Le gouvernement prévoit de recruter 5 000 enseignants au cours de l’année scolaire 2026-2027 alors que les besoins exprimés s’élèvent à 14 330 enseignants, soit un déficit de 9 330 enseignants. Or, l’Unesco estime que les enseignants en début de carrière sont plus susceptibles de quitter la profession que leurs collègues plus expérimentés.
Les enseignants en début de carrière sont plus susceptibles de quitter la profession que leurs collègues plus expérimentés . (Photo ©Thomas Einberger)
Selon les décisions du conseil des ministres du 12 août 2026, le gouvernement prévoit de recruter 5 000 enseignants au cours de l’année scolaire 2026-2027 pour un budget de 17 785 714 286 FBu. Cependant, les besoins exprimés s’élèvent à 14 330 enseignants. Ce qui laisse apparaître un déficit de 9 330 enseignants.
Dans un communiqué de presse publié sur son site et intitulé « Journée mondiale des enseignants : Audrey Azoulay plaide pour une revalorisation du statut des enseignants afin de réduire la pénurie mondiale d’enseignants », l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) souligne que le métier d’enseignant est trop souvent peu attractif.
Cette situation entraîne des difficultés à attirer de nouveaux candidats et une augmentation du taux d’abandon de la profession au cours de la carrière.
Le communiqué indique que les données disponibles montrent que les enseignants en début de carrière sont plus susceptibles de quitter la profession que leurs collègues plus expérimentés. Pour l’Unesco, les premières années de carrière constituent une période particulièrement sensible. Les enseignants débutants ont donc besoin d’un accompagnement et d’un soutien accrus pour faire face notamment à leur charge de travail.
Plusieurs problèmes peuvent peser sur les conditions de travail, notamment le manque de matériel qui alourdit la charge de travail des enseignants, les lourdeurs administratives et la mauvaise gestion scolaire. Ces facteurs peuvent contribuer à une baisse du moral des enseignants.
Le stress constitue également un défi majeur. Les enseignants qui subissent un niveau élevé de stress au travail sont plus de deux fois plus susceptibles de souhaiter quitter la profession, particulièrement au cours des cinq premières années de carrière.
De plus, poursuit le communiqué, les bas salaires rendent également la profession moins attractive. Dans le monde, seul un pays sur deux rémunère les enseignants du primaire au même niveau ou à un niveau supérieur à celui des autres professions exigeant un niveau de qualification comparable.
Les enseignants masculins plus susceptibles de quitter la profession
D’après l’Unesco, les enseignants masculins quittent généralement la profession à des taux plus élevés que leurs collègues féminins.
Cette différence s’explique notamment par le fait que les hommes disposent souvent d’avantages de possibilités professionnelles dans d’autres secteurs et peuvent plus facilement changer de carrière. L’Unesco évoque également les préjugés sexistes, notamment ceux concernant la responsabilité de l’éducation des enfants.
Pour réduire les départs et rendre la profession plus attractive, l’organisation recommande d’investir dans l’amélioration de la formation initiale des enseignants ainsi que dans les programmes de développement professionnel continu. Elle convie également à la mise en place des programmes de mentorat associant des enseignants expérimentés à des enseignants débutants et favorisant la collaboration entre pairs.
L’organisation invite aussi à veiller à ce que les enseignants bénéficient de salaires et d’avantages sociaux compétitifs, notamment par rapport aux autres professions exigeant des niveaux de qualification similaires et des possibilités d’évolution de carrière.
Elle notifie par ailleurs de rationaliser les tâches administratives et la paperasserie afin de permettre aux enseignants de se concentrer davantage sur leur mission d’enseignement et moins sur les tâches bureaucratiques.
L’Unesco recommande aussi de favoriser un équilibre sain entre la vie professionnelle et la vie personnelle en fixant des attentes raisonnables concernant les horaires de travail et en réduisant les charges de travail inutiles.
Elle conseille en outre d’offrir aux enseignants un accès à des services de santé mentale et de conseil afin de les aider à faire face au stress et aux difficultés émotionnelles.
L’organisation insiste enfin sur l’importance d’un leadership scolaire fort et solidaire qui valorise la contribution des enseignants, leur fournit des retours constructifs et favorise un environnement de travail positif.