Plus de 13 ans après qu’un incendie a détruit le marché central de Bujumbura, le gouvernement burundais affirme que le projet de sa reconstruction avance. Les ministres en charge des infrastructures et des finances donnent quelques précisions sur l’état d’avancement du projet et sur le montage financier retenu pour réaliser ce chantier très attendu.
Le marché central de Bujumbura, détruit par un incendie le 27 janvier 2013, pourrait voir sa reconstruction se concrétiser dès le second semestre de 2026.
« Le projet de reconstruction du marché central de Bujumbura n’a pas été abandonné malgré le ralentissement apparent des activités », a assuré Ir. Egide Nijimbere, ministre des Infrastructures, des Logements Sociaux, des Transports et de l’Equipement lors de l’émission publique réunissant les membres du gouvernement, des journalistes et des citoyens, tenue le 11 juin 2026 à Gitega. Selon lui, l’Etat et le secteur privé ont convenu de mettre en place un partenariat pour financer et réaliser les travaux. Du côté de l’Etat, l’investissement sera effectué à travers la Banque d’Investissement pour les Jeunes (BIJE). Les investisseurs privés, quant à eux, interviendront par l’intermédiaire d’une structure dénommée « ADA ».
Ces deux partenaires ont créé une société commune dénommée Ubaka Landmarks chargée de concevoir et de construire le futur marché central de Bujumbura. Le ministre Nijimbere a expliqué que les organes de gouvernance de cette société sont en cours de mise en place. Le conseil d’administration a déjà été constitué et les démarches se poursuivent pour installer le comité de direction qui assurera la gestion quotidienne du projet.
Un investissement public de 15 milliards de BIF
Pour soutenir la réalisation de cet ambitieux chantier, le gouvernement prévoit d’injecter un capital de 15 milliards de BIF. Les fonds mobilisés par l’Etat et les investisseurs privés seront déposés à la Banque Commerciale du Burundi (Bancobu). Leur gestion sera supervisée par l’Agence de Régulation et de Monitoring des Capitaux (ARMC), une mesure destinée à renforcer la transparence et à rassurer les différents partenaires financiers. Le futur marché devrait être construit en neuf phases successives. Les autorités n’ont toutefois pas précisé la durée totale des travaux, se contentant d’indiquer qu’ils s’étaleront sur plusieurs années.
Le ministre en charge des finances, Alain Ndikumana, a pour sa part souligné que la contribution du secteur privé ne se limitera pas aux ressources financières. Les investisseurs apporteront également leur expertise technique dans le domaine de la construction. Afin de garantir le respect des normes et des exigences techniques, l’Etat prévoit de mettre en place une structure de contrôle chargée de surveiller l’exécution des travaux. Selon le ministre, les termes de référence nécessaires à cette mission de supervision sont déjà finalisés de même que plusieurs autres documents préparatoires.
M.Ndikumana a également tenu à rassurer les personnes qui ont investi dans le projet. Il a affirmé que les fonds collectés bénéficient de mécanismes de protection adéquats et qu’aucune irrégularité n’a été constatée dans leur gestion. D’après les chiffres communiqués par le ministre, les ressources déjà mobilisées dépassent actuellement 8 milliards de BIF. Si le calendrier que le ministre a annoncé est respecté, les premières activités de construction pourraient débuter dès le lancement de l’exercice budgétaire 2026-2027 (c’est-à-dire autour de juillet 2026).
Nous vous rappelons que le marché central de Bujumbura a été détruit par un incendie survenu le 27 janvier 2013, plongeant des centaines voire des milliers de commerçants dans la détresse et privant la capitale de son principal centre d’approvisionnement.