L’OLUCOME a présenté un module qui met l’accent sur le renforcement de la gouvernance locale à travers une meilleure planification du développement, une gestion administrative et financière plus efficace, la mobilisation des ressources locales, la transparence, la participation citoyenne et la reddition des comptes. Il propose des outils destinés à aider les collectivités territoriales à mieux répondre aux besoins des populations et à améliorer la gestion des affaires publiques.
Les participants ayant pris part à la présentation du module l’ont finalement validé, moyennant quelques ajustements destinés à le perfectionner.
L’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a organisé, du 11 au 12 août 2026 à Bujumbura, un atelier consacré à la validation d’un module sur le développement local, la gestion administrative et financière, la participation citoyenne et la redevabilité. L’activité a réuni notamment des administratifs communaux de la ville de Bujumbura, des représentants de la société civile et des journalistes. Animé par Dr Eric Kiramirana, enseignant d’université et expert en culture de la paix et en gestion des conflits, l’atelier visait à recueillir les contributions des différents acteurs afin de valider un module destiné à accompagner les collectivités territoriales dans l’amélioration de leur gouvernance.
Le document présenté considère le développement local comme une approche stratégique de transformation des territoires. Celle-ci repose notamment sur la responsabilisation des acteurs locaux, la valorisation des ressources disponibles, la participation des communautés et l’amélioration durable des services publics de proximité.
Dans cette perspective, les communes doivent être en mesure de planifier, de mobiliser et de gérer efficacement les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins économiques, sociaux et environnementaux de la population. La gouvernance locale constitue ainsi un élément central de cette dynamique en favorisant la transparence, la participation, la responsabilité et la reddition des comptes.
Le module met notamment l’accent sur le développement local, la planification territoriale, la gestion administrative moderne, la gestion financière communale, la mobilisation des ressources locales, la transparence et la lutte contre la corruption. Il aborde également la participation citoyenne, la gestion axée sur les résultats ainsi que le suivi et l’évaluation des politiques publiques locales.
La commune au cœur de la décentralisation
Au Burundi, la décentralisation s’inscrit dans le processus de consolidation de la paix, de reconstruction nationale et de réforme de la gouvernance publique. Les Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signés en août 2000, avaient notamment identifié la mauvaise gouvernance parmi les facteurs ayant contribué aux conflits récurrents et à l’instabilité socio-politique du pays. La décentralisation a dès lors été envisagée comme un moyen de rapprocher l’administration des citoyens, de promouvoir une gouvernance inclusive et participative, de renforcer la légitimité des institutions publiques et d’améliorer l’accès aux services sociaux de base.
La commune occupe progressivement une place centrale dans cette architecture. Elle constitue un espace privilégié pour la planification, la coordination des interventions publiques et la participation citoyenne. Les orientations nationales, notamment la Vision Burundi 2040 et 2060 ainsi que le Plan national de développement accordent également une place importante à la performance institutionnelle, à la transparence, à la reddition des comptes et à l’implication des citoyens dans la gestion des affaires publiques.
Toutefois, la mise en œuvre de la décentralisation reste confrontée à plusieurs défis. Le document relève notamment l’insuffisance des capacités humaines, techniques et institutionnelles au niveau communal, le manque de mécanismes permanents d’accompagnement des collectivités et une articulation parfois insuffisante entre la planification locale et les priorités nationales et sectorielles.
Des défis financiers et participatifs persistants
La faiblesse de l’autonomie financière des communes constitue également une préoccupation. Une assiette fiscale limitée et des mécanismes encore peu efficaces de mobilisation des ressources locales réduisent les capacités des communes à financer leurs propres priorités de développement. Le fonctionnement et la gouvernance du Fonds national d’investissement communal (FONIC) figurent aussi parmi les questions soulevées. A ces contraintes s’ajoutent les disparités dans la répartition des ressources, les difficultés liées à la sécurisation foncière et à l’accès équitable à la propriété, notamment pour les femmes, ainsi qu’une participation citoyenne encore insuffisamment institutionnalisée.
Face à ces défis, le module présenté par l’OLUCOME entend contribuer au renforcement des compétences des acteurs communaux. Sa finalité est de favoriser l’émergence des collectivités territoriales capables d’assumer pleinement leur rôle dans le développement local.
L’organisation souhaite notamment promouvoir une administration communale professionnelle et performante, une gestion financière responsable et transparente, une planification participative orientée vers les résultats et des mécanismes efficaces de participation citoyenne.
A travers cet outil, l’OLUCOME entend ainsi accompagner les réformes de la gouvernance locale au Burundi. L’objectif est de contribuer à la construction des territoires plus inclusifs et résilients où les ressources publiques sont gérées de manière responsable et où les citoyens peuvent davantage participer aux décisions qui concernent leur développement.