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RN3 : une route nationale en ruine

La Route Nationale numéro 3, le tronçon se trouvant dans la commune Mugere, est dans un état de délabrement critique. Les usagers dénoncent l’inaction des autorités malgré les promesses répétées de réhabilitation. Un projet de réhabilitation est prévu, mais les attentes restent vives.

La RN3 est envahie par des nids-de-poule, certains très profonds, rendant la circulation particulièrement dangereuse, surtout en saison des pluies.

La Route Nationale numéro 3 (RN3) est dans un état de dégradation avancée, notamment sur le tronçon situé entre la rivière Mugere et l’Université Lumière de Bujumbura, campus Kinindo. Sur cette portion, rien ne laisse penser que la route ait un jour été asphaltée. Elle est envahie par des nids-de-poule, certains très profonds, rendant la circulation particulièrement dangereuse, surtout en saison des pluies.

Des chauffeurs à bout de patience

Les usagers de cette route vivent un véritable calvaire. Un chauffeur de transport rémunéré des personnes, interrogé sur place, s’étonne qu’une route dite « nationale » puisse être dans un tel état et trouve que cela constitue une honte pour le pays. Il regrette également que cette route endommage les véhicules qui l’empruntent. « Nous sommes obligés de les amener constamment au garage. Ce qui nous coûte une fortune en peu de temps. A défaut de mieux, ils pourraient au moins y faire passer une niveleuse comme cela se faisait autrefois », suggère-t-il.

L’impraticabilité de cette route a un impact direct sur les coûts de déplacement. Le même chauffeur affirme que si cela ne dépendait que de lui, il éviterait complètement cette route tant qu’elle ne sera pas réhabilitée. « Normalement, le trajet entre Ruziba et le centre-ville devrait prendre moins de 30 minutes si la route était praticable. Aujourd’hui, il faut plus de deux heures avec des risques de panne et une consommation excessive de carburant », déplore-t-il.

Des trajets rallongés et coûteux

Face à cette situation, les usagers expriment leur désarroi. Malgré de nombreuses promesses de réhabilitation, rien n’a encore été concrétisé. « Cela fait longtemps qu’on nous promet des travaux de réhabilitation, mais rien ne se passe. Même maintenant, on parle d’un projet imminent, mais nous n’y croyons plus », confie un autre usager. Il affirme ne plus rien attendre de l’Etat et place plutôt ses espoirs dans un bienfaiteur local qui, de manière bénévole, tente de réparer certains tronçons. « Sans lui, cette route serait totalement impraticable », reconnait-il.

Ce bienfaiteur s’efforce de combler les nids-de-poule en y déposant des pierres et a déjà réparé plusieurs sections. Toutefois, ses moyens étant limités, les réparations ne tiennent que quelques jours avant que la route ne se détériore à nouveau.

Rappelons qu’il y avait un projet de construction d’une route de contournement de la ville de Bujumbura coordonné par le Corridor Central, qui partirait du rond-point Chanic (carrefour RN4-RN5), longerait les berges du lac Tanganyika et rejoindrait la RN3 qui était prévu entre 2023 et 2025. Longue de plus de 15 km, cette voie visait à améliorer la connectivité régionale. Elle devrait également désengorger la ville de Bujumbura en canalisant le trafic lourd hors du centre urbain.

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