Deux mois après l’interdiction de la consommation des viandes suite à l’épizootie de la fièvre de la vallée du Rift, l’abattage des animaux a repris mercredi le 03 août 2022. Les consommateurs de la viande se réjouissent. Toutefois, une hausse des prix s’invite dans différents marchés en mairie de Bujumbura. Reportage
Nous sommes jeudi, le 04 août 2022 à l’abattoir de Bujumbura. A 8 h du matin, les bouchers sont en plein action. Des dizaines de vaches sont en train d’être abattues. Le constat est que les vaches à abattre sont encore moins nombreuses comparativement à d’autres périodes en temps normal. Les bouchers qui opèrent normalement à cet abattoir n’ont pas tous eu du travail ce jour. Le nombre d’animaux à abattre est encore infine. Selon des sources sur place, les vaches qui sont en train d’être abattues proviennent des environs de la mairie de Bujumbura, notamment de la province de Bujumbura. « Normalement, les animaux à abattre à cet abattoir proviennent des marchés de l’intérieur du pays, notamment de Gitega, de Ngozi, de Kayanza et de Makamba. « Les commerçants s’approvisionnaient les lundis au marché de Gitega, les mercredis au marché de Ngozi, les jeudis au marché de Mabanda en province Makamba et les vendredis au marché de Kayanza », nous informe un commerçant des animaux avant d’ajouter : «Actuellement, les marchés des bétails sont encore fermés. Les commerçants cherchent des animaux dans des ménages. Ce qui nécessite un temps additionnel».
Au moment où le prix officiel d’un kilo de viande dite « Umusoso » est de 13 mille FBu, il fallait avoir une somme de 18 000 FBu pour s’en procurer au marché Chez Sion.
« Nous n’avons pas eu les effectifs projetés »
Selon les données recueillies à la Société de Gestion de l’Abattoir de Bujumbura (SOGEAB), 25 vaches ont été abattues mercredi lors de la première journée de la reprise de l’abattage des animaux. Cela, au moment où au moins 50 vaches étaient abattues avant l’apparition de l’épizootie de la fièvre de la vallée du Rift. Pour ce 04 août 2022, jusqu’à 10 h, 40 vaches étaient déjà abattues.
Pour les chèvres, 52 ont été abattues mercredi le 03 août au moment où une moyenne de 100 têtes sont tombées par jour auparavant.
«Nous n’avons pas eu les effectifs projetés. Nous nous attendions à ce que ce soit comme le jour de la fête du mouton, mais ça n’a pas été le cas». A la SOGEAB, ils espèrent que les lendemains seront meilleurs.
Des spéculations s’invitent dans la partie
Le prix de la viande dans certains marchés de la ville de Bujumbura varie différemment. D’abord, le constat est que les viandes n’y sont pas encore en grandes quantités. C’est le cas du marché Bujumbura City Market dit « Chez Sion » où une grande partie de l’espace destiné à la vente de la viande est vide.
Dans ce marché, au moment où le prix d’un kilo de viande dite « Umusoso » était plus ou moins 13 mille FBu avant l’interdiction de la consommation de la viande, il fallait avoir plutôt une somme de 18 000 FBu pour s’en procurer. Un kilo de la viande de la seconde qualité « Cangacanga » s’achète à 15 mille FBu. Pourtant, on a appris à l’abattoir de Bujumbura que les agents de la Mairie étaient venus pour imposer de ne pas dépasser 14 mille FBu par kg pour la viande « Umusoso » et 12 mille FBu pour la viande « Cangacanga ». Très remontés, certains clients partaient sans même acheter. « Un kilo à 18 mille FBu c’est trop pour moi. Je n’ai que 14 mille FBu sur moi », se lamente une femme venue chercher de la viande.
Néanmoins, un léger mieux s’observait au marché de Ngagara II dit « Cotebu ». A ce marché, un kilo de la viande « Umusoso » s’achetait à 15 mille FBu au moment où un kilo de Cangacanga s’achetait à 12 mille FBu.
Concernant la hausse des prix, les commerçants arguent qu’ils indexent les prix de la viande aux coûts de transport qui ont augmenté suite à la pénurie du carburant qui s’observe le Burundi.