Les chauffeurs des bus de transport assurant la liaison Bujumbura-Rumonge ont suspendu leurs activités. Ils protestent contre la décision du gouverneur de leur imposer un tarif de transport alors qu’ils s’approvisionnent en carburant sur le marché noir. Ils estiment qu’ils travaillent à perte alors que l’autorité provinciale parle d’une spéculation poussée à outrance
En début de cette semaine, mardi le 23 août 2022, aucun véhicule de transport n’était visible sur le parking de la ville de Rumonge. Les chauffeurs ont débuté un mouvement de grève pour protester contre la décision du gouverneur de la province de Rumonge qui les rappelle à l’ordre pour respecter les tarifs officiels de transport.
Un tarif qui est fixé à 6000 FBu comme ticket de transport en faisant le trajet Bujumbura-Rumonge. Les chauffeurs indiquent travailler à perte, car le gasoil coûte trop cher sur le marché noir. Par conséquent, ils ne peuvent pas recouvrer leur argent en appliquant le tarif officiel. Ces chauffeurs faisaient payer à leurs clients entre 8000 FBu et 10000 FBu pour faire ce trajet.
Les conséquences de ce mouvement de grève s’abattent sur les voyageurs en premier lieu.
L’élément déclencheur
La police a mis lundi soir sur chaîne six bus de type Coaster qui avaient fait payer 10.000 FBu pour faire le trajet Bujumbura-Rumonge. Il s’agit d’une grande spéculation à laquelle s’adonnent certains conducteurs de bus qui font le transport rémunéré, arguent les agents de la police.
Le lendemain matin, en guise de « solidarité » avec leurs confrères, tous les chauffeurs ont suspendu leur travail. Aucun bus n’est venu au parking comme d’habitude.
K.A, un chauffeur rencontré au parking de la ville de Rumonge en train de déambuler indique que s’ils appliquent le tarif fixé par le gouvernement, ils travailleront à perte. Avec la pénurie criante du carburant, la plupart des bus s’approvisionnent sur le marché noir ou à la frontière burundo-tanzanienne, explique notre interlocuteur.
Des réunions pour trouver un compromis
Il demande aux autorités provinciales de tenir une réunion avec les chauffeurs pour évaluer ensemble la situation actuelle de l’approvisionnement en carburant et ses conséquences sur le transport rémunéré.
Ce chauffeur indique qu’il ne faut pas privilégier le bras de fer, mais qu’il faut mettre en avant la négociation qui va vers le compromis et ce pour l’intérêt des voyageurs et des autres parties. Un autre chauffeur demande aux autorités burundaises de leur permettre de s’approvisionner en carburant en Tanzanie afin de pouvoir appliquer le tarif officiel de transport.
Il indique qu’ils sont souvent arrêtés par la police burundaise lorsqu’ils vont acheter du gasoil à la frontière burundo-tanzanienne.
Il faut que les autorités reconnaissent que l’offre en carburant au Burundi est de loin inférieure à la demande. Ce qui fait qu’il faut qu’elles arrêtent des stratégies pour que le carburant soit accessible et disponible au Burundi et par la suite on pourra appliquer les tarifs officiels de transport.
Les voyageurs sont dans le désarroi
Une femme rencontrée à la gare des bus qui venaient de Vyanda et qui se dirigeaient vers Kayanza en passant par Bujumbura ne savait pas à quel saint se vouer. Elle était totalement bloquée à Rumonge faute de bus de transport pouvant transiter par Bujumbura.
Elle a indiqué que les conséquences de ce mouvement de grève s’abattent sur les voyageurs en premier lieu. Et la passagère de demander le dénouement de cette crise qui ne fait que pénaliser voyageurs. Toutes les parties prenantes devraient s’asseoir ensemble afin d’aboutir à un compromis qui arrange tout le monde.
Les conséquences du blocage du transport rémunéré touchent également les patients qui avaient des rendez-vous médicaux à Bujumbura. Il en est de même pour ceux qui avaient programmé des voyages pour prendre part aux cérémonies funéraires. Ils n’ont pas eu l’occasion de rendre le dernier hommage à leurs proches comme il se le doit. « C’est regrettable ! », déplorent-ils.
Le Gouvernement devrait trouver une solution durable à ce problème de pénurie de carburant. Une lueur d’espoir se profile à l’horizon avec les différentes promesses faites pour acheminer une quantité importante de carburant vers les sites d’entreposage.
Vous saurez que certains chauffeurs ont repris le travail mais une grande partie attend la réunion avec le Gouverneur pour discuter de ce problème de tarif dans un contexte de rareté de carburant.