Le monde connaît actuellement une inflation due à la Covid-19 et accentuée par la guerre russo-ukrainienne. Sur le marché Burundais déjà rongé par la spéculation, les prix se sont envolés ces derniers mois. Des mesures s’avèrent nécessaires pour atténuer les effets de cet embourbement économique
Comme c’est le cas pour d’autres pays, le Burundi n’échappe pas à l’inflation qui frappe le commerce à l’international. Les antécédents de la guerre entre la Russie et l’Ukraine viennent ruiner davantage une économie mondiale déjà fragilisée par la Covid-19. Les prix de plusieurs matières premières stratégiques comme le pétrole se sont envolés sur le marché international. Les chaînes d’approvisionnement déjà éprouvées par la Pandémie de Covid-19 se sont disloquées. L’inflation risque d’être difficile à gérer pour les économies faibles dont le Burundi. L’envol des prix sur le marché local inquiète l’opinion publique.
Au Burundi, les prix des produits de première nécessité dont les denrées alimentaires se sont envolés ces derniers jours.
Le marché burundais touché par la montée généralisée des prix
Au Burundi, les prix des produits de première nécessité dont les denrées alimentaires se sont envolés ces derniers jours. Sur le marché, certains prix des denrées alimentaires ont trop bougé pendant ces trois mois derniers.
Le service du transport est aussi frappé. Suite à la pénurie du carburant, le secteur du transport est déstabilisé comme jamais. Le coût du transport a atteint un niveau inédit.
A part ce rebond de l’inflation enregistré ces derniers mois qu’on peut imputer à la situation sur le marché international, la hausse des prix se pérennise au Burundi. Sur une période de 9 ans depuis 2013, le taux moyen de l’inflation avoisine 6%.
Dans l’interview accordée par le président du ONG local Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM) Faustin Ndikumana au mois de février 2022, il donne la lumière sur cette poussée inflationniste. Il énumère les causes à l’origine de l’inflation. La baisse de la production, les difficultés liées au transport, la surtaxation, la dépréciation de la monnaie…influencent la hausse des prix.
Le consommateur, principale victime
Pour les observateurs, des mesures stratégiques sont nécessaires. Essayer de ralentir l’élan des prix qui s’affolent sur le marché local n’est plus un choix. Selon Pierre Nduwayo, président de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO), ce sont les consommateurs qui en paient un lourd tribut. « La hausse général des prix a dépassé les limites ces derniers jours. Cependant, les conséquences ne sont pas les mêmes pour le marchand et pour le consommateur », souligne-t-il. Nduwayo dénonce : «Certains commerçants profitent de l’instabilité du marché pour imposer des prix exorbitants à leur guise».
Pour cet activiste qui milite pour les intérêts des consommateurs, l’Etat devrait jouer son rôle en suivant de près le comportement des prix. « Que ceux qui dépassent les limites soient sanctionnés conformément à la loi », réagit-il.
Quid de la carte à tirer comme remède à cette perturbation du marché local ?
Le président de l’ABUCO plaide également pour l’exonération des importations pour certains produits alimentaires. « La mesure la plus importante pour diminuer les prix sur des biens de consommation serait d’exonérer les produits importés de première nécessité», indique Nduwayo.
Dans des situations semblables, le gouvernement du Burundi est déjà intervenu dans le temps en vue d’aider les Burundais à faire face à la flambée des prix des produits alimentaires. En mai 2017, le Gouvernement du Burundi a sorti l’ordonnance ministérielle No 540/769/2017 portant exonération des droits de douane, des taxes sur la valeur ajoutée et de la redevance administrative sur certains aliments de base pour une durée de trois mois.
Faustin Ndikumana veut une solution plus durable. Pour le président du PARCEM, il faut une politique globale de relance de l’économie. Ce qui permettrait, selon lui, au gouvernement de résister aux chocs extérieurs comme la perturbation des prix sur le marché international.
Le ministère ayant le commerce dans ses attributions n’a pas réagi jusqu’à présent. Nous avons cherché à obtenir la réaction du porte-parole dudit ministère, mais en vain.