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Redélimitation de l’espace d’exploitation des tuks-tuks, motos et vélos : Environ 658 980 bénéficiaires touchés

Les usagers des tuks-tuks, des motos et des vélos à usage commercial en mairie de Bujumbura sont estimés à plus de 500 000 personnes par jour. La redélimitation de l’espace d’exploitation de ces engins impliquera le recours des usagers à d’autres moyens de déplacement comme la marche à pied et les bus faisant le transport rémunéré des personnes. L’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) indique qu’elle est en train de se réorganiser pour voir comment desservir la zone interdite. Cela au moment où les experts convient au développement des taxis collectifs    

La mesure de réduire encore une fois l’espace d’exploitation des trois et deux roues a frappé, selon les chiffres du département de transport de la mairie de Bujumbura, plus de 8000 motos, plus de 4275 tricycles et plus de 8124 vélos à usage commercial, soit un total d’environ 20 399 engins. Les conducteurs des tuks-tuks, des vélos et des motos indiquent qu’une moto peut transporter en moyenne 30 personnes par jour, un vélo 20 personnes par jour et un tuk-tuk peut effectuer 30 rotations avec possibilité de transporter 3 personnes. Le nombre total des personnes qui utilisent le vélo par jour est estimé à 162 480, celui des usagers de la moto est estimé à 240 000 tandis que l’effectif quotidien des usagers des tuks-tuks avec une moyenne de transporter 2 personnes par trajet est estimé à 256 500, soit un total de 658 980 personnes.

A cause de la mesure de redélimitation de l’espace d’exploitation des tuks-tuks et des deux roues, des engins sont embarqués dans des camions vers l’intérieur du pays.

Les trois roues et les deux roues alimentent les caisses de l’Etat et font vivre les familles

Célestin Nahimana est conducteur d’un tuk-tuk. Agé de 28 ans, ce père d’un enfant précise qu’il encaisse chaque jour entre 60 mille et 65 mille FBu. Cela avec un salaire mensuel de 150 mille FBu.

« Pour alimenter mon tuk-tuk en carburant, j’achète 9 litres d’essence par jour à 24 mille 300 FBu. Je paie une taxe municipale de 2 mille FBu par trimestre, une assurance de 42 mille 300 FBu par trimestre, les frais de stationnement de 10 mille FBu par mois, un contrôle technique de 60 mille FBu par semestre, l’autorisation de transport de 19 mille FBu par trimestre » certifie-t-il avant de rappeler qu’il se restaure à raison de 5 mille FBu pendant la journée, paie  une ration de 6 mille FBu par jour à sa famille, paie 50 mille FBu pour l’entretien mensuel, 25 mille FBu de frais de location journaliers, 2 mille FBu chaque jour pour le lavage, 1000 FBu pour le parking nocturne du tuk-tuk, 60 mille FBu pour le loyer, 10 mille FBu pour les factures d’eau et d’électricité à la Regideso…

Les recettes générées par la moto avoisinent celles générées par un tuk-tuk. Félicien Bapfekurera est motard. Il informe qu’il encaisse environ 60 mille FBu par jour. Il dit qu’il achète 6 litres d’essence par jour à 16 mille 200 FBu pour l’approvisionnement de sa moto en carburant. Il fait remarquer qu’il paie 2 mille FBu de taxe municipale par trimestre, 5 mille FBu de frais de stationnement par mois, 70 mille Fbu de frais d’assurance par trimestre, 60 mille FBu de frais de contrôle technique par semestre, 19 mille FBu de frais d’autorisation de transport par semestre…

M.Bapfekurera avoue qu’il touche un salaire mensuel de 60 mille FBu. Père de deux enfants, ce trentenaire annonce qu’il se restaure pendant la journée à 5 mille FBu. Il donne une ration de 8 mille FBu par jour à sa famille, paie la location de la moto à 15 mille FBu par jour, un loyer de 50 mille FBu par mois, 10 mille FBu pour les factures d’eau et d’électricité à la Regideso, 2 mille FBu pour le lavage de la moto, 26 mille FBu de frais d’entretien par mois…

Kaleb Nduwimana, un taxi-vélo atteste qu’il paie 2 mille FBu de frais de stationnement. « Je dépense 30 mille FBu par mois pour le loyer, 20 mille FBu pour la ration familiale par semaine », explique-t-il. Et de poursuivre : « Les frais de location par jour se situe entre 1200 FBu et 1500 FBu ».

La mobilité des personnes en mairie de Bujumbura teintée de défis

Lors de l’atelier de validation et de dissémination de l’étude sur la rentabilité du transport en commun en mairie de Bujumbura les jeudi et vendredi 6 et 7 janvier 2022 à Gitega, Marie Chantal Nijimbere, ministre du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme a déclaré que le contexte de la mobilité urbaine dans la ville de Bujumbura connait beaucoup de défis. Ceux-ci ne peuvent trouver des solutions que dans un développement du transport public. Cependant, l’Office du Transport en Commun (OTRACO) qui devrait gérer la mobilité en mairie de Bujumbura, dans sa politique de renouvellement progressif du charroi initiée en 2010, n’a acheté que 5 bus de type « Coaster» de 30 places, 2 minibus de type «Hiace» de 15 places et une camionnette de service. Son charroi vétuste dessert la mairie de Bujumbura et tout le pays. Actuellement, la gestion de la mobilité en mairie de Bujumbura est dominée par les privés.

« L’état des lieux du transport public en mairie de Bujumbura et les principaux obstacles à la rentabilité  du secteur» est un exposé qui a eu lieu lors de l’atelier de validation et de dissémination de l’étude sur la rentabilité du transport en commun en mairie de Bujumbura.  Cet exposé signale l’existence de 209 bus en très bon état en mairie de Bujumbura, de 344 bus en bon état et de 78 bus en mauvais état, soit un total de 631 bus.

Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) témoigne l’existence d’environ mille bus. Il tranquillise que les transporteurs vont fournir des efforts pour desservir les zones interdites aux trois et deux roues. Les experts en transport songent à l’arrivée de nouveaux bus ou au développement des taxis collectifs pour desservir Bujumbura, la capitale économique qui a une population estimée à plus d’un million d’habitants.

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