Tous les jours, de nombreux transporteurs de lait à vélo sillonnent les quartiers de la mairie de Bujumbura. Certains de ces distributeurs de lait qui ont toujours l’air de se dépêcher ont fait de cette activité leur travail de routine depuis des années
Il est 9 heures du matin. Sur un de ces petits points de vente de lait dans le quartier de Bwiza, nous avons rencontré un de ces gens qui approvisionnent la ville en lait depuis les communes rurales plus éloignées de la capitale économique. Il s’agit d’un jeune homme d’une trentaine d’années. André Ndungutse vient de distribuer une quantité de lait à un de ses clients. Il range de nouveau ses bidons sur son vélo, prêt à repartir. Il lui reste un bidon à moitié rempli qu’il doit encore vider. Ce monsieur dont le visage pâle révèle une fatigue ne s’est pas retenu et nous a révélé les méandres de son métier. A son actif, plus de deux ans et demi d’expérience.
Les périodes pluvieuses sont particulièrement les moments les plus difficiles pour les transporteurs de lait qui doivent rester au travail malgré les intempéries.
Pour gagner leur petit salaire, ils doivent travailler dur, pédaler des dizaines de Kilomètres chaque jour pour satisfaire des centaines de cafétérias qui se sont spécialisés dans la vente du lait de vache. Comme toute autre personne exerçant un métier, André Ndungutse travaille dur pour gagner sa vie. Il vient de la province de Gitega au centre du pays où il a laissé sa famille. Selon ses propos, il a dû descendre à Bujumbura pour chercher de l’emploi. Il a des ambitions et doit faire vivre sa famille. Cet homme qui habite au quartier Gasekebuye de la mairie de Bujumbura se lève chaque matin pour aller prendre du lait à des dizaines de kilomètres. Pour mener à bien son travail, cet employé de l’informel loge chez son patron. Ndungutse n’est pas célibataire. Il a dû quitter sa famille pour un emploi dans la ville de Bujumbura
Un métier pour des hommes courageux
Ce jeune homme est habitué à travailler dur. Pour lui, tout le monde doit faire face à la fatigue pour gagner sa vie. Les périodes pluvieuses sont particulièrement les moments les plus difficiles pour les transporteurs de lait qui doivent rester au travail malgré les intempéries. « Nous devons continuer à travailler même sous la pluie. Pas question de se mettre à l’abri même si cela peut occasionner un quelconque retard », explique-t-il. Selon ses propos, le patron maintient toujours le cours normal de son business.
Comme tout autre employé, Ndungutse doit travailler toute la journée. Il doit se rendre à Gihanga chaque matin, revenir, distribuer le lait dans les différents quartiers de la ville de Bujumbura. Vers 11 heures, il rentre à la maison pour prendre son déjeuner. Après un petit repos, il reprend la route pour la distribution du soir. Le soir, il doit faire la distribution jusqu’aux environs de 20 heures avant de rentrer.
Ndungutse n’est pas satisfait de son salaire. Cependant, il ne se plaint pas. « Si on gagne 100 mille francs par mois, pour nous les gens qui ne sont pas passés par le banc de l’école, on peut s’en féliciter », commente-t-il. Il évalue sa rémunération sur considération d’autres critères, à savoir : le logement, la ration de midi et du soir. De plus, il indique que son patron lui donne l’argent de poche pour d’éventuels incidents de la route. Cependant, il indique que le salaire n’est pas le même pour tous ceux qui sont employés dans ce genre d’activité. « Le salaire est fixé par convention entre l’employé et l’employeur », précise-t-il.
Malheureusement, la vie de ces travailleurs qui passent presque la totalité de leur temps dans la circulation n’est pas assurée. Quand Ndungutse tombe malade, son patron lui avance de l’argent sur son salaire pour se faire soigner. Et si on mettait les moyens dans le secteur du transport ?