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Taux de pénétration de l’assurance : Les sociétés de courtage affichent un apport faible

Les sociétés de courtage d’assurances ont augmenté considérablement passant de 13 en 2014 à une trentaine en 2020. Paradoxalement, le rapport annuel du secteur des assurances produit chaque année montre que cette augmentation n’a pas influencé de façon significative  la production des sociétés d’assurances. L’Agence de Régulations et de Contrôle des Assurances (ARCA) tente d’en établir la cause et de trouver des solutions

Les relations entre les courtiers d’assurances et les sociétés d’assurances ne pas toujours au beau fixe alors qu’elles doivent collaborer étroitement pour développer l’industrie des assurances. En témoignent les plaintes des sociétés de courtage d’assurances contre les assureurs pour refus de paiement des commissions dues ou pour résiliation indue des contrats de leurs clients. Malheureusement, même entre les sociétés de courtage, il existe des crocs en jambes dans la recherche des clients qui peuvent dégénérer en conflits.

L’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) estime que le courtage des  assurances au Burundi fait face à des difficultés auxquelles, il faudrait trouver des solutions pour qu’il puisse se développer et contribuer significativement à augmenter le chiffre d’affaires du secteur des assurances. C’était d’ailleurs le but de  la réunion qui s’est tenue le 2 février 2021 entre cet organe régulateur et les responsables des sociétés de courtage d’assurances.

Joseph Butore, sécretaire générale de l’ARCA « En 2019, l’apport des intermédiaires d’assurances reste faible. Il est de 32% en assurance non vie et de 1,9% en assurance vie ».

Une avancée timide

Au total, 30 sociétés de courtage d’assurances disposent d’un agrément en vigueur  au 31 décembre 2020. Les analyses qui ont été faites sur 15 sociétés de courtage d’assurances au 31 décembre 2019 montrent que le secteur a enregistré une croissance du chiffre d’affaire sur les trois dernières années passant de 1,1 milliard de FBu en 2017 à environ 1,5 milliards de FBu en 2019. En 2019, l’apport des intermédiaires d’assurances reste faible. Il est de 32% en assurance non vie et de 1,9% en assurance vie. Joseph Butore, sécrétaire général de l’ARCA indique  néanmoins que cette part n’est partagée que par quelques sociétés de courtage d’assurances, la plupart d’entre eux n’ayant que de petits chiffres d’affaires. Même le taux de pénétration de l’assurance n’a pas beaucoup évolué puisqu’il est passé de 0,75% en 2017 à 0,87% en 2019. D’après les contrôles effectués par l’organe régulateur chaque année (contrôle sur pièces et sur place), le métier de courtage d’assurances affiche des faiblesses. Certaines sociétés n’ont pas de capital social et de personnel suffisant pour pouvoir  être rentables.

Les courtiers d’assurances avancent de nombreux défis

Comme l’indique Félicité Mpozenzi, présidente de l’association des courtiers d’assurance du Burundi, la faiblesse du développement de l’assurance peut être expliquée par la faiblesse des revenus de la population burundaise. La naissance de nouvelles compagnies d’assurances et de nouvelles compagnies de courtage frisent la saturation sur un marché aussi restreint que celui du Burundi. Très peu de personnel de distribution d’assurances ont suivi une formation  adéquate. « La vente des produits d’assurance est devenue comme une simple activité commerciale. Ce qui rejaillit très négativement sur la performance du secteur », ajoute-t-elle.

Les courtiers d’assurance sont très  peu sollicités malgré leur importance dans la chaîne de distribution des produits d’assurance. Selon Mme Mpozenzi, les courtiers sont victimes de la mauvaise publicité de la part de certains assureurs allant même à proposer de reverser la commission aux clients s’ils abandonnent les courtiers. Les courtiers dénoncent également la lenteur dans le paiement des commissions entrave la collaboration entre eux et les sociétés d’assurances.

Pour booster le développement du secteur des assurances, une bonne, franche, honnête et loyale  collaboration entre les assureurs et les intermédiaires d’assurances  est primordial. Après les courtiers d’assurances, l’ARCA a rencontré les responsables des sociétés d’assurance. Il compte ensuite faire asseoir ensemble les deux parties pour trouver des solutions bénéfiques pour tous.

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