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Rumonge: combattre la politisation de l’éducation

Pour la deuxième année consécutive, la province de Rumonge occupe la dernière position par rapport aux résultats du concours national. Ainsi, le nouveau gouverneur a organisé une réunion de haut niveau à  l’endroit de toutes les parties prenantes. Burundi Eco revient sur les clauses de cette rencontre

Enseignants, autorités scolaires, parents, natifs, confessions religieuses, autorités administratives, syndicats des enseignants et partenaires de l’éducation étaient réunies autour du gouverneur de la province  ce mardi 18 août. C’était dans le but d’identifier les défis qui minent ce secteur de l’éducation afin d’arrêter des stratégies pour y faire face. Procédant a l’ouverture de la réunion, Consolateur Nitunga, gouverneur de la province de Rumonge a demandé aux participants d’identifier sans faux fuyants les problèmes qui minent ce secteur et de proposer des voies de sorties.

Il a souligné que la province de Rumonge devrait être classée première compte tenu de ses potentialités économiques et de la quantité et de la qualité des  ressources humaines affectées à ce secteur.

La qualité de l’enseignement se dégrade

Deux conférenciers qui ont fait des présentations au cours de cette réunion ont insisté sur la qualité de l’éducation dans les écoles. Ils ont surtout insisté sur l’encadrement pédagogique et administratif d’une école et l’implication de tous les partenaires pour un bon encadrement.

Certains participants à la réunion ont pointé du doigt le problème de politisation de l’éducation qui fait que les résultats aux examens de fin de cycle soient médiocres.

Ils ont demandé aux enseignants de relever le niveau du français dans nos écoles, car le niveau a baissé alors que c’est la langue d’enseignement. Ils ont recommandé également que les promotions, les recrutements et l’émulation tiennent compte du mérite, de la compétence et du dévouement afin de promouvoir une éducation de qualité. Les directeurs des écoles et les préfets des études doivent faire un encadrement pédagogique au quotidien et les communes doivent appuyer le secteur de l’éducation.

Une ingérence politique décriée !

Certains participants à la réunion ont pointé du doigt le problème de politisation de l’éducation qui fait que les résultats aux examens de fin de cycle soient médiocres. Ils ont soulevé le fait que certains directeurs sont incompétents, car ils ont été nommés sans tenir compte du mérite, de la compétence et du dévouement mais suivant  des motifs subjectifs dont l’appartenance à un parti politique ou autre considération.

Ils ont aussi pointé du doigt des responsables scolaires laxistes, les enseignants qui ne résident pas près de leur poste d’attache. Ce qui occasionne des retards, des absences et une absence d’encadrement des écoles. Les recyclages pour les enseignants ont été recommandés car il a été relevé que certains enseignants n’ont pas le bagage requis pour mieux dispenser tel ou tel cours.

L’émulation a été recommandée pour amener les élèves, les enseignants et les écoles à être compétitifs lorsqu’ ils passent un même test ou examen au niveau de la province.

Il a été recommandé que chaque trimestre, une réunion  similaire puisse se tenir pour relever certains défis qui persistent en vue d’améliorer la qualité de l’éducation.

Une première à saluer

Mme Neema Ndayishimiye,  directrice du bureau de la planification et des statistiques au ministère de l’Education qui avait représenté le ministre de l’Education a salué l’initiative  des autorités administratives et scolaires d’organiser cette réunion des états généraux de l’éducation sans faux fuyants pour faire face aux défis qui minent ce secteur. Elle a précisé que cela constitue une première, car c’est la première province qui organise une telle réunion et a invité d’autres provinces à lui emboîter le pas à la province de Rumonge.

Elle  a tenu à rappeler que le ministère ayant l’éducation dans ses attributions a organisé les Etats généraux de l’éducation au niveau national en 2014. Elle a apprécié la qualité des échanges et espère que cette province va quitter la dernière place grâce aux efforts conjugués de tous les partenaires de l’éducation.

Signalons que la province de Rumonge occupe la dernière place sur les 18 provinces que compte le pays par rapport aux résultats du concours national, édition 2020  avec un taux de réussite de 50%.

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