La Fédération Nationale des Travailleurs du secteur Manufacturier de l’Informel (FNTMI) est déterminée plus que jamais pour promouvoir l’économie formelle. Aussi poursuit-elle la décentralisation de ses services. Un deuxième bureau de ladite fédération a été inauguré à Kayanza après celui de Muyinga le mois passé. La représentation de cette plateforme appelle les travailleurs de l’informel à se regrouper dans des coopératives pour plus de rendement
M. Sylvestre Ndayikeje, représentant de la FNTMI : « La réglementation du secteur facilitera sans doute l’amélioration de la rémunération et l’augmentation des revenus »
La FNTMI a effectué une descente en province Kayanza en date du 12 décembre 2018. C’était dans le but d’échanger sur les défis qui hantent le secteur informel et de leur trouver des solutions durables. Cette visite s’inscrit dans le cadre du processus de décentralisation de ses services vers les chefs-lieux des provinces. Pour ce faire, un bureau dit « permanence » de la FNTMI a été inauguré en province Kayanza pour étendre ses activités. En même temps, des fiches d’identification ont été distribués dans le but de recenser tous les travailleurs du secteur manufacturier.
Les préalables pour accéder à un travail décent
Le représentant de la plateforme des travailleurs du secteur manufacturier a insisté sur les stratégies à mettre en œuvre pour que les manœuvres de l’informel aient un travail décent, et partant, une meilleure rémunération. Il a rappelé que le travail décent repose sur quatre piliers. En premier lieu, chaque métier doit être régi par une règlementation spécifique. Ainsi, la FNTMI a obtenu gain de cause, car le code du travail en cours révision prévoit des dispositions régissant le secteur informel. Il est à noter que l’ancien code du travail n’avait en son sein aucune disposition sur le secteur informel, a constaté M. Sylvestre Ndayikeje, représentant légal de la FNTMI.
Le deuxième pilier concerne la mise en place d’un cadre de dialogue en milieu de travail. En l’absence d’un cadre d’échange et d’expression, les travailleurs sont en proie à des conflits permanents. Hélas, le secteur informel est représenté au niveau du dialogue social qui est un cadre d’échange entre le gouvernement, les employés et les travailleurs. L’autre pilier est relatif à la protection sociale. Celle-ci concerne les assurances, la mutualité sanitaire, etc. Etant donné que la majorité des manœuvres ne sont pas assuré, la FNTMI a déjà contacté la SOCABU pour faire assurer les travailleurs du secteur informel à des primes très bas. Ce qui leur permettra de bénéficier des indemnités en cas d’accidents de travail, rassure le représentant de la FNTMI.
Enfin chaque travailleur a droit à une meilleure rémunération. Pour Ndayikeje, les manœuvres du secteur informel exercent des métiers qui exigent de la force. Pourtant, la rémunération n’est pas conséquente. La réglementation du secteur facilitera sans doute l’amélioration de la rémunération et l’augmentation des revenus.
« L’Union fait la force »
Les quatre piliers susmentionnés constituent les conditions nécessaires et suffisantes pour aspirer à un travail décent. De plus, rien n’est possible si les travailleurs de l’informel n’acceptent pas de travailler en association, groupement et/ou coopératives pour faire face aux nombreux défis qui hantent le secteur. Ainsi, il a appelé les manœuvres à protéger de l’environnement et diversifier des revenus.
Comme la plupart des matières premières utilisées proviennent de la nature. Il a été constaté que les consommateurs se soucient moins des conséquences dévastatrices de la dégradation de l’environnement. Or, en cas de réchauffement climatique, ce sont les travailleurs qui sont pris piège. « On ne peut pas philosopher si le ventre est vide », vous diront les sages. C’est pourquoi la FNTMI va bientôt initier des projets relatifs à la protection de l’environnement notamment, la production du biogaz à grande échelle qui pourrait remplacer valablement le bois de chauffage et le charbon qui sont pour le moment très utilisés dans la cuisson des aliments.
En ce qui concerne la diversification des revenus, M. Ndayikeje fait un clin d’œil aux manœuvres pour qu’ils conçoivent des projets connexes à leurs métiers. Les maçons peuvent mobiliser des fonds pour exploiter un entrepôt de matériaux de construction. De même, les menuisiers peuvent ouvrir une boutique de consommables en menuiserie. Dans ce cas l’intérêt est double: les membres gagnent sur la main d’œuvre, mais aussi sur la commercialisation des articles divers. Par conséquent, l’accroissement des revenus va influer sur le volume des recettes fiscales car la plupart des travailleurs de l’informel échappent à la fiscalité.