

La forte inflation à l’origine de cette situation

Les bailleurs qui se sont entretenus avec Burundi Eco expliquent que la hausse des loyers est liée à la forte inflation qui s’observe actuellement.  Le coût de la vie devient de plus en plus élevé. C’est pourquoi ils se décident à revoir à la hausse le loyer de leurs maisons.

Alain Ndikumana, ministre en charge des finances affirme que la construction des logements sociaux est plus que nécessaire. Pourtant, il n’y a pas de budget réservé à cette activité cette année.

De plus, on n’a pas mis en place un cadre légal de sa mise en œuvre. Selon lui, on pourra impliquer le secteur privé dans la construction de ces derniers. La condition est qu’on collabore avec l’Etat pour éviter qu’il y ait une spéculation de la part des particuliers.

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