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Quand Noël perd son éclat à cause de la pénurie des boissons Brarudi

La célébration de Noël 2024 n’a pas répondu aux attentes des Burundais, en raison de la pénurie des boissons Brarudi. Les bars sont à sec et les amateurs de la bière ont eu du mal à étancher leur soif. Parallèlement, les autorités administratives se sont lancées dans une chasse aux commerçants écoulant les produits Brarudi à des prix supérieurs aux tarifs officiels.

La célébration de Noël a été marquée par un manque criant des boissons Brarudi.

Chaque année, le 25 décembre, Noël est célébré dans le monde entier. Au Burundi, cette année, la fête a été marquée par une absence notable des boissons les plus prisées, en l’occurrence les produits Brarudi. Normalement, cette fête chrétienne est synonyme de convivialité et la consommation de la bière fait partie intégrante des célébrations. Mais en l’absence des boissons produites par la Brarudi, la fête a perdu de son éclat, surtout dans les villes et les centres urbains où les boissons locales sont rares.

A titre d’exemple, au Nord de la ville de Bujumbura, plus précisément à Carama, nous avons visité une dizaine de bars installés le long de la Route Nationale No 9, la veille de Noël. Aucun ne proposait de bière Brarudi. Certains n’offraient même que des limonades. « J’ai parcouru tous mes bars habituels pour essayer d’acheter une Primus ou une Amstel, mais je suis rentré bredouille à cause de la pénurie des boissons alcoolisées qui dure depuis quelques jours », s’est désolé un habitant de Carama, la veille de Noël. Et la situation ne s’est pas améliorée dans d’autres quartiers de la ville. Dans la commune de Mukaza, les amateurs de la bière étaient tout aussi déçus. « J’ai voulu boire une bière vers 20h le 24 décembre, mais le bar que je fréquente venait juste d’épuiser son stock », a expliqué un habitant de Buyenzi à la 10ème avenue.

Le jour de Noël, la situation n’a pas changé. Les boissons Brarudi se sont fait de plus en plus rares. Dans certains quartiers comme Carama, les habitants se sont résignés à constater que Noël n’était pas vraiment fêté comme il se le doit. Pour beaucoup d’entre eux, ne pas boire de bière pendant les festivités est inconcevable. Comme alternative, ceux qui ne pouvaient pas se permettre d’acheter des boissons importées se sont rabattus sur des limonades conditionnées dans des bouteilles en plastique.

Certains fêtards déçus ont expliqué que l’absence des boissons Brarudi a largement hypothéqué à la célébration de Noël. Ce sentiment général de déception se lisait sur de nombreux visages. La pénurie des boissons Brarudi a considérablement impacté l’ambiance de cette fête chrétienne. Les amateurs de la bière ont été privés de ce qui constitue une part importante de leur célébration et l’événement tant attendu n’a pas eu l’intensité qu’on en attendait.

Malgré tout, le gouvernement est déterminé à stabiliser les prix des boissons Brarudi

En parallèle, le gouvernement a renforcé les mesures pour lutter contre la commercialisation des boissons Brarudi au-delà des prix officiels. Depuis quelques semaines, les autorités administratives, tant à Bujumbura qu’à l’intérieur du pays, se sont mobilisées pour contrôler que la vente des boissons Brarudi respecte les prix officiels. Les commerçants attrapés en flagrant délit ont été sanctionnés et certains ont vu leurs bars fermés définitivement. A titre d’exemple, le 18 décembre 2024, l’administrateur de la commune Ntahangwa, Ernest Niyonzima, a rendu publique une liste de plus de 30 débits de boissons fermés pour non-respect des prix officiels.

Les détaillants expliquent que la hausse des prix des produits Brarudi est due à des difficultés d’approvisionnement. Les grossistes peinent à disponibiliser les boissons dans leurs stocks. Ce qui force les tenanciers de bars à s’approvisionner auprès de leurs collègues qui ont eu la chance d’en décrocher à temps chez les grossistes à des prix beaucoup plus élevés. Pour compenser cette hausse des prix des produits Brarudi, les prix de vente desdits produits sont souvent revus à la hausse. Par exemple, la Primus de 72 cl et l’Amstel de 65 cl se vendent aux alentours de 5000 FBu alors que leurs prix officiels sont respectivement de 2500 FBu et 3500 FBu.

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