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Rumonge : des femmes vulnérables se battent pour leur survie

La vente des draps brodés est en vogue dans la ville de Rumonge. Beaucoup de femmes gagnent leur vie grâce à ce business. Cependant, elles déplorent le manque de stands au marché de Rumonge. Elles exercent au bord de la rue  près du port de Rumonge et demandent à la commune d’aménager un endroit où elles pourront vendre ces draps à l’abri du soleil et de la pluie 

Lorsque vous empruntez la route qui  mène vers le port de Rumonge vous apercevez des femmes qui vendent des draps  sous un soleil de plomb. Elles négocient avec leurs clients tout en espérant écouler deux ou trois paires.

Les conditions socioéconomiques de ces femmes ne sont pas reluisantes. Ce sont surtout des veuves, des divorcées,  des filles-mères, des rapatriées et des prostituées qui se rabattent sur le commerce des draps pour survivre. Ce business leur permet de générer des revenus pour   subvenir aux besoins de leurs familles.

Elles indiquent qu’elles achètent des tissus qu’elles essaient de broder pour les embellir.

Asha Niyuhire, vendeuse : « Nous travaillons dans des conditions difficiles ».

Des draps « taillés sur mesure »

Asha Niyuhire, une veuve quadragénaire indique qu’elle exerce ce commerce depuis 7 ans. Elle parvient à payer les frais scolaires pour ses enfants sans quémander. Elle témoigne  que beaucoup de gens préfèrent les draps brodés par rapport aux draps vendus dans les magasins, car ils ont un bon look et ils sont assez solides.

La gamme des clients est diversifiée. Ce sont les Burundais, les Tanzaniens et  les Congolais qui achètent ces draps.  C’est la raison pour laquelle le commerce de ces draps se concentre aux alentours du port de Rumonge. L’autre avantage est que les draps brodés coûtent moins chers par rapport aux draps vendus dans les magasins. Ces draps ont des couleurs multiformes et chacun client choisit la couleur qui lui convient indique la même source.

Ces braves femmes sont de vrais artisans. Elles excellent dans la confection des draps personnalisées.  A la demande du client, elles reproduisent des dessins sur les draps selon le choix et le goût de celui-ci.

Les clients apprécient les draps brodés pour leur qualité.

Des conditions de travail précaires

Béatrice Manariyo, une femme divorcée vendeuse de draps brodés indique que les vendeuses de ces draps travaillent dans un environnement difficile, car elles n’ont pas de stands dans le marché central.

Elles exposent leurs produits à même le sol sous un soleil de plomb pendant la saison sèche et sous la pluie pendant la saison des pluies. Ce qui altère la qualité de leurs produits.

Elle demande à l’administration communale d’aménager un endroit facilement accessible où les vendeuses de draps brodés pourront vendre leurs  produits à l’aise.

L’autre doléance pour Mme Manirayo concerne la réouverture de la frontière de Rumonge afin de vendre plus. Elle invite les associations impliquées dans l’autonomisation financière de la femme à organiser des réunions d’échange pour mieux planifier ces activités génératrices de revenus.

Migration vers le secteur formel

Contacté Jérémie Bizimana, administrateur communal de Rumonge indique que la commune peut aménager un endroit où elles peuvent vendre leurs draps brodés. En retour, ces femmes devront payer la taxe communale car, jusqu’à présent, ces femmes vendeuses ne s’en acquittent pas la taxe commune, car elles sont considérées comme des personnes faisant le commerce ambulant. Cette autorité communale encourage ces femmes à travailler dans la légalité et se regrouper dans des associations pour une meilleure collaboration avec l’administration locale.

Signalons que les vendeuses de draps brodés sont estimées à une centaine et que leur effectif ne cesse d’augmenter.

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