Malgré pas mal d’initiatives mises en œuvre pour protéger les forêts et les développer à travers la plantation des arbres, le rythme de déforestation dépasse celui du reboisement. Cette situation expose le pays à la désertification et à tant d’autres effets du changement climatique. Pour y faire face, des mesures d’accompagnement devraient suivre.
12 mille arbres agroforestiers ont été plantés sur 10 hectares sur la colline Mutambara, commune Rumonge de la province de Burunga.
Depuis 1979, le Burundi célèbre la Journée nationale de l’arbre chaque mois de décembre et ces activités sont à chaque fois couplées avec des campagnes de reboisement. Chaque année, de nombreux plants d’arbres sont mis en terre dans le cadre du programme national élargi intitulé « Ewe Burundi Urambaye ». Ces initiatives semblent ne pas réussir à reboiser suffisamment le Burundi.
Selon les statistiques émanant du ministère en charge de l’environnement, entre 1992 et aujourd’hui, la couverture forestière au Burundi est passée de 3 % à 8 % du territoire national. « Malgré les efforts du gouvernement pour reboiser et restaurer les forêts, il est évident que le rythme de déforestation dépasse celui du reboisement. Cela est dû à l’exploitation abusive du bois par la population et aux incendies volontaires. C’est pourquoi nous appelons les citoyens à abandonner ces pratiques destructrices et rappelons que des sanctions sont prévues par la loi », a déclaré Emmanuel Niyungeko, Secrétaire permanent au ministère en charge de l’environnement. C’était lors de la journée dédiée à l’arbre célébrée ce 11 décembre 2025 à Rumonge dans la province Burunga.
Exploitation abusive du bois
Plus de 90 % de l’énergie domestique provient du bois, notamment du charbon de bois. Selon un article publié en 2022, les statistiques montrent que la consommation annuelle de charbon de bois est estimée à 56 548 tonnes dont 13 552 tonnes pour la population urbaine de Bujumbura et de Gitega. Dans ces conditions, les villes de Bujumbura et Gitega entraîneraient une perte annuelle de 3 505 à 4 673 ha de couvert forestier. Des chiffres qui ne font que gonfler vu l’urbanisation croissante et l’actuelle pression démographique. Pour inverser la tendance, M. Niyungeko a appelé les Burundais à adopter le gaz comme source d’énergie domestique pour réduire la production de charbon de bois. Cet appel devrait être accompagné d’autres mesures pour permettre au citoyen lambda d’accéder à ce gaz vu que, à cause de sa cherté, peu de Burundais peuvent s’en procurer.
Un autre facteur de la déforestation évoqué par M. Niyungeko est l’urbanisation. Sur ce point, il a invité les Burundais à privilégier les échafaudages métalliques, d’autant plus que l’État a supprimé les taxes sur ces matériaux. Ce qui contribuera à la préservation des forêts. Il y a aussi les feux de brousse qui déciment une partie non négligeable de la couverture forestière. « Personne ne devrait plus invoquer de prétexte pour détruire les forêts. Nous appelons tous les citoyens à abandonner ces pratiques destructrices et rappelons que des sanctions sont prévues par la loi », dit-il.
10 % de taux de couverture forestière en 2040
La Vision 2040-2060 projette d’atteindre, d’ici 2040, un taux de couverture forestière de 10 % du territoire national. Cela permettra de capter environ 15 380 990 tonnes de gaz nocifs. Pour y arriver, le gouvernement du Burundi mise sur la plantation d’arbres sur les collines dénudées, qu’elles soient publiques ou privées, ainsi qu’à intégrer les arbres fruitiers et agroforestiers dans les cultures pour faire face au changement climatique. 4 000 hectares par an avec les moyens de l’Etat et 12 000 hectares avec l’appui des partenaires au développement sont reboisés depuis 2015.
« Souvenons-nous que planter des arbres partout où c’est possible, les utiliser de manière durable et protéger les collines escarpées est la seule voie pour restaurer la beauté de la terre, assurer des pluies régulières, augmenter les récoltes, et ainsi garantir que « chaque bouche ait à manger et chaque poche de l’argent », a-t-il insisté.
Rappelons que le thème choisi pour cette année est: « Plantons aujourd’hui pour un avenir zéro carbone ». Le choix de la commune de Rumonge a été motivé par le fait que c’est une région récemment touchée par des catastrophes climatiques telles que des glissements de terrain et des inondations qui ont diminué les récoltes et causé des pertes humaines et matérielles. L’objectif est d’y renforcer la couverture forestière. A cet effet, 12 mille arbres agroforestiers ont été plantés sur 10 hectares sur la colline Mutambara, commune Rumonge de la province de Burunga.