A l’approche de la rentrée scolaire prévue lundi le 15 septembre 2025, les familles burundaises se disent de plus en plus préoccupées par la flambée des prix du matériel scolaire. Dans les marchés de Bujumbura comme dans d’autres localités du pays, les cahiers, uniformes et fournitures diverses coûtent sensiblement plus cher que l’an dernier. Une hausse qui complique la préparation de la rentrée pour de nombreux ménages déjà fragilisés par un contexte économique déjà tendu.
Les prix du matériel scolaire n’ont jamais été aussi élevés qu’aujourd’hui.
Dans les marchés de la capitale économique (Bujumbura), notamment à Ruvumera ou au Bujumbura City Market (chez Sion), etc., les prix des cahiers ont connu une forte augmentation. Une douzaine de cahiers de 100 pages, de qualité ordinaire, qui coûtaient moins de 30 000 FBu en 2024, se négocient aujourd’hui autour de 35 000 FBu. En moyenne, le prix unitaire atteint 3 000 FBu, un montant jugé exorbitant pour des parents devant équiper plusieurs enfants à la fois.
Les autres formats ne sont pas épargnés. Un cahier de 60 pages se vend désormais entre 2 200 et 2 500 FBu, celui de 48 pages à 2 000 FBu, celui de 36 pages autour de 1 500 FBu et le plus petit de 24 pages entre 1 000 et 1 200 FBu. Même les cahiers de dessin ou de calligraphie, souvent jugés secondaires, affichent une hausse et s’achètent autour de 1000 FBu la pièce ou davantage. A cela s’ajoute le prix des fournitures annexes : un lot de dix couvertures coûte 2 000 FBu, une latte 1 500 FBu, tandis que la boîte mathématicale est passée de 3 000 à 3 500 FBu.
L’achat des uniformes pèse également lourd sur le budget des ménages. Le célèbre uniforme « kaki », porté par la majorité des élèves burundais, s’achète en moyenne à 20 000 FBu. Mais pour les tailles plus grandes, le prix peut atteindre 30 000 FBu. Quant aux cartables, ils se négocient désormais entre 25 000 et 35 000 FBu, certains modèles dépassant même cette barre. « Nous devons en même temps préparer les semis de la saison culturale 2026 A et trouver de quoi envoyer nos enfants à l’école. Cela devient de plus en plus difficile », confie une mère de famille de Gatumba croisée au marché de Ruvumera, visiblement partagée entre les dépenses agricoles et scolaires.
Que l’Etat intervienne !
Pour de nombreux parents, la situation est devenue insoutenable. « Avec cinq enfants à équiper, acheter les cahiers, les uniformes et les cartables devient un véritable casse-tête », témoigne un jeune père rencontré près de l’ancien marché central de Bujumbura. Beaucoup appellent l’Etat à intervenir pour réguler les prix du matériel scolaire et alléger la charge financière des ménages. Selon eux, une action rapide permettrait d’éviter que certains enfants ne soient exclus de la rentrée par manque de matériel de base.
Les commerçants, de leur côté, se défendent. Ils expliquent que la flambée des prix des matériels scolaires est liée à une hausse des prix d’approvisionnement et à des difficultés de transport provoquées par la pénurie de carburant qui persiste depuis plusieurs mois. Ces contraintes, affirment-ils, les obligent à répercuter les coûts sur les consommateurs.
A mesure que la date de la rentrée approche, les marchés connaissent une affluence croissante. Les parents affluent, souvent accompagnés de leurs enfants, pour acheter ce qui est à la portée de leurs bourses, même si beaucoup avouent ne pas être en mesure de réunir toutes les fournitures nécessaires. Pour ceux qui ont trois, quatre ou cinq enfants scolarisés, le budget peut facilement dépasser plusieurs centaines de milliers de francs burundais, un effort jugé insoutenable dans le contexte économique actuel.
Face à cette situation, les attentes restent claires. Les familles réclament un suivi rigoureux des prix pratiqués sur les marchés et plaident pour des mécanismes de soutien aux ménages les plus vulnérables. Car au-delà des chiffres, il y a un enjeu essentiel : garantir à chaque enfant burundais le droit d’accéder à l’éducation, malgré une conjoncture économique marquée par la cherté de la vie.