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Réhabilitation de la RN3 : L’attente se prolonge

Suite à différents contretemps avec l’entreprise chargée d’exécuter les travaux de réhabilitation de la RN3, le gouvernement du Burundi a suspendu le contrat afin de rechercher un autre prestataire capable de mieux exécuter ces travaux. Cette situation n’est pas sans conséquences néfastes pour les usagers de cette route stratégique qui attendent sa réhabilitation depuis 2021.

La lueur d’espoir qu’avait apporté le lancement des travaux de réhabilitation de la RN3, tronçon Gitaza–Rumonge, le 25 novembre 2021 n’a pas duré longtemps.

 

« Le contrat avec SOGEA Satom a été problématique, car l’entreprise avait prévu de construire une route d’un diamètre épais. Etant donné que cette route est très fréquentée par des véhicules lourds, nous avons exigé une augmentation du diamètre. Ainsi, nous sommes passés de 45 km qu’on prévoyait réhabiliter à 30 km pour le même budget. Cependant, seuls 13 km ont été réalisés », a expliqué le ministre des Finances, Alain Ndikumana, en réponse aux questions des élus du peuple le 24 décembre 2025.

Selon le ministre Ndikumana, cette entreprise cherchait à spéculer et à augmenter continuellement les coûts. « Même la BAD qui finançait le projet a commencé à perdre patience, déclarant en substance: “J’en ai assez”, car le coût d’un kilomètre de route au Burundi est sans équivalent ailleurs. Nous avons été donc contraints de suspendre le contrat afin de lancer un nouvel appel d’offres et voir si un autre prestataire pourrait mieux exécuter les travaux », ajoute-t-il.

Un projet face à mille et un défis

En plus de ces spéculations, plusieurs autres défis ont entravé la mise en œuvre des travaux. Le compte rendu du Conseil des ministres du 15 mars 2023 a mis en lumière plusieurs modifications majeures du projet justifiées par les effets du changement climatique, la dégradation de l’environnement et une nouvelle approche axée sur la durabilité des chaussées.

Parmi les facteurs déterminants figurent: la montée du niveau du lac Tanganyika depuis 2019 qui a nécessité l’ajout de travaux portuaires coûteux pour protéger la berge entre Gitaza, Magara et Kagongo sur une longueur de 8 km; l’adoption d’une nouvelle structure de chaussée intégrant une couche supplémentaire, engendrant un surcoût; les glissements de terrain qui ont imposé des travaux de stabilisation; les débordements des rivières ayant conduit à l’agrandissement et à la multiplication des ouvrages hydrauliques et le déplacement onéreux des réseaux de la REGIDESO et de la BBS situés dans l’emprise de la route. A cela s’ajoute une prolongation des délais, ayant entraîné un retard d’environ 12 mois avec un impact financier significatif. A la fin du mois de février 2023, l’avancement global des travaux n’était que de 15,5 % alors que 75 % du délai contractuel avait déjà été consommé.

Les usagers en paie un lourd tribut

La lueur d’espoir qu’avait apporté le lancement des travaux de réhabilitation de la RN3, tronçon Gitaza–Rumonge, le 25 novembre 2021 n’a pas duré longtemps. Grâce à son caractère stratégique, cette route allait faciliter les échanges commerciaux entre le Burundi et la Tanzanie, mais aussi la circulation des biens et des personnes au niveau local. Cela fait un bout de temps que les travaux sont à l’arrêt. La situation ne fait que s’aggraver sur certains tronçons, notamment pendant la saison des pluies. Pour un déplacement en voiture entre Bujumbura et Rumonge, distants d’environ 70 km, il faut désormais compter près de 4 heures. De ce fait, la plupart des passagers préfèrent emprunter la RN7 puis la RN16, bien que cette alternative soit plus longue. Cette situation entraîne une explosion des coûts de transport sur cet axe et compromet les échanges commerciaux sur cette route.

Rappelons que ces travaux sont financés par la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement du Burundi à hauteur d’environ 66 millions de dollars. Le groupement des entreprises SOGEA Satom et Getra avait été chargé de réhabiliter ce tronçon, avec un délai d’exécution initialement fixé à 24 mois.

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