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« Que des rumeurs ! il n’y a jamais eu de pénurie de carburant »

Il y a environ trois semaines, des rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux annonçant une probable pénurie du carburant. Le directeur de la gestion du carburant a démenti par la suite cette information et rassure que ce produit existe en grande quantité. Burundi Eco a décidé de faire un tour dans certaines stations-services du centre-ville de Bujumbura pour se rendre compte de l’état des lieux

A notre passage à la station-service « Interpetrol » de Bwiza située au boulevard du Peuple Murundi, les pompes fonctionnaient comme à la normale. Des voitures se succédaient pour être servies. Un jeune pompiste de cette station-service nous rassure. Il n’y a jamais eu de pénurie du carburant. Les voitures qui s’approvisionnent à cette station ont toutes été servies et il n’y a jamais eu de pression de la part des clients.

A la station-service « Mogas » de Nyakabiga, le pompiste de cette station-service abonde dans le même sens. « Il n’y a jamais eu de pénurie du carburant ». Selon lui, au moment où il y a une insuffisance du carburant, il y a des signes indicateurs qui ne trompent pas.

Entre autres avoir du mal à s’approvisionner, les longues files d’attente des véhicules qui viennent faire le plein, des stocks qui se vident sans toutefois être réapprovisionnés. « Dernièrement, aucun signe parmi ceux-là n’a été constaté. Par ailleurs, voilà un camion qui vient faire le plein », dit-il en nous montrant le camion.

Le ministère dément

A la station-service « Yakeime Oil Company » de Kigobe, la scène qui s’affiche est la même. Visiblement, rien n’indique qu’il y aurait eu un manque de carburant. Des véhicules se positionnent pour être servis et d’autres quittent le parking après être servis. Les pompistes tout droit dans leurs uniformes servent les clients en toute tranquillité.

Sur certaines stations-services visitées, rien n’indique qu’il y aurait eu un manque de carburant.

Le 10 juillet, le directeur de la gestion du carburant sort un communiqué pour démentir les rumeurs qui circulaient. « Le ministère de l’Energie recommande à toute la population de continuer à s’approvisionner normalement et à éviter toute panique », peut-on lire dans ce communiqué.

Daniel Mpitabakana, directeur de la gestion du carburant indique que le ministère suit de près la question de l’approvisionnement du pays en carburant et rassure la population que le pays est approvisionné en quantité suffisante. Car, selon lui, les produits pétroliers sont bel et bien disponibles dans les entrepôts. M Mpitabakana met en garde quiconque des intervenants dans ce secteur tenteraient de verser dans la fraude et la spéculation, car des sanctions très sévères sont prévues et seront appliquées conformément à la loi.

Pourquoi le prix à la pompe est resté inchangé ?

Il y a quelques mois, les cours du baril de pétrole brut ont chuté. Logiquement, on devrait donc s’attendre à ce que le prix à la pompe diminue au même rythme. Mais ce n’est pas le cas. Le directeur de la gestion du carburant explique alors cette différence de prix.

Selon lui, le prix à la pompe varie en fonction de plusieurs paramètres. D’abord l’Etat change le prix du carburant à la pompe en se basant sur le prix du carburant sur le marché international. En outre, il y a d’autres facteurs internes qui entrent en jeu, notamment le taux de change de notre monnaie par rapport à la monnaie de référence qui est le dollar américain. Le pouvoir d’achat de notre population est également pris en compte.

La fluctuation du prix sur le marché international a une grande influence sur la variation du prix à la pompe. Quand le prix est en hausse sur le marché international, l’Etat est obligé d’aligner le prix à la pompe sur le prix à l’international. « Mais il faut comprendre qu’aligner le prix ne signifie pas nécessairement le mettre en hausse à la pompe ». L’Etat a d’autres stratégies pour permettre au pays de fonctionner. Le plus souvent, il décide d’abandonner certaines taxes pour alléger le prix du litre à la pompe. Si par exemple quelques mois après, le prix du baril baisse sur le marché international et que l’Etat se rend compte qu’il a beaucoup perdu quand le prix a grimpé, alors ce dernier essaie d’équilibrer sans toutefois toucher sur le prix à la pompe ».

Il souligne également qu’après le mois de mars, la structure officielle des carburants a changé trois fois. Il s’agit du 10 avril, du 9 juin et du 10 juillet.  Les gens ne se sont pas rendu compte de ce changement, car il n’y a pas eu de changement au niveau de la pompe.  Du reste, il assure que les prix des produits pétroliers restent plus bas au Burundi comparativement à ceux appliqués dans les pays de la sous-région.

Et de rassurer que le carburant utilisé au Burundi respecte les normes applicables à l’EAC. « Le carburant du Burundi est le même que celui de toute la sous-région. Que la population soit rassurée, notre carburant est de bonne qualité ». Toutefois, il soutient que ce serait prudent si le pays avait un système local de contrôle et de vérification de la qualité du carburant. « Mais cela ne pose pas de problème actuellement car, tel que c’est organisé, il n’y a pas moyen d’amener des produits pétroliers de mauvaise qualité. 

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