La dégradation de la route reliant Taba à Makamba complique les déplacements et freine les échanges commerciaux. En 2022, les efforts communautaires ont permis une réhabilitation partielle, mais chaque saison des pluies laisse de nouveau la chaussée impraticable. Cette route est pourtant stratégique car, une fois modernisée, elle constituerait un axe clé vers la Tanzanie et ainsi redynamiserait l’économie locale et régionale.
La route Taba–Makamba revêt une importance stratégique non négligeable.
Au sud du pays, la route Taba-Makamba relie deux provinces à savoir : Bururi et Makamba. Cette route est aujourd’hui dans un état de dégradation tel qu’elle fait l’objet de nombreuses plaintes de la part des usagers. Nids-de-poule à répétition, ralentissements incessants… Les passagers se plaignent de trajets interminables tandis que les transporteurs dénoncent une usure accélérée de leurs véhicules.
Victor Nshimirimana se rend occasionnellement à Makamba depuis Bujumbura où il habite. Les quelques rares fois qu’il prend ce trajet, il préfère passer par la route Taba-Makamba au lieu de prendre la Route Nationale numéro 3 qui, pour lui ,est presqu’inexistante. La dernière fois qu’il avait passé par la route Taba-Makamba c’était en 2023: « cette route passait normalement et j’avais juré de ne plus passer par la RN3. Mais regarde-la aujourd’hui. Je vais finir par abandonner de me rendre à Makamba tout simplement », dit-il. Si Nshimirimana peut facilement décider de ne plus faire ce trajet, ce n’est pas le cas pour Jeanine Iradukunda, commerçante à Bururi qui se rend régulièrement à Makamba pour s’approvisionner en différentes marchandises. Elle raconte que la dégradation de cette route lui cause des pertes tant en temps mis pour boucler ler le trajet qu’en frais de déplacement, car les transporteurs profitent de l’état de cette route pour augmenter les coûts de transport. Aujourd’hui, il faut entre une heure et demie et deux heures pour faire ce trajet et beaucoup plus que cela pendant la saison des pluies. « Les itinéraires alternatifs sont non seulement longs, mais ,coûteux. Pour nous, les commerçants, il ya risque de travailler à perte », dit-elle. Elle demande que cette route soit réhabilitée dans les brefs délais.
Risque d’un éternel recommencement
Pourtant, cette route n’en est pas à sa première dégradation, selon le colonel Léonidas Bandenzamaso, gouverneur de la province de Bururi. Depuis 2020, les citoyens ont été invités à contribuer à la réhabilitation de cette route. La population avait alors contribué à hauteur de plus de 30 millions de francs burundais pour l’achat du carburant nécessaire pour les engins de l’Agence Routière du Burundi (ARB). Grâce à cette collaboration, la route a été couverte de latérite jusqu’à Makamba. Cela a été une raison de soulagement: « Les gens circulaient facilement et les marchandises étaient bien transportées », se souvient-il. Les usagers mettaient entre 30 et 40 minutes pour boucler le trajet Taba-Makamba. Mais comme le raconte le gouverneur de la province de Bururi, cette embellie fut de courte durée. À chaque saison des pluies, les nids-de-poule apparaissent, les caniveaux se bouchent, la latérite cède à l’eau et la route est de nouveau endommagée.
Une route plutôt stratégique
Comme le souligne le colonel Bandenzamaso, la route Taba–Makamba revêt une importance stratégique non négligeable. La réhabilitation de cette route permettrait la bonne circulation des marchandises et des personnes entre les deux provinces. Elle constitue également un véritable couloir de transit vers la Tanzanie voisine, en particulier par le poste frontière de Mugina. « Les marchandises venant de Tanzanie via Mugina pourraient passer par la province de Bururi pour atteindre d’autres régions », dit-il.
Il signale cependant qu’ils ont appris que sa réhabilitation figure parmi les projets du gouvernement. Et il espère que cela ne va pas tarder.