Le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a accepté d’accompagner plus de 3000 lauréats de différentes institutions universitaires privées ayant eu moins de 50% à l’examen d’Etat pour l’année académique 2011-2012. Malheureusement, on n’a pas précisé la manière dont on va procéder pour les accompagner. Cela se fait au moment où ils croyaient avoir terminé leurs études. Ils ne savent plus sur quel pied danser
Nous allons accompagner les étudiants de différentes institutions universitaires privées ayant eu au moins 30% à l’examen d’Etat pour l’année académique 2011-2012 pour leur permettre de terminer leurs études universitaires en beauté, indique Gaspard Banyankimbona, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Selon lui, ces étudiants n’ont pas tort du fait qu’ils se soient faits inscrire dans différentes institutions universitaires privées avec au moins 30%, car le cadre légal régissant le système BMD qui précise qu’accéder à une institution universitaire suppose qu’on ait eu au moins 50% à l’examen d’Etat n’était pas encore mis en place. Pour les étudiants ayant moins de 50% à l’examen d’Etat après l’année académique 2011-2012, il précise qu’on va leur accorder le diplôme qu’ils méritent car ce cadre légal était déjà mis en place.
Félicien Niyonkuru, un des étudiants ayant eu moins 50% à l’examen d’tat à l’UPR : « Le ministère de tutelle nous a laissé continuer nos activités estudiantines jusqu’à la fin de nos études alors qu’il savait que nous jouions en perdant»
Les étudiants restent sur leur soif
Les étudiants qui se sont entretenus avec Burundi Eco saluent l’engagement du ministère de tutelle. Cependant, ils se demandent comment ils seront accompagnés, car Banyankimbona n’a pas été précis dans son message. Félicien Niyonkuru, un des étudiants ayant eu moins de 50% à l’examen d’Etat à l’Université Paix et Réconciliation (UPR) fait savoir que les étudiants restent sur leur soif de savoir la manière dont on va gérer cette situation.
Niyonkuru s’inquiète du fait que le ministère de tutelle n’a pas informé les étudiants sur ce que dit le cadre légal régissant le BMD. « Le ministère nous a laissé continuer nos activités estudiantines jusqu’à la fin de nos études alors qu’il savait que nous jouions en perdant», se lamente Niyonkuru. Il a précisé qu’il ne va pas octroyer les diplômes de baccalauréat en 2018 aux étudiants qui ont eu moins de 50% à l’examen d’Etat pour l’année académique 2011-2012. Et de se demander pourquoi les deux années académiques additionnelles ont été invalidées au su et au vu de ce ministère. Il fait remarquer que les plus rapides ont même des attestions de réussite signées par le ministère de tutelle attestant la clôture de leurs études en bonne et due forme. Il ajoute que certains ont été même engagés dans différentes entreprises tant publiques que privées. Selon lui, ces étudiants ne savent plus sur quel pied danser.
Avant 2011, Elisée Niyonzima, président de la commission chargée de la préparation des diplômes de Baccalauréat et de leur entérinement à l’Université Lumière de Bujumbura (ULBU) fait savoir que le diplôme d’Etat n’était pas exigé pour accéder à l’enseignement supérieur privé. Le flou et le désordre dans les inscriptions y régnaient en maître. Pour promouvoir la qualité dans ce secteur, on a mis en place la loi n°1/22 du 30 décembre 2011 portant réorganisation de l’enseignement supérieur au Burundi dans l’optique d’apporter des changements novateurs dans l’organisation de l’enseignement supérieur au Burundi. Cette loi introduisait la réforme de Bologne et l’harmonisation des critères d’accès à l’enseignement supérieur, permettant ainsi la comparabilité entre le public et le privé et ouvrant des passerelles entre les deux.
Une ordonnance qui lève toutes les équivoques
Nonobstant, parce que la ratification d’une loi exige beaucoup de procédures et que le gouvernement voulait initier le système BMD dans l’immédiat, l’ordonnance ministérielle nº610/2240 du 07 octobre 2011 portant conditions d’accès à l’Enseignement Supérieur Privé pour l’année académique 2011-2012 a été mise en place.
En effet, désormais, seul le lauréat détenteur d’un diplôme des humanités générales, pédagogiques ou techniques, avec une note d’au moins 30 % à l’examen d’Etat pourra se faire inscrire à l’enseignement supérieur privé. Ces conditions sont exigées pour suivre les études conduisant au diplôme de licence, de master ou de doctorat de deuxième cycle à finalités professionnelles uniquement. Les lauréats ayant obtenu moins de 30% à l’examen d’Etat sont éligibles dans les filières à cycle court conduisant au diplôme de technicien supérieur de niveau A2 et A1, selon les modalités d’entrée arrêtées par les établissements concernés. Ces conditions sont exigées à tous les candidats désirant se faire inscrire à l’enseignement supérieur privé à partir de l’année académique 2011-2012.
Dans le même objectif de réformer le secteur de l’enseignement supérieur, le décret nº 100/275 du 18 octobre 2012 portant conditions d’accès à l’enseignement supérieur universitaire public et privé au Burundi a été mis en place. Ce dernier abroge toutes les dispositions antérieures, en particulier l’ordonnance ministérielle nº 610/2240 du 7 octobre 2011 portant conditions d’accès à l’Enseignement Supérieur Privé pour l’année académique 2011-2012. En son article 2, le décret précise clairement que «ont accès à l’enseignement supérieur universitaire public et privé les lauréats des humanités générales, pédagogiques et techniques titulaires d’un diplôme d’Etat».