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RN3 : un trajet à haut risque entre Bujumbura et Rumonge

La Route Nationale numéro 3 est aujourd’hui dans un état de dégradation alarmant, mettant en danger les usagers. Entre nids-de-poule, flaques boueuses et passages périlleux le long du lac Tanganyika, chaque trajet devient un véritable défi pour les conducteurs et les passagers.

La RN3 est en mauvais état de Bujumbura à Rumonge.

 

La Route Nationale numéro 3 (RN3) qui relie Bujumbura à Rumonge et se prolonge jusqu’à Nyanza, est aujourd’hui dans un état de dégradation alarmant compromettant sérieusement la circulation. Longue de près de 73 kilomètres entre Bujumbura et Rumonge, cette route, jadis asphaltée, est devenue un véritable parcours du combattant pour les automobilistes et les passagers.

Pour constater l’ampleur des dégâts, un journaliste de Burundi Eco a effectué le trajet Bujumbura-Rumonge pendant la dernière semaine de janvier 2026. Le départ se fait généralement depuis le marché de Kinindo où la majorité des voyageurs empruntant ce trajet prennent les bus. Dès les premiers kilomètres, la RN3 montre des signes préoccupants : des nids-de-poule parfois remplis d’eau boueuse forment des obstacles constants qui obligent les véhicules à ralentir et à manœuvrer avec prudence.

A mi-chemin, la situation se détériore encore. Après les pluies, de véritables flaques et ornières rendent la route presque impraticable. La RN3 longe en grande partie le lac Tanganyika, parfois à moins de trois mètres du rivage. Ce qui ajoute une dimension dangereuse et anxiogène pour les passagers. Les véhicules doivent esquiver les trous remplis d’eau et négocier des passages étroits, parfois en se déportant complètement à gauche ou à droite selon l’état de la chaussée. Lorsque deux véhicules se croisent, l’un doit souvent s’arrêter pour laisser passer l’autre, transformant chaque rencontre en un moment de tension.

« A vrai dire, quand on passe pour la première fois sur cette route, on ne peut pas rester serein », confie une jeune passagère assise près de la fenêtre. « Tantôt, on a peur que le véhicule glisse, mais surtout, on craint de tomber dans le lac Tanganyika à la moindre erreur du chauffeur. », ajoute-t-elle.

La route qui fait douter tout le monde

Même les conducteurs professionnels des transports en commun admettent que cette route est difficile et dangereuse, mais ils n’entrevoient aucune alternative. Certains propriétaires de véhicules de promenade préfèrent éviter ce trajet à tout prix, craignant des pannes fréquentes ou des dommages éventuels. « Comme mes pneus sont petits et peu adaptés à une route en mauvais état, je préfère prendre le transport en commun plutôt que de risquer ma voiture », explique le prénommé Jérôme, rencontré dans un bus effectuant le trajet Bujumbura – Rumonge.

La situation reste la même sur l’ensemble du trajet jusqu’aux abords de Rumonge, où un court tronçon partiellement asphalté offre enfin un répit temporaire aux usagers. Mais pour le reste du parcours, même en plein centre-ville, la route demeure dangereusement dégradée.

Cette situation perdure alors que les promesses de modernisation de la RN3 se multiplient depuis plusieurs années. Les autorités locales et nationales annoncent régulièrement des projets de réhabilitation de cette voie, mais les travaux peinent à se concrétiser. En attendant, les habitants et les voyageurs continuent de s’exposer quotidiennement aux risques, oscillant entre ralentissements et passages périlleux le long du lac.

Pour de nombreux Burundais, la RN3 n’est plus seulement une route. Elle est également un symbole des infrastructures négligées, de la fragilité des transports et de la patience mise à rude épreuve pour se déplacer entre les principales villes du Sud-Ouest du pays. Tant que les travaux de réhabilitation de cette route ne seront pas réalisés, elle restera un parcours périlleux, où chaque trajet constitue un véritable défi pour les conducteurs et les passagers.

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