Une mauvaise alimentation entraine des maladies non transmissibles telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires chroniques qui sont la cause la plus fréquente des décès dans le monde. Beaucoup pensent que le seul espoir de guérison est de faire recours au traitement médicamenteux ou aux actes chirurgicaux. Pourtant, une autre option est de se soigner avec son alimentation
Chaque année, le 16 octobre, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) célèbre la Journée mondiale de l’alimentation, qui commémore la date de sa création, en 1945. Le thème choisi cette année est « cultiver, nourrir, préserver ensemble ». Cette journée est célébrée au moment où le monde est secoué par la pandémie de Covid-19, qui est devenue la principale préoccupation de la population mondiale et semble ignorer les maladies liés à la mauvaise alimentation. Par ignorance ou par pauvreté les gens consomment ce qui les tue.
C’est dans l’optique d’éveiller les consciences sur les mauvaises manières de consommation que l’Université Lumière de Bujumbura, le club de nutrition de cet université, et l’association Public Heath Nutrition Association (PHENA) ont organisé une conférence débat. Alimentation et santé, Les bienfaits de l’alimentation sur les maladies cardiovasculaires, Nutrition comme thérapie – Application dans la naturopathie sont les différents thèmes qui ont fait objet de ce débat. Le moment de critiquer nos méthodes alimentaires.
On a tout, mais on n’a rien en même temps
Beaucoup disent que « indya mbi nindya nke (les mauvais aliments sont les aliments qui ne remplissentt pas le ventre (ndlr) ». Tant que le ventre est rempli, le Burundais a l’impression qu’il a bien mangé. L’industrie agroalimentaire a tendance à tout transformer et les produits naturels laissent la place aux produits manufacturés, bonjour les maladies chroniques.
Les panélistes ont mis l’accent sur le fait que la cuisson détruit les nutriments tels que les vitamines et les réactions chimiques qu’elle produit ne sont pas traitées par l’organisme humain.
Pourtant, il y avait moyen de consommer sain. « Au Burundi on a tout, mais on n’a rien un même temps », lance Pr Aloys Niyongabo. Il explique comment le Burundi regorge de nombreuses plantes alimentaires curatives. Soit les gens s’en méfient, soit ils en consomment pas comme il faut. Le chou, l’avocat, l’ail, la papaye, les haricots verts sont quelques plantes que l’on retrouve souvent dans nos marchés. Dans son exposé, Marie Josée Bigendako, botaniste évoque le fait que certains de ces aliments sont bons pour la santé du cœur, des antibiotiques naturels…
A part l’ignorance, le pouvoir d’achat de certains Burundais est l’autre face qui les limite à jouir d’une alimentation saine et équilibrée. D’après Pr Niyongabo, académicien nutritionniste au niveau national, le Burundi affiche un taux de malnutrition de 55%. Certes on a tout, mais on n’a pas la capacité de se les procurer.
Attention à la cuisson !
Les experts ont insisté sur le fait que de nos jours, les gens consomment des aliments cuits mais, malheureusement, trop cuits. Or comme ils l’ont exposé, la chaleur alimentaire produit ce qu’on appelle les réactions de maillard qui sont des réactions chimiques très complexes qui se produisent dans presque tous les aliments soumis à une cuisson très forte. Ces réactions peuvent donner naissance à des composés cancérigènes et réduire la valeur nutritive des aliments en dégradant les acides aminés essentiels. La cuisson détruit également les nutriments tels que les vitamines et ces réactions de Mayar ne sont pas traités par l’organisme humain.
« De préférence, mangez cru ! », ont conseillé les experts.
La nutrition comme thérapie
« Que ton alimentation soit ta première médecine» disait Hippocrate. Celui qui est considéré comme le père de la médicine affirme la primauté de l’alimentation sur la santé. Curieusement, pour la médecine moderne, l’idée que l’alimentation puisse être utilisée de manière préventive et curative n’est généralement pas présente. Pourtant, dès l’Antiquité, l’adoption d’une alimentation saine a un lien très étroit avec la bonne santé et la guérison, car les aliments contiennent des éléments permettent à l’organisme de se maintenir en bonne santé. Paradoxalement, l’évolution de nos modes de vies a conduit à une nette dégradation de notre qualité de vie et à l’apparition de nouvelles maladies chroniques ou maladies civilisationnelles. Face à cette situation, Franck Amont, naturopathe hygiéniste explique que la naturopathie propose des solutions préventives et curatives avec l’approche holistique et la nutrition constitue l’un de ses fondements essentiels.
« L’approche médicale en naturopathie s’inscrit dans une démarche dite hygiéniste qui est l’art de se nourrir et de se soigner en harmonie avec la loi de la nature et par une bonne connaissance des aliments spécifiques »
Reconnue par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme étant la 3ème médecine traditionnelle, aux côtés de la Médecine Traditionnelle Chinoise et de la Médecine Ayurvédique, la naturopathie vise à maintenir et/ou à rétablir la santé par des moyens naturels.
Malgré les efforts déjà fournis, la faim dans le monde persiste. La malnutrition et l’obésité progressent partout. L’accès à une alimentation sûre, saine, diversifiée et équilibrée est toujours un casse-tête pour plusieurs. Une bonne santé est possible quand les systèmes alimentaires sont en place.