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Tourner le regard vers l’extérieur, une solution pour financer l’économie du pays

Le Burundi doit tourner le regard vers l’extérieur du pays pour trouver des moyens financiers suffisants qui lui permettent de financer des projets ambitieux capables de booster son économie. L’une des raisons à cela est que le secteur bancaire local est moins capitalisé et moins développé.

Hon Jean Ciza, ex gouverneur de la BRB ꓽ «Je demande aux banques locales de nouer des relations de partenariat avec des banques étrangères plus capitalisées, crédibles et dotées de technologies avancées pour booster le niveau des capitaux».

 

Le financement de l’émergence du Burundi en 2040 et de son développement en 2060 n’est pas facile si on ne tourne pas le regard vers l’extérieur du pays pour y décrocher des financements consistants, ont précisé le 16 septembre 2025 les experts en économie lors de la7ème édition du Burundi Economic Summit 2025 organisée par la CDE great lakes en collaboration avec l’Agence de Développement du Burundi (ADB) et la Chambre Fédérale du Commerce et d’Industrie du Burundi (CFCIB).

Selon Hon Jean Ciza, ex gouverneur de la BRB, l’une des raisons à cela est que le pays dispose de banques moins capitalisées et moins développées par rapport à celles de la sous-région.

Aucune banque burundaise n ’est à mesure de financer un projet de 25 milliards de FBu, soit 8 millions USD sans l’autorisation spéciale de la BRB. Il argue aussi que les capitaux de toutes les banques de la place ne peuvent pas financer l’extension du port de Bujumbura.

Avec cette situation, Ciza fait remarquer qu’il est difficile d’avancer un Burundi émergent en 2040 et un Burundi développé en 2060.

Le partenariat avec les banques étrangères, une nécessité

Comme pistes de solution, Ciza demande aux banques locales de nouer des relations de partenariat avec des banques étrangères plus capitalisées, crédibles et dotées de technologies avancées pour booster le niveau des capitaux.

Selon Hon Ciza, elles pourraient même agir en consortium pour financer des projets ambitieux. Néanmoins, Ciza indique que les banques locales ne se font pas confiance. «Les banquiers de la place ont peur de s’associer avec les autres. Chacun veut travailler en solo. Il fait tout pour garder ses clients et vice versa», déplore- t-il

Selon Ciza, l’urgence est que les banques de la place développent des partenariats avec les banques étrangères pour parvenir à trouver des fonds colossaux.  C’est dans ce sens qu’elles pourront financer de grands projets.

Attention à la régulation à outrance

Selon lui, le gouvernement devrait encourager cela à travers la mise en place d’un cadre légal et réglementaire. Il s’inquiète du fait qu’on régule trop ce secteur pour maîtriser les risques. Et de souligner que cela constitue un autre défi. On devrait accepter un certain niveau de risque et fournir des efforts pour le gérer ensemble.

Arsène Mugenzi, directeur général de l’Agence de Régulation des Marchés de Capitaux abonde dans le même sens. Selon lui, lorsqu’ on a révisé le Programme National de Développement (PND) sur cinq ans, on a trouvé qu’on a besoin d’un financement de 85 000 milliards de FBu, soit plus de 16 milliards de FBu par an.  Cette situation se présente ainsi au moment où le budget de l’Etat est estimé à 5000 milliards de FBu par an.

Selon Mugenzi, cela montre que le stock de financements dont dispose le pays n’est pas suffisant pour opérer les réformes structurelles dont on a besoin.

Pour cela, il précise que le pays devrait tourner le regard vers l’extérieur pour chercher les financements de l’économie.

La bonne gouvernance avant tout

Et pour gagner le pari, cet expert indique que la bonne gouvernance est une condition exigée. La clarté et la transparence dans le management sont recommandées. Mugenzi explique cela par le fait qu’il y a un problème de présentation de données exactes. Par exemple, il y a des sociétés qui tiennent une double comptabilité pour tromper le fisc. Selon lui, cela constitue un danger pour le pays.  De plus, le pays doit placer les bonnes têtes dans les places qu’il faut.

Boaz Nimpe, secrétaire général de l’Association des Banques et Etablissements Financiers demande à la BRB d’adopter encore la politique de financement des secteurs porteurs de croissance à travers les banques commerciales à un taux plus abordable comme elle l’a faite en 2019.  Il conclut que cette politique monétaire a été couronnée de succès.

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