Plusieurs élèves en vacances ont été engagés dans la fabrication des briques sur le site de Mutambara. Ils fréquentent les briqueteries pour gagner de l’argent afin de s’acheter le matériel scolaire. Les parents s’en réjouissent alors que les responsables scolaires craignent la flambée des cas d’abandons
Les grandes vacances battent leur plein. Cette période est cruciale pour permettre à l’enfant de préparer la prochaine année scolaire. Il a besoin d’une période de détente pour rafraîchir sa mémoire et d’ailleurs cela figure parmi les droits de l’enfant. Cependant, au sein des familles démunies, les écoliers se débattent pour gagner quelques sous. La rédaction vous amène à la découverte des métiers exercés par les élèves en vacances.
Sur le site de Kagoti de la colline de Mutambara en commune de Rumonge, des centaines d’élèves travaillent dans plusieurs briqueteries. Beaucoup d’entre eux indiquent provenir des familles pauvres et se font engager comme fabricants de briques pour avoir de l’argent et enfin pouvoir se payer les frais scolaires et le matériel scolaire.
Leur travail consiste à fabriquer les briques adobes. Par la suite, ils procèdent à la cuisson des briques dans des fours. Une fois le travail achevé, ils sont rémunérés par les propriétaires de ces fours.
Le travail des enfants est prohibé. Malheureusement, les chantiers grouillent d’enfants de bas âge.
Une main d’œuvre moins onéreuse et dynamique
Juma Ruhuzo, un des propriétaires des fours à briques sur ce site se réjouit du travail abattu par les élèves en vacances car, ils sont moins chers et très dynamiques.
De plus, ils s’impliquent dans le métier. Pour le moment, les demandes des élèves qui veulent intégrer le chantier s’accumulent. Ces derniers souhaitent gagner quelques sous pour acheter des uniformes et autres matériels scolaires. «Les parents nous harcèlent pour embaucher leurs enfants dans cette activité, surtout les enfants issus des familles démunies », fait-il savoir.
Plus d’encadrement des jeunes en vacances
Un autre parent demande aux autorités administratives d’encadrer les enfants qui sont sur ce site en formation patriotique, surtout les heures d’après-midi. Il suggère la planification des activités sportives pour avoir un corps sain et pouvoir aborder l’année scolaire suivante étant en forme.
Une mère attentionnée appelle à la responsabilité des propriétaires des fours à briques. Le travail des enfants est prohibé. Malheureusement, les chantiers grouillent d’enfants de bas âge. Ils puisent de l’eau pour malaxer la boue ou ramassent les briques sèches. Ce qui enfreint la loi, dénonce-t-elle.
Les briqueteries, une des causes des abandons scolaires ?
Un des responsables scolaires au sein de la Direction Communale de l’Enseignement regrette que certains élèves des écoles proches de cette localité abandonnent l’école au niveau de l’école fondamentale. Ils quittent l’école pour aller chercher du travail au niveau des briqueteries.
Il demande aux propriétaires des fours à briques de ne plus embaucher les élèves au cours de l’année scolaire. Et de les chasser en cas de besoin.
Notre interlocuteur lance un appel vibrant aux autorités scolaires pour qu’ils collaborent avec les autorités administratives à la base dans le découragement du flux des élèves vers les briqueteries, les unités de transformations de l’huile de palme, la pêche ou encore le commerce ambulant.
L’autre bémol est lié à la dégradation de l’environnement. La cuisson des briques est énergétivore. Les ouvriers utilisent du bois de chauffage. Ce qui exerce une pression croissante sur la réserve naturelle de Kigwena. La coupe illicite des arbres devient monnaie courante d’après les témoignages des populations riveraines des aires protégées.
Signalons que les briques dont on se sert pour construire les maisons dans la ville de Rumonge proviennent du site de Kagoti qui se trouve sur la colline de Mutambara.