La déclaration des données erronées par les responsables des structures de soins constitue un défi majeur pour la mise en œuvre de la politique de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida les invite à être vigilants pour ne pas être impliqués dans cette pratique
Le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida a organisé ces derniers jours une réunion à l’endroit des médecins provinciaux et des comités provinciaux de vérification et de validation des données. Selon Thaddée Ndikumana, patron de ce ministère, la surfacturation gangrène la mise en application de la politique de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Certaines structures de soins s’arrogent le droit de déclarer de fausses factures. A titre illustratif, elles affirment avoir soigné 10 enfants alors qu’elles en ont accueilli huit. On t’inscrit sur la liste de ceux qui ont bénéficié des soins gratuitement alors que ce n’est pas le cas.
Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida : « L’argent surfacturé n’entre ni dans le trésor de la structure de soins de santé ni dans les poches de leurs responsables »
De plus, on surestime les cas d’accouchements. Cette situation constitue un défi majeur pour la politique de la gratuité des soins de santé pour les catégories ci- haut citées. Il fait savoir que si les prestations sont offertes sans tricheries, les frais à charge du gouvernement pourront être réduits jusqu’à 50%. Il se réjouit du fait que 82% des structures de soins n’abusent pas dans la violation de cette politique si on tient compte du classement établi par les équipes de vérification des données. Quant à celles qui déclarent des données erronées, il leur demande de changer cette attitude, car il s’agit d’une situation qui enfonce le pays dans des dépenses inutiles.
Où vont ces montants ?
Ndikumana fait remarquer que l’argent surfacturé n’entre ni dans le trésor de la structure de soins de santé ni dans les poches de leurs responsables. Ces montants sont utilisés dans le développement de la structure de soins via l’achat des matériels, la construction des clôtures, etc. Ndikumana affirme qu’on va redoubler d’efforts pour traquer les auteurs de ces surfacturations. Ceux qui seront appréhendés seront punis conformément à la loi. «Nous sommes prêts à les remplacer avec d’autres pour inverser la tendance », martèle-t-il. Certaines structures de soins exagèrent dans la déclaration des données erronées, car leurs prestataires sont nouveaux dans le métier. Pour d’autres, ils le font par ignorance. Et de préciser que des formations à leur endroit sont prévues pour lutter contre ce fléau.
Notons que le Président de la République a pris la mesure portant subvention des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et les accouchements dans les structures de soins publiques et assimilées le 1er mai 2006.
Cette décision a été concrétisée par le décret n° 100/136 du 16/6/2006 portant subvention des soins pour les enfants de moins de 5 ans et les accouchements dans les hôpitaux et centres de santé publics ainsi que par l’ordonnance ministérielle n° 630/848 du 06/09/2006 portant sur les modalités d’application du décret ci haut cité. Cette mesure a été salutaire pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes en couche, car le Burundi à un taux de mortalité maternelle et un taux de mortalité infantile qui sont parmi les plus élevés de l’Afrique sub-saharienne.