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RDC : la pénurie du carburant refait surface

Au Kenya la surévaluation de la monnaie locale perturbe les marchés financiers. Le shilling kenyan peine à trouver sa vraie valeur. Cette monnaie continue de glisser malgré le marché interbancaire de devises. En Ouganda, le gouvernement souhaite atténuer les effets liés à l’abus d’alcool. Plus de 60% de la population consomment de l’alcool. La consommation élevée est imputable à la faiblesse des lois sur le contrôle de l’alcool et aux niveaux élevés de stress dans la population. Le reste de l’actualité régionale en Tanzanie et en République Démocratique du Congo (RDC) revient sur les travaux d’exploration des mines et la crise des hydrocarbures.

La situation du marché des produits pétroliers se dégrade en RDC.Le gouvernement ne paie pas régulièrement les opérateurs économiques. Ces derniers disent travailler à perte et ne savent pas comment renouveler leurs stocks.

 

Le gouverneur de la Banque Centrale du Kenya (CBK) Dr Kamau Thugge a déclaré aux députés que la demande de devises étrangères dépasse largement l’offre. Ce qui a entraîné la dépréciation du shilling qui a officiellement franchi la barre des 150 shillings kényans par rapport au dollar américain. En 2022, la monnaie a été surévaluée de 25% alors que le pays se battait pour maintenir un taux de change « artificiellement fort ». L’onde de choc a secoué les marchés financiers alors que le régulateur attend que le shilling trouve sa vraie valeur.

Depuis le début de l’année, le shilling s’est déprécié de 17,7 % par rapport au dollar, soit plus du double des 8,3 % qu’il a perdus par rapport au billet vert sur l’ensemble de l’année 2022. « La plupart des devises africaines se sont affaiblies par rapport au dollar américain. Ce qui reflète en partie le renforcement mondial du dollar américain », a déclaré M. Thugge à la Commission des finances et de la planification nationale de l’Assemblée nationale. Le resserrement de la politique monétaire dans les grandes économies a contribué en partie au renforcement mondial du dollar américain.

M. Thugge a déclaré que la monnaie kenyane avait continué de glisser malgré la réouverture du marché interbancaire du dollar en avril et que la suppression d’une règle de la CBK qui plafonnait l’écart quotidien par rapport au taux indicatif à « 20 cents » a aidé le taux de change à trouver son propre niveau grâce à l’offre et à la demande. D’ici mars 2024, le Kenya compte mobiliser un montant de 1,63 milliards USD de quoi accroître les finances publiques et stabiliser son économie, rapporte The East African.

Kenya Airways accumule les dettes

La compagnie aérienne Kenya Airways prédit des pertes de change de 32 milliards de shillings kényans au cours de cette année. Il s’agit des retombées négatives de l’affaiblissement du shilling par rapport au dollar américain. Le PDG de cette compagnie Allan Kilavuka a déclaré à la commission des transports de l’Assemblée nationale que Kenya Airways prévoyait de perdre 64,5 milliards de shillings d’ici la fin du prochain exercice financier si le shilling se négociait à 151 shillings par rapport au dollar américain.

Le patron de Kenya Airways concède : « Notre plus gros problème chez Kenya Airways est que nous avons d’énormes dettes libellées en dollars américains, donc toute dépréciation du shilling kényan par rapport au dollar est assez importante pour notre trésorerie », a-t-il déclaré aux législateurs. En même temps, Kilavuka a estimé le montant que la compagnie doit aux banques locales culminent à 33,4 milliards de shillings kényans répartis entre 10 prêteurs.

Il a ajouté que le transporteur devait également 59 milliards de shillings kényans au gouvernement. « Il s’agit soit d’avances qui nous ont été données par le gouvernement national, soit d’argent versé au nom de Kenya Airways. Nous avons encore d’autres fournisseurs à qui nous devons encore de l’argent s’élevant à 23 milliards de shillings kényans », a déclaré le PDG de Kenya Airways.

Le shilling a atteint un sommet historique par rapport au dollar cette semaine. Les données de la CBK montrent qu’il se négociait à 150,07 Ksh à l’heure de clôture ce lundi 24 octobre 2023. La baisse des réserves internationales a provoqué une surévaluation du taux de change. En 2022, la hausse agressive des taux d’intérêt a été faite pour endiguer l’inflation. Cela a eu une incidence sur le taux de change, lit-on sur la plateforme Citizen Digital.

L’Ouganda face aux troubles liés à la consommation d’alcool

En Ouganda, au moins 1,2 millions de personnes âgées de 15 ans et plus souffrent de troubles liés à la consommation d’alcool, a indiqué la division de la santé mentale du ministère de la Santé. Selon les scientifiques, les troubles se manifestent le plus souvent par une capacité altérée à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences (néfastes) sociales, professionnelles, sanitaires, etc. Dr Hafsa Lukwata, commissaire adjoint à la santé mentale et au contrôle de la toxicomanie au ministère, a indiqué que les personnes atteintes ont besoin de soins pour être productives.

La consommation de l’alcool en Ouganda inquiète les autorités sanitaires. « Nous constatons également une augmentation du nombre de personnes souffrant de troubles liés à la consommation d’alcool. Nous avons constaté que plus de 60 % des Ougandais consomment de l’alcool. 40 % de la population consomme de l’alcool tous les jours », a déclaré Dr Lukwata. Elle a ajouté qu’en raison de l’augmentation de la consommation d’alcool, il y a des personnes qui ont besoin d’une réhabilitation ou d’un traitement. « Nous constatons également que 7,4 % de personnes souffrent d’un trouble lié à la consommation d’alcool. Ce qui signifie qu’elles sont devenues si terribles qu’elles ont besoin de soins. Elles ne peuvent pas fonctionner sans alcool, elles ne peuvent rien faire sans prendre d’alcool », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « L’Ouganda a la plus forte prévalence de personnes qui consomment de l’alcool en Afrique et bien sûr, ce n’est pas bon pour notre développement. »

La consommation d’alcool par habitant, a noté l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « est beaucoup plus élevée que la moyenne de la région africaine de 6,3 litres, et la moyenne mondiale de 6,18 litres par personne et par an reflétée dans le rapport de situation mondial de l’OMS sur l’alcool et la santé, 2018 ». Une étude récente menée à Mbale, qui, selon le ministère de la Santé, reflète ce qui se passe dans d’autres régions du pays, a révélé que 25% des enfants âgés de 6 à 13 ans consommaient de l’alcool.

La chercheuse Dr Joyce Nalugya-Sserunjogi, psychiatre à la faculté des sciences de la santé de l’Université de Makerere, a souligné que les filles et les garçons buvaient presque au même rythme. D’autre part, Dr Lukwata impute la consommation élevée à la faiblesse des lois sur le contrôle de l’alcool et aux niveaux élevés de stress dans la population. Elle a affirmé que les unités de lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie de l’hôpital de Butabika et d’autres hôpitaux régionaux de référence sont soit pleines, soit débordées de personnes venant se faire soigner, renseignent nos confrères du Daily Monitor.  

 La Tanzanie lance un vaste chantier d’exploration minière  

Le vice-Premier ministre tanzanien, Doto Biteko, a lancé le Forum international sur l’investissement et les minerais, édition 2023. Ce qui engage le gouvernement à allouer des budgets à la recherche qui contribueront à sauver des investissements miniers stratégiques et importants.

Malgré la forte demande de minéraux stratégiques sur le marché mondial, la Tanzanie est toujours aux prises avec le défi de l’information géologique. D’où la décision d’investir dans la recherche. « Cette initiative contribuera à augmenter le nombre de nouveaux domaines d’investissement au bas de l’échelle, à augmenter l’emploi, à stimuler les devises étrangères et à renforcer la contribution du secteur à l’économie », a déclaré M. Biteko.

La conférence a réuni des sociétés internationales de recherche et d’extraction, des négociants miniers, des mineurs artisanaux, des décideurs politiques et des institutions financières. Le directeur des bases de données de l’Agence Géologique (GST), Hafsa Seif, a déclaré qu’ils avaient déjà soumis des demandes de budget au gouvernement central pour le début des explorations. « Nous attendons le Trésor, pour le moment je n’ai pas de chiffres sur le montant du budget que nous avons demandé », a-t-il déclaré. Hafsa a expliqué que les informations actuellement disponibles indiquent la possibilité de trouver de nombreux minéraux stratégiques dans le pays.

D’après Anthony Mavunde, ministre des Mines, le secteur minier contribue à hauteur de 9,1 % et permet de générer plus de 3 milliards USD d’exportations ; soit 56 % de devises, conclut Mwananchi.

RDC : Une nouvelle crise du carburant en vue

La situation du marché des produits pétroliers se dégrade en RDC. Le gouvernement ne paie pas régulièrement les opérateurs économiques. Ces derniers disent travailler à perte et ne savent pas comment renouveler leurs stocks. A Bukavu dans le Sud Kivu comme dans le haut Katanga cette pénurie entraîne déjà la hausse des prix.

Sur les ondes de la radio Okapi, la journaliste Cynthia Bashizi décrypte la situation. Le pays se trouve dans un régime de subventions concernant les prix du carburant, c’est-à-dire que le gouvernement prend en charge une bonne partie du coût du litre à la pompe pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs face à la flambée des produits pétroliers a l’échelle internationale.

A titre illustratif, à Kinshasa, l’Etat rajoute 1 200 francs congolais (FC) sur les 2 995 FC que paie la population pour chaque litre d’essence à la pompe. Le problème est que cet argent en compensation tarde à arriver dans la trésorerie des pétroliers qui accumulent déjà des pertes et un manque à gagner énormes. Dans une correspondance du 11 octobre 2023 adressée au Vice- Premier ministre en charge de l’économie nationale, le groupe des pétroliers a demandé ne serait-ce qu’un paiement partiel pour éviter la catastrophe, explique Mme Bashizi.

Face à cette crise des hydrocarbures qui perdure, le gouvernement se veut toujours rassurant. Le ministre des finances a toujours démenti formellement le prétendu blocage des paiements des pertes et manques à gagner dus aux sociétés pétrolières. Cependant, l’Etat congolais reconnait tout de même une dette de plus de 100 millions USD envers ces sociétés qu’il continuerait de payer selon un plan convenu avec toutes les parties. A en croire les propos de  Vital Khamele, le gouvernement compte publier une nouvelle structure officielle des prix des produits pétroliers pour se rapprocher progressivement des prix d’équilibre. Ce qui permettra de mettre fin à la perte et au manque à gagner dans ce secteur.

Le président des pétroliers dans le Sud Kivu estime qu’il y a urgence de fixer le juste prix à la pompe, car les membres de la corporation enregistrent une perte de 2000 USD par camion. Cela étant, le gouvernement rassure que toutes les dispositions sont prises pour assurer un approvisionnement régulier des produits pétroliers.

Si pour le moment Kinshasa semble être épargnée, la situation devient intenable dans le haut Katanga mais aussi à Bukavu où les transports en commun connaissent une hausse vertigineuse des prix. Attention donc à l’effet papillon, alerte Cynthia Bashizi.  La province du Nord Kivu est aussi touchée par cette pénurie. Par conséquent, le prix du ticket de transport en commun a doublé voire triplé en fonction de le distance. Les taxi-bus font payer 1 000 FC au lieu de 500 FC. Pour les taxis voitures, les tickets passent de 2 000 FC à plus de 4500 FC et les motocyclistes exigent entre 1 500 FC et 3 000 FC par course. Cette crise se généralise vers les prix des denrées alimentaires qui ont considérablement augmenté. Les camionneurs se disent embarrasser par les prix que leur proposent les revendeurs. Il est à noter que depuis vendredi dernier, les opérateurs pétroliers observent un mouvement de grève pour sommer le gouvernement à réviser les prix du carburant, déplorent nos confrères de la Radio Okapi dans l’émission Echos d’économie.

 

Revue de la presse réalisée par Benjamin Kuriyo

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