Le tronçon Taba–Gakuba de la RN16, jadis impraticable, a été transformé grâce à sa réhabilitation entamée en avril 2020. Les usagers témoignent d’une amélioration spectaculaire, soulageant passagers comme conducteurs. Cette route, désormais bitumée et bien signalisée, renforce la connectivité entre les provinces. Il est aussi perçu comme un levier clé pour le développement économique.
Le tronçon Taba–Gakuba de la RN16, jadis impraticable, a été transformé grâce à sa réhabilitation entamée en avril 2020.
Ceux qui empruntent souvent la route Taba–Gakuba peuvent remarquer les changements opérés sur l’état de ce tronçon de la RN16 au cours de ces 5 dernières années. Depuis la capitale économique Bujumbura, nous empruntons la route nationale numéro 7. On remarque aujourd’hui des nids-de-poule partout sur cette route. Certains endroits commencent à s’affaisser et à d’autres endroits, il est question de coupures du macadam. Emprunter la RN7 est devenu aujourd’hui un calvaire tant pour les passagers que pour les conducteurs qui y font passer leurs véhicules. Lors de notre trajet, ce n’étaient que des lamentations des usagers occasionnels. Les vétérans commerçant peut-être à s’y habituer. En tout cas, elle nécessite elle aussi une réhabilitation. Arrivés à Mahwa, exactement au croisement de la RN7 et de la route nationale numéro 16 reliant les provinces de Gitega et Rumonge en passant par Bururi, la différence est nette. Un rond-point avec des signalisations routières verticales ou horizontales rassure que quelque chose va changer.
Nous devions tourner à droite pour emprunter la route menant vers Taba. La différence se remarque immédiatement. Une route totalement goudronnée, embellie par des signalisations flambant neuves, impressionne ceux qui ne l’avaient pas empruntée après sa réhabilitation. Un des passagers s’endort : tout au long du trajet Bujumbura–Mahwa, il racontait comment il s’était levé tôt, mais qu’à cause du mauvais état de la RN7, il n’avait pas pu dormir. Arrivé sur la route menant vers Taba , il s’endort enfin. Cela suscite un débat dans la voiture.
Cette route n’a pas toujours été comme cela
« Laisse-le dormir. L’état de la route le permet aujourd’hui. Il y a cinq ans, arrivé ici, il allait commencer le pire calvaire routier de sa vie », lance un de ses voisins. Ce dernier semble emprunter cette route plus fréquemment que moi. J’ai voulu connaître son impression sur l’état de la route avant sa réhabilitation comparée à son état actuel.
« Ce n’est même pas comparable », dit-il.
« C’était une route impraticable avec beaucoup de poussière en saison sèche et beaucoup de boues et de nids-de-poule en saison pluvieuse. En tout cas, penser à la prendre suffisait pour me mettre mal à l’aise », ajoute-t-il.
Un chauffeur assurant le transport des biens et des personnes entre Bururi et Matana m’explique à partir de son expérience :
« Avant, je ne pouvais pas faire ce trajet en moins de trois heures. Je le terminais toujours épuisé sans envie d’y retourner. Il fallait être très vigilant pour ne pas endommager le véhicule ou provoquer un accident. Nos voitures avaient élu domicile au garage », raconte-t-il.
Il précise qu’aujourd’hui, s’il a suffisamment de clients, il peut facilement faire quatre tours alors qu’avant il n’en faisait que deux.
Une route susceptible d’apporter le développement
Pour le colonel Léonidas Bandenzamaso, gouverneur de la province de Bururi, cette route est susceptible d’apporter un développement dans cette province.
« Elle facilitera la liaison entre la province de Gitega et celle de Burunga, dans le cadre du nouveau découpage administratif du pays. Cela permettra aussi une meilleure circulation des personnes et des marchandises entre Gitega et Burunga. Vous savez aussi que la route va toujours de pair avec le développement économique. Nous attendons surtout le développement du commerce le long de cette route », conclut-il.
Signalons que la réhabilitation de la route Taba–Gakuba, tronçon de la RN16, a officiellement débuté en avril 2025. Le projet prévoyait le bitumage de 34,72 km entre Taba (province de Bururi) et Gakuba (province de Gitega), pour un coût estimé à 48 millions de dollars américains. Ces travaux sont aujourd’hui terminés.