C’est le 17 août 2022 que l’échange de notes pour le don de 15000 tonnes de riz accordé par le Japon au Burundi a été signé entre le ministre burundais des Relations Extérieures A. Albert Shingiro et Masahiro Imai, Ambassadeur du Japon au Burundi. Cependant, un soutien plus technique et financier permettrait au Burundi d’accroître sa production de riz qui laisse toujours à désirer
Alors que le Japon et le Burundi célébraient leurs relations diplomatiques déjà vieilles de soixante ans, le Japon a choisi de marquer cette amitié par un don de riz. Le pays de l’Extrême Orient a accordé au Burundi un don de 1500 tonnes de riz. Ce qui équivaut à plus de 2 millions de dollars USD. Masahiro Imai, ambassadeur du Japon au Burundi, rappelle que la coopération de son pays avec le Burundi ne date pas d’hier. Selon lui, « les relations d’amitié, de fraternité, de coopération et de solidarité entre le Burundi et le Japon » sont vieilles de 60 ans. Selon Albert Shingiro, ministre en charge des relations diplomatiques, cette quantité de riz dont il estime la valeur à 4,5 milliards de FBu sera vendue. « Dès son arrivée au Burundi, ce riz sera vendu et l’argent issu de cette vente sera affecté aux activités de développement dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage », a encore fait savoir le ministre Albert Shingiro.
Le Burundi a fortement besoin d’un soutien financier et technique pour produire plus de riz.
Reprenant les propos de l’ambassadeur du Japon au Burundi, le site du ministère burundais des Affaires Etrangères souligne : « Les revenus de la vente de ce riz peuvent être utilisés pour des initiatives de développement socio-économiques auxquelles le Burundi attache une grande importance ». En effet, ces derniers temps, le prix du riz est parti en hausse. A Bujumbura, le prix d’un kg de riz de dernière qualité localement produit est actuellement de 3000 FBu en moyenne. Ceci alors que le prix d’un kg de cette denrée-là plus demandée dans le milieu urbain était autour de 2700 FBu. Les ménages à revenus moyens voient leur coût de la vie s’alourdir et leurs ressources s’amenuiser dans un contexte où l’inflation est devenue incontrôlable. Si la quantité promise était mise sur le marché local, cela permettrait sans doute de stabiliser voire de revoir à la baisse le prix d’un kg de cette denrée.
Et si l’appui était centré sur l’augmentation de la production ?
Le Burundi a fortement besoin d’un soutien financier et technique pour produire plus de riz. Alors que ce pays veut faire de l’agriculture le fer de lance de son économie, l’augmentation de la production du riz est une des priorités de cette politique. Des efforts louables sont consentis dans ce domaine, mais les défis à relever restent toujours immenses. Le soutien technique est souhaitable pour augmenter considérablement la production du riz.
Les responsables de la Société Régionale de Développement de l’Imbo (SRDI), une institution de l’Etat chargée de l’accompagnement des producteurs du riz dans la plaine de l’Imbo le confessent. Selon Ir Félix Habonimana, Directeur Général de la SRDI, l’irrigation reste une problématique notoire. Alors qu’il répondait aux questions d’un reporter de Burundi Eco en juillet 2022, cette autorité a mentionné le dysfonctionnement de la quasi-totalité des barrages hydro-agricoles. Il donnera l’exemple de la destruction du barrage de Gatura en commune de Gihanga qui aurait influé sur la hausse du prix du riz. En effet, les riziculteurs de cette localité produisant une grande quantité de riz n’ont pas pu aménager leurs rizicultures pendant l’été de 2021. La quantité de riz mise sur le marché a donc chuté. Habonimana affirme que l’été est marqué par l’insuffisance de l’eau pour irriguer toute la superficie rizicole disponible.
Un des pays reconnus dans le monde pour son expérience dans la modernisation de la culture du riz, le Japon a préféré offrir au Burundi du riz. Or, « quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui offrir un poisson », dit Conficius, un sage Chinois. Dans sa coopération économique avec le continent africain, le Japon envisageait en 2019 de soutenir le continent pour doubler sa production de riz. Au Burundi, le pays du Soleil Levant s’est engagé à soutenir le développement via trois domaines dont l’agriculture, les infrastructures de transport et les services sociaux de base.