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Salubrité : Mille et une lois, mais pas de suivi

Les contrevenants à la réglementation relative à l’hygiène et à la salubrité publique écopent d’une amende allant de 2 000 FBu à 500 000 FBu, selon l’ordonnance du 25 août 2025. Cette loi vient s’ajouter à tant d’autres existantes, mises en place pour renforcer la salubrité. Celle-ci réussira-t-elle à faire du Burundi le pays propre dont nous rêvons tant ?

« Toute personne qui jette des déchets dans des endroits non autorisés est passible d’une amende administrative ».

Une ordonnance ministérielle portant la fixation des amendes infligées aux contrevenants à la réglementation relative à l’hygiène et à la salubrité publique a été signée le 25 août 2025, conjointement entre le ministère de l’Intérieur, le ministère en charge des Finances et le ministère de la Santé Publique.

Cette ordonnance montre d’une manière détaillée les délits en matière d’hygiène et les amendes y relatives. Ces amendes vont de 2 000 à 500 000 FBu qui seront versés sur le compte de transit de l’Office Burundais des Recettes, ouvert dans les différentes institutions financières. Cette ordonnance vient s’ajouter à beaucoup d’autres existantes comme le Code de l’Eau au Burundi, le Code d’hygiène et d’assainissement au Burundi, le Code de l’environnement de la République du Burundi,etc., qui, par ignorance ou manque de rigueur, n’ont pas été suffisamment mises en application.

Une amende pouvant aller jusqu’à 500 000 FBu

L’article 2 de cette ordonnance stipule qu’est passible d’une amende de 5 000 FBu quiconque passe outre les prescrits de l’article 218 de la Loi n°1/11 du 30 mai 2018 portant Code d’hygiène et d’assainissement au Burundi. Celui-ci stipule que toute personne qui jette des déchets dans des endroits non autorisés est passible d’une amende administrative. La même amende est applicable aux personnes qui laissent s’écouler les eaux usées ou de cuisine dans les caniveaux des voies ou des lieux publics.

Une amende de 50 000 FBu est infligée à quiconque enfouit les excréments, dépose les détritus, les ferrailles, les épaves et les décombres, déverse les eaux de toilette, les graisses et les huiles de vidange, rejette les cadavres d’animaux et les déchets de toute nature dans les caniveaux ou sur la voie publique, dans les terrains privés ou non situés dans les milieux urbains, sur les rives des cours d’eau, dans les mares, les rivières, les lacs et les étangs. De même, tout détenteur ou occupant d’une propriété foncière donnant sur la voie publique qui ne parvient pas à assurer la propreté et l’entretien des abords immédiats de la propriété est lui aussi infligé d’une amende de 50 000 FBu en milieu urbain et 2 000 FBu en milieu rural.

Selon l’article 4 de cette ordonnance, est passible d’une amende de 100 000 FBu tout exploitant des lieux où se rencontrent plusieurs personnes, notamment les débits de boissons, restaurants, boîtes de nuit, centres de culte, marchés, formations sanitaires, qui ne disposent pas de lieux d’aisance décents. La même amende est infligée à toute personne qui fume dans les espaces publics ou expose les autres à la fumée du tabac.

L’article 6, quant à lui, stipule que les établissements industriels, artisanaux ou commerciaux et leurs alentours doivent être salubres. Sous peine d’une amende de 500 000 FBu, il est interdit de déverser les déchets et les eaux usées résiduelles directement dans la nature et surtout dans les rivières, les lacs, les mares et les étangs.

Une énième initiative

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement du Burundi lance des initiatives en guise de responsabilisation individuelle et collective de lutte contre l’insalubrité publique. Les plus récentes sont, entre autres la campagne Zéro Déchet lancée par la Première Dame, les journées dédiées à l’environnement organisées chaque jeudi pour mobiliser la population autour du nettoyage, les visites surprises effectuées par le Président de la République au mois d’août 2024 dans plusieurs bâtiments publics et une semaine dédiée à la propreté dans les lieux de travail qu’il a décrétée avec une suspension des activités normales sauf pour les services essentiels.

Malgré toutes ces initiatives, le Burundi est loin d’être le pays propre longtemps rêvé. Cela prouve que le problème réside ailleurs autre que dans l’adoption des lois. Un changement de mentalité de la population burundaise et la rigueur dans la mise en application de ces lois sont plus que nécessaires pour inverser la tendance.

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