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Rumonge : la réintégration des sinistrés pose problème

Les victimes de catastrophes naturelles relogées dans le village de Mayengo en commune de Rumonge éprouvent d’énormes difficultés. Ils n’ont pas d’accès aux terres cultivables. En outre, les moyens restent limités pour exercer des activités génératrices de revenus. A cela s’ajoute le projet d’électrification de ce village qui tarde à se concrétiser   

Depuis 2018, le village de Mayengo héberge 134 ménages qui habitaient les sites de Cashi et Gitaza respectivement dans les communes de Bugarama et Muhuta. Il est situé à 90 km de la capitale économique Bujumbura, fait savoir Rémy Bitariho, chef du village de Mayengo.

Ces ménages ont été délocalisés suite aux glissements de terrain et aux inondations survenus sur leurs collines en 2016. Ils sont obligés de vivre les sites de déplacés climatiques, car elles avaient perdu leurs logements ainsi que leurs propriétés foncières, souligne la même source.

Les victimes cohabitent actuellement avec une quarantaine de ménages de vulnérables locaux dans ce village. Ce qui porte à 174, l’effectif des ménages qui occupent ce village, détaille M. Bitariho.

La province de Rumonge reste vulnérable face aux effets du changement climatique. Elle compte de nouvelles victimes des catastrophes naturelles qui nécessitent d’être délocalisées.

Des terres cultivables pour survivre

N.A, une veuve résident dans ce site indique qu’elle mène une vie misérable avec ses 3 enfants. Elle manque de tout. Elle n’a plus accès à la terre pour nourrir ses enfants. « Il est pratiquement impossible de me déplacer jusqu’à Gitaza en commune de Muhuta à 70 km pour exploiter le lopin de terre qui reste », déplore-t-elle.

Cette victime indique que le Gouverneur sortant de la province de Rumonge leur avait promis des terres cultivables pour faciliter leur réintégration, mais que cette promesse n’a pas été honorée. Elle demande au nouveau gouverneur de se pencher sur ce cas afin d’assurer une bonne réintégration des victimes des catastrophes naturelles qui ont tout perdu.

Elle supplie également d’autres partenaires, y compris les confessions religieuses pour appuyer les victimes des catastrophes naturelles via la création des activités génératrices des revenus. Le ministère en charge de la solidarité devrait continuer la distribution des aides alimentaires aux familles les plus vulnérables.

Une cantine scolaire s’avère nécessaire

H.B, un chef de famille victime de glissements de terrain soulève le problème de scolarisation de leurs enfants. Ils ne parviennent pas à suivre les leçons en classe comme les autres. Le village est en proie à l’insécurité alimentaire. On ne peut pas philosopher quand le ventre est vide, dit-on.

Il demande qu’une cantine scolaire soit installée à l’école pour permettre à leurs enfants de suivre les cours sans problème. Le directeur provincial de l’enseignement devrait plaider pour que ce projet soit concrétisé.

Des AGRs pour l’autonomie financière de la femme

S.A, une fille-mère résident dans ce village indique qu’elle vit le calvaire suite au manque d’emploi.  Avant que les catastrophes naturelles touchent leur site, elle vendait le poisson à son domicile. Pour le moment, elle n’a plus de mais aujourd’hui capital pour relancer cette activité. Elle sollicite le concours des autorités pour appuyer dans la création des activités génératrices de revenus. Le ministère ayant la solidarité dans ses attributions devrait nous aider pour accéder à des micro-crédits en vue d’aspirer à l’autonomisation financière de la femme.

Le chef de village de Mayengo demande que le projet d’électrification de ce village s’accélère. Il reste optimiste que cette initiative va favoriser la réalisation de petites activités nécessitant le courant électrique dans ce village.  De cette manière, les jeunes peuvent améliorer leurs conditions de vie.

Des poteaux et des fils électriques ont été installés dans ce village. Il reste l’installation d’un transformateur. Consolateur Nitunga, gouverneur de la province de Rumonge, les appelle à la patience. Il nous a fait savoir que le gros du travail a été effectué par la Regideso. Cette autorité promet de continuer à chercher des bienfaiteurs pour connecter les maisons aux câbles électriques.

La province de Rumonge reste vulnérable face aux effets du changement climatique. Elle compte de nouvelles victimes des catastrophes naturelles qui nécessitent d’être délocalisées. La majorité de ces victimes ont souffert de la montée du niveau des eaux du lac Tanganyika.

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